« Paris à tout prix » est le premier film réalisé et coécrit par Reem Kherici, une actrice qui a fait ses débuts dans « OSS 117 : Rio ne répond plus ». En plus d’être derrière la caméra, la comédienne de 30 ans y tient aussi le rôle principal. Sorti en France le 17 juillet dernier, le film, qui a cumulé plus de 370 000 entrées, arrive enfin chez nous. Voici notre critique.

Retour à la case départ


Maya (Reem Kherici) est une styliste qui travaille dans une maison de haute couture. D’origine marocaine, elle habite à Paris depuis 20 ans et semble avoir oublié ses racines. Sa famille vit pourtant encore au Maroc. 


Peu importe. Son emploi passe avant tout. D’ailleurs, son patron Nicolas (Stéphane Rousseau) pourrait lui offrir son premier CDI si elle réussit à l’épater suffisamment en confectionnant une robe. 


Malheureusement, les projets de Maya sont bouleversés lorsqu’elle se fait arrêter en voiture pour un simple contrôle. En effet, les gendarmes lui apprennent que son permis de séjour est périmé et qu’elle sera expulsée de l’Hexagone dans les 24 prochaines heures. 


Après avoir tout essayé, elle est finalement forcée de retourner au Maroc auprès de sa famille. Voilà maintenant des années qu’elle n’a pas mis les pieds dans son pays natal. Parisienne dans l’âme, elle redécouvre, non sans peine, la région de son enfance.  


Elle ne baisse pas les bras pour autant. Elle est convaincue qu’elle va pouvoir retourner dans son pays d’adoption. Heureusement, son amie Alexandra (Cécile Cassel), qui est restée en France, s’est arrangée pour qu’elle puisse prendre un faux congé de maladie. Comme cela, son patron ne se doute de rien et elle peut travailler sur sa robe au Maroc. 


Mais pour que l’inspiration revienne, elle doit d’abord laisser tomber ses préjugés et renouer avec sa famille, à commencer par son père à qui elle n’adresse plus la parole depuis la mort de sa mère. Ainsi, ce voyage forcé sera l’occasion pour Maya d’apprendre à mieux se connaître et peut-être comprendre qu’elle est en train de devenir une vilaine peste. 


Classique et trop prévisible


Le scénario de Paris à tout prix est tout ce qu’il y a de plus classique. Dans le passé, on a déjà vu plusieurs longs métrages racontant l’histoire d’une personne d’origine modeste qui a bien réussi dans la vie, mais qui a fini par oublier ses racines, et qui est forcée, pour une raison X, de retourner dans son patelin. 


Comme beaucoup de ces films, Paris à tout prix privilégie la voie de l’humour. Cependant, Reem Kherici a eu l’idée d’intégrer la notion de l’immigration et des sans-papiers. Même si le sujet nous parle peut-être un peu moins ici, nous ne pouvons nous empêcher de saluer cette démarche. Évidemment, le tout reste quand même léger et la réalisatrice n’oublie jamais qu’elle est dans une comédie.


Malgré cette bonne intention, la fin (et une bonne partie du récit) demeure assez prévisible. Beaucoup des personnages du film, surtout ceux inspirés du monde de la mode, sont assez caricaturaux. Il y aussi des clichés ici et là. J’aurais aimé voir un peu plus de finesse.


Au moins, Paris à tout prix a le mérite de nous offrir plusieurs moments où l’on rit sans se forcer. Il est plus drôle que beaucoup de comédies françaises des derniers mois, par exemple Un plan parfait.


Après avoir joué dans Omertà en 2012, Stéphane Rousseau se joint de nouveau à une production française. Son rôle est somme toute assez modeste, mais je pense qu’il incarne très bien le rôle de ce roi de la haute couture prétentieux à souhait. D’ailleurs, peut-être est-il intéressant de préciser que l’humoriste québécois est en couple avec Reem Kherici depuis l’été 2010.


Verdict 


En résumé, Paris à tout prix est une comédie somme toute assez divertissante, mais qui aurait pu l’être davantage si le scénario n’avait pas été aussi prévisible et s’il y avait eu un peu moins de clichés. 


Cote : 2,5 étoiles sur 5


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