Le mal de dos (ou lombalgie) est un phénomène que la plupart d’entre vous ont vécu ou vont vivre au moins une fois au cours de leur vie. C’est devenu un mal universel et d’ailleurs, c'est l'une des principales causes d’absence au travail. Les causes et les symptômes étant grandement variables d’une personne et d’une situation à l’autre, il est facile de s’y perdre et de se retrouver prisonnier d’un cercle vicieux où le mal en vient à faire partie du quotidien.

Je travaille avec des lombalgiques tous les jours et je peux tout de suite vous rassurer en vous disant qu’il est toujours possible d’améliorer sa condition, particulièrement lorsque la situation est adéquatement prise en charge. J’ai donc décidé d’écrire une petite série d’articles sur les divers éléments qui gravitent autour de la lombalgie pour vous aider à mieux comprendre ce mal universel. Aujourd’hui, nous commencerons par démêler les multiples facettes du mal en question.

L’entorse lombaire

L’entorse est une lésion traumatique d’un ligament à la suite d'une distorsion ou d'un mouvement brusque. Une entorse est donc toujours ligamentaire et non musculaire. Il peut alors y avoir élongation, ou encore déchirure partielle ou complète du ligament. Dans l’entorse simple, il n’y a pas nécessairement de déplacement articulaire marqué (subluxation). La douleur est alors vive et très spécifique, le site de lésion étant douloureux au toucher. Quoique l’entorse semble commune dans notre société, une grande majorité des « présumées » entorses ne sont en fait que des contractures musculaires, pouvant être facilement traitées avec un programme d’exercices d’étirement régulier.

Les contractures musculaires (spasmes)

Le fameux mal de dos qui survient lorsqu’on se penche vers l’avant ou vers l’arrière ou lorsqu’on tente de soulever une charge lourde est ainsi souvent en relation avec une contraction musculaire (protection). Il ne s’agit pas ici d’un claquage, mais bien tout simplement d’un muscle contracturé qui s’est protégé ou s’est subitement retrouvé en position d’allongement et qui a réagi par un spasme intermittent. Pour plus d’informations sur les contractures, vous pouvez vous référer à mon article « Aux grands maux les grands moyens ».

L’hernie discale

L’hernie discale désigne tout déplacement discal ou atteinte qui déforme le disque intervertébral. Les principales causes sont souvent l’exécution d’un mouvement répétitif ou dans des positions contraignantes. Le maintien d’une mauvaise posture, l’arthrose, un traumatisme, un problème de poids ou la sédentarité (ankylose) peuvent également être en cause. Les hernies sont plus fréquentes au niveau lombaire et sont classées en grades selon que le disque est légèrement bombé ou commence à s’extirper. On peut aussi les diviser en deux catégories selon qu’il y a compression ou non de la racine nerveuse. La bonne nouvelle, c’est que l’extrusion complète du disque, qui nécessite une opération, est beaucoup moins fréquente que les bombements et ces derniers peuvent se résorber complètement avec un programme d’exercices adéquat.

La lombo-sciatalgie (sciatique)

Les douleurs sciatiques découlent justement d’un pincement ou d'un coincement de la racine nerveuse qui passe dans la région fessière. Des paresthésies, parésies ou paralysies des zones correspondantes sont possibles. Les principaux signes et symptômes sont des douleurs lombaires ou dorsales, des troubles de la sensibilité aux membres inférieurs, des pertes de mobilité ou d’activité réflexe. Contrairement à la croyance populaire, le nerf sciatique ne se « déplace » pas vraiment et est, plus souvent qu’autrement, tout simplement comprimé par des contractures du muscle piriforme qui passe sous le muscle grand fessier. Encore une fois, il arrive souvent que les symptômes diminuent avec un programme d’étirement spécifique.

Le syndrome sacro-iliaque

Les douleurs sacro-iliaques résultent d’une dysfonction de l’articulation secondaire à une entorse de la structure ligamentaire retenant le sacrum aux crêtes iliaques. Il en résulte donc une instabilité du bassin qui gêne les mouvements et la station debout. Comme plusieurs structures neurologiques avoisinantes peuvent être touchées, il est important de faire vérifier le diagnostic pour être certain. Il est à considérer qu’un déséquilibre de la posture et des muscles de la région pelvienne fait souvent partie du problème et donc de la solution.

Autres maladies chroniques

Plusieurs maladies chroniques peuvent entraîner des douleurs au bas du dos. C’est le cas de la sténose spinale (rétrécissement de l'espace autour de la moelle épinière) et de la spondylarthrite (raideurs causées par une inflammation sévère des articulations vertébrales). Les formes d’arthrite et autres conditions inflammatoires sont aussi causes de douleur. Dans ces cas-là, la nutrition peut devenir une aide précieuse. À ce sujet, je vous recommande mon article sur « Comment se débarrasser de l’inflammation par l’alimentation ».

Les symptômes qui nécessitent des soins d'urgence

Une douleur qui dure plus de trois mois est considérée comme chronique. L’important est de consulter un professionnel qualifié et habitué de travailler avec ce type de clientèle. Si, par contre, vous ressentez des signes particuliers comme une faiblesse à la jambe, des irradiations nerveuses ou des douleurs lorsque vous éternuez ou urinez, contactez votre médecin le plus tôt possible. Pour aider votre médecin à diagnostiquer la source de la douleur, soyez précis dans la description du type de douleur, puis indiquez précisément quand elle a commencé, les symptômes connexes ainsi que tout élément pouvant avoir une relation quelconque avec la problématique.

Les signes et symptômes de la lombalgie

La plupart des gens ressentent leurs premiers symptômes de lombalgie dans la trentaine et les chances de récidives augmenteront avec l'âge si la condition n’est pas prise en charge. Les symptômes de la lombalgie peuvent aller d'une douleur lancinante à une sensation de coup de poignard. La douleur rend souvent difficile le fait de se déplacer ou de se tenir debout et malheureusement, beaucoup de gens cessent de bouger de peur de se blesser. Or, c’est justement le mouvement qui permet au corps de guérir et de maintenir ou de retrouver ses capacités motrices. Le tout doit cependant être adéquatement programmé et supervisé par un professionnel tel que le kinésiologue. Dites-vous bien que vos chances de vous en sortir sont proportionnelles aux efforts que vous y mettrez et que c’est à vous de prendre votre condition en main!

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