Alors que le camp des recrues est chose du passé et que le vrai camp commence, la présence d'un joueur d'exception aux deux évènements a pris tout le monde par surprise. N'apparaissant sur aucune liste et sortant de nulle part, ce gardien a pourtant reçu une invitation en bonne et due forme pour le camp des recrues, où il a tellement bien fait qu'il a mérité sa place au camp d'entraînement du grand club. Malheureusement, aucun journaliste n'a voulu couvrir le sujet, de peur de faire rire de lui. C'est pourquoi je me suis dit que j'étais la personne toute désignée pour en parler. Donc, mesdames et messieurs, je vous présente Roger et Denis Gaudreault... des jumeaux siamois.

Techniquement, le Canadien de Montréal agit en toute légalité. Le livre des règlements de la LNH (paragraphe 34, alinéa 7, tiret 3, numéro 2, section 8, siège 25) stipule que « Tout joueur est défini par son chandail. Dès lors, si un coach décide de mettre toute son équipe en dessous d'un seul et même chandail, ben ça compte pour un seul joueur. Mais bon, c'pas comme si ce règlement-là allait servir un jour. »

« On vit un rêve présentement! », s'exclame Roger (celui qui a une casquette « laite »). « On n'a rien prouvé encore », déclare de son côté Denis (celui avec une bedaine).  « Le vrai camp, c'est maintenant pis y faut donner notre 110 %. » « Ah, ta boîte, Denis! Scusez-le, y est vraiment rabat-joie. »

Des statistiques impressionnantes

Bon, c'est vrai qu'ils (il?) ne sont pas jeunes jeunes à 57 ans, mais leur (sa?) technique peu orthodoxe (protestante?) a surpris les joueurs présents, comme en font foi leurs statistiques au camp des recrues : moyenne de buts alloués de 0,23, un pourcentage d'arrêt de 991, 17 en 17 en fusillade... De loin les meilleures du camp. Aucun gardien ne leur arrive aux chevilles.
Les attaquants qui étaient présents sont unanimes. « Y en n'a pas de trou! », commente Charles Hudon, un des seuls à avoir déjoué (les?) Gaudreault. « J'ai été chanceux de scorer parce que Roger avait pissé! » De son côté, Michael McCarron abondait dans le même sens : « J'avais beau viser les coins, y avait toujours un coude dans le chemin qui n'avait pas d'affaire là d'habitude! J'veux dire, je veux bien tirer entre les jambes, mais lesquelles? »

Ce qui compte vraiment

« C'est vrai que notre style papillon a plus l'air du style coquerelle épileptique, nuance Roger, mais l'important je pense, c'est d'arrêter les rondelles. » « En plus, renchérit Denis, on est des fans du Canadien depuis notre enfance. On a le CH tatoué sur le coeur pis on va tout faire pour lui. » 

Le directeur-général Marc Bergevin abonde dans le même sens : « Je me fous que mon goaler soit un croisement entre Dominik Hasek pis Tchernobyl, tant qu'il fait la job. Si les Gaudreault sont prêts à se défoncer pour nous, moi ça m'interpelle. »

De son côté, Jarred Tinordi a apporté un autre éclairage sur l'affaire : « Si mon gardien me donne une chance de gagner, peu importe son nom ou le nombre de jambières qu'il porte, c'est mon devoir de jouer le mieux possible devant lui. Pis en plus, si j'ai à défendre Gaudreault, on va pouvoir être trois sur un seul gars, ça va être écoeurant! »

Le mot de la fin

Croisé dans la salle d'exercice, Carey Price n'avait que de bons mots pour la nouvelle (mais vieille) sensation : « Si je peux compter sur eux pour 20-25 matchs, ça va me faire plaisir! Les autres équipes vont être complètement désarçonnées par le style de mon/mes auxiliaires et ça va nous donner tout un avantage! » Mais le mot de la fin revient cependant à Denis Gaudreault. Mis au courant des éloges de Carey, il a répliqué, et je cite : « Auxiliaires? On verra ça... »

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