L'homme, cet être testiculé pour qui violence a longtemps rimée avec survie. Comment se fait-il qu'encore aujourd'hui, la violence flirte avec l'image de la virilité? Aucune personne n'aimerait être colocataire avec un être socialement inadapté comme Rambo, mais tous s'entendent pour dire qu'il s'agit d'un héros légendaire. Sport, hockey, cinéma, politique, actualité et bien d'autres domaines exploitent cette fibre identitaire fabriquée de toutes pièces. Valoriser la violence des hommes, une stratégie subtile qui m'écœure autant que certains invités de la commission Charbonneau. Alors, ami lecteur, partage et commente les lignes qui suivent ; sans ton opinion, cette chronique n'a aucune valeur.

Situation

Jean-Daniel est un téléspectateur comme tant d'autres. Notre bonhomme passe beaucoup de temps à boire l'écran, qu'il considère d'ailleurs comme étant le miroir de la société. J-D a des goûts très variés. Il consomme le hockey, les télé-réalités, les nouvelles du midi, en passant par une chaîne qui diffuse de vieux films d'action. Lorsqu'une émission se termine, il en trouve rapidement une nouvelle avec qui passer la prochaine demi-heure. Jean-Daniel est un peu naïf. On dirait qu'il absorbe les images et informations exposés, sans que son cerveau ne les analyse. Presque rien ne le diverti autant que de voir Schwarzenegger éclater un vilain, ou encore d'assister à une engueulade entre deux costauds qui veulent séduire la même fille. Mais ce qu'il apprécie particulièrement, c'est les bagarres au hockey. Sans s'en apercevoir, un sentiment de valorisation s'empare de lui lorsqu'un joueur de son équipe couche l'autre sur la patinoire.

Explication 

Les jeunes garçons aiment se chamailler. Dépenser le surplus d'énergie fait partie de leurs saines habitudes de vie. En grandissant, le besoin de vivre des émotions fortes se fait souvent de plus en plus puissant. Comme de fait, les modèles masculins valorisés connectent souvent avec notre attirance pour les émotions fortes. Au point où c'est comme si nous avions absorbé que les comportements violents étaient une notion positive chez les hommes. Par exemple, un homme en politique qui postillonne en criant et qui frappe du poing sur son lutrin pendant un discours sera décrit comme un politicien engagé et convaincant. À l'inverse, une femme en politique qui postillonne en criant et qui frappe du poing sur son lutrin pendant un discours sera décrite comme une espèce d'hystérique inquiétante.
 

Solution

Le Hockey serait-il moins intéressant en l'absence de goon? Et si la présence des joueurs sur la glace était uniquement justifiée par leurs talents offensifs et défensifs? Je me permets de tracer une ligne morale entre les sports de combat versus les bagarres au hockey. La boxe et les arts martiaux mixtes requièrent une rigueur et une discipline exceptionnelle. Tandis que les bagarres au hockey impliquent l'intolérance et l'impulsivité.
 
Quoi qu'il en soit, telle que mentionnée plus haut, la valorisation des comportements violents chez les hommes ne se limite pas au hockey. Préparez votre filtre mental et soyez vigilant, car on nous projette quotidiennement de l'agressivité mal gérée et des conflits qui se règlent à coups de poing dans la face. À l'inverse de Jean-Daniel, il est important d'en être conscient afin de ne pas s'en contaminer. Navrant sera celui qui banalise les comportements violents. Que les hommes pacifiques se lèvent, vous êtes les modèles que nous avons besoin pour rénover l'image sociale des hommes.
 
Note à moi-même: Écrire sur la violence conjugale lors d'une prochaine chronique.
 
Au plaisir! 
 
 
Crédit photo: http://www2.macleans.ca/wp-content/uploads/2010/09/rtxssfr.jpg

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