Lors de ma dernière rencontre avec George Parros, il m'avait gentiment fait comprendre que je le dérangeais en m'envoyant aux soins intensifs. Une semaine plus tard, alors que je sortais du coma, qui m'attendait avec une boîte de chocolats et des « ballounes I'm sorry »? Le gentilhomme violent lui-même! Penaud et rempli de remords, il a bien voulu m'accorder une entrevue exclusive pour se faire pardonner... même si je devais m'exprimer avec une mâchoire dans le plâtre.

AFFAIRES DE GARS : Alors George, quand vous est venue l'idée de vous battre pour la première fois?
GEORGE PARROS : Euh... ben je dirais (la traduction simultanée est toujours effective) à la maternelle. Y avait un p'tit gars qui arrêtait pas de pousser les autres en bas de la butte de neige. Un jour, j'en ai eu assez. J'ai laissé tomber mes mitaines, j'y ai « reviré » le suit de ski-doo par-dessus la tête pis j'ai fait comme j'avais vu dans une game des Flyers la veille. Après ma suspension et mon changement d'école, j'ai compris que c'était pas fair play de fesser avec un patin.

ADG : Comment décririez-vous votre enfance?
GP : Bah, je dirais un peu malheureuse, mais formatrice. Ce n'est pas de tout repos que d'être né avec une moustache de pornstar des années 70. À la petite école, j'avais beaucoup de difficulté à me faire des amis, car en plus de ma pilosité, je mesurais 6 pi 0 po et pesais 200 lb en 3e année... j'veux dire, même les surveillants me prenaient pour un prédateur sexuel. En plus, je m'habillais super mal.  

ADG : Est-ce qu'on peut dire que c'est là que le goût de la mode vous est venu?
GP : Ben non, j'viens de te le dire, j'm'habillais mal.

ADG : Ah! scuse, j'avais mal compris. Mes oreilles fonctionnent par intermittence. J'ai l'impression qu'on m'a percé les tympans avec un Sherwood.
GP : Ce n'est pas juste une impression...

ADG : Quoi?
GP : Hein? Non, rien.

ADG : Pis, comment vivez-vous votre arrivée à Montréal?
GP : Très bien! J'adore la ville. La bouffe est super bonne. Tout le monde est super gentil avec moi. On me dit qu'on a hâte de me voir jouer. Y a même un gars, l'autre jour, qui m'a appelé le nouveau Richard Z. Sirois. Je sais pas c'est qui, mais j'imagine que c'est un compliment!

ADG : Non. Je peux te l'assurer, non.
GP : ... Facque le gars m'a niaisé?

ADG : Pas mal sûr, oui. Mais revenons à nos moutons. Toi et Brandon Prust, vous allez former toute une paire de...
GP : Y M'A NIAISÉ, LE BÂTARD!

Le sol a tremblé quand il a dit ça. Mon électrocardiogramme indiquait que j'ai fait du 420 battements/minute pendant 3 secondes.

ADG : Euh... prends-le pas comme ça, George. C'est peut-être un malentendu, hein? C'tait qui le gars?
GP : Un genre de médecin en rentrant ici! Docteur St-Louis! 

ADG : Ah! c'est mon neurochirurgien!  
GP : Ouin, ben y va devoir se « neurochirurger » tout seul, PARCE QUE J'MEN VAIS LE RENTRER DANS L'MUR. Sur ce, ça m'a fait un grand plaisir!

Et il est parti comme ça. Alors que j'entendais le personnel de l'hôpital appeler à l'aide, je me suis félicité de ne pas lui avoir dit que « neurochirurgé » n'était pas un vrai mot...

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