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BORNES ÉLECTRIQUES

Il faut reconnaître que les dernières années ont été rudes pour les amateurs de hockey, et plus particulièrement pour les partisans des Canadiens de Montréal. Les négociations difficiles avec des joueurs importants, le manque de vision à long terme de la dernière équipe de direction, le scandale linguistique entourant l'entraîneur par intérim Randy Cunneyworth et les performances sur la glace en deçà des attentes sont autant de facteurs qui ont miné la passion des partisans du Tricolore.

Ajoutez à cela l'incertitude entourant l'économie, ainsi que le cynisme de plus en plus généralisé face à nos dirigeants, et c'est presque un euphémisme que de dire que les Québécois ont besoin de se divertir!

Les liens entre le sport et le climat qui prévaut au sein d'une société ne peuvent être dissociés, surtout si on parle du hockey et du Québec. Non seulement le hockey est une passion pour une grande partie de la population, mais il a joué un rôle important dans la définition de l'identité de notre société depuis plus d'une soixantaine d'années.

Puisque ce sport se disputait traditionnellement à l'extérieur dans un environnement hivernal et qu'il requiert une grande résistance physique, il représentait un accord parfait avec le mode de vie du Québécois moyen des années 50.

Bien sûr, les exploits de l'illustre Maurice Richard y sont pour quelque chose aussi. Parallèlement à son héritage, les joueurs de hockey sont également identifiés comme des athlètes professionnels humbles, polis et généreux, tous des qualificatifs auxquels les citoyens de notre province s'identifient. Bien que les joueurs originaires du Québec se font rare dans l'entourage du Tricolore depuis plusieurs années, le lien entre les Québécois et la Sainte-Flanelle n'avait pas tellement été perdu jusqu'ici.

Tout ça, c'était avant le déclenchement du conflit de travail dans la LNH le 15 septembre dernier...

Avant même d'aborder le sentiment de frustration intense qui gagne l'amateur de hockey, parlons de ses dollars-divertissement.

Un collaborateur du site danslescoulisses.com a établi le coût minimal d'une soirée au Centre Bell en saison régulière à 105 $ par personne. Il prend exemple sur un fervent partisan qui se rendrait cinq fois par saison au Centre Bell et en vient à la conclusion qu'il pourrait s'offrir 45 soirées, plutôt que cinq, de sorties sportives et culturelles pour le même prix. Sans compter que l'OSM ne vous décevra jamais par une mauvaise performance…

Honnêtement, le consommateur de bière qui va au hockey n'est pas nécessairement intéressé par la musique classique ou le théâtre, j'en conviens. Toutefois, après presque deux mois de ratures au calendrier officiel dans la LNH, il a trouvé d'autres activités et il y investit son budget.

Dans ce conflit, tous sont perdants : les propriétaires d'équipes, les athlètes, tout comme les partisans. Chaque journée qui passe coûte cher, tant au plan financier qu'en popularité envers les propriétaires et les joueurs… Ces derniers perdront un troisième versement de leur salaire cette semaine. Et leur image est entachée un peu plus chaque jour, ce qui n'augure pas bien pour les finances des équipes. Les joueurs sont les produits, ils sont les vedettes et c'est pour eux qu'on se déplace dans les amphithéâtres.

L'expression « bébés gâtés » a fait son chemin dans le langage de plusieurs amateurs. Certains d'entre eux ne voudront plus acheter ces produits de luxe qui peuvent parfois être extrêmement décevants.

Parce que le hockey est une passion, il y aura toujours des fanatiques pour encourager leur équipe favorite, mais la croissance du marché, qui est au centre du litige en ce moment, ralentira ou même s'arrêtera dans plusieurs villes.

Et une fois que la passion s'est éteinte, il est bien difficile de la raviver…

Source photo : Michel Ravary

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