BORNES ÉLECTRIQUES

L’humain rêve de liberté. On a tous déjà entendu parler de l’histoire de quelqu’un qui va au dépanneur chercher quelque chose et qui ne revient jamais. Il reste cependant que bien peu de gens peuvent se permettre ce « luxe » ou ont tout simplement le courage de le faire. « Amsterdam » raconte un peu ce désir de liberté qu’ont tous les humains, peu importe leur âge. Lisez notre critique de ce nouveau film québécois qui arrive en salles le 11 octobre.

Un voyage presque parfait...

Dans Amsterdam, on retrouve trois amis d’enfance : Sam (Robin Aubert), Jeff (Gabriel Sabourin) et Marc (Louis Champagne). Ils vivent dans un village forestier au Québec. Chaque année, le trio effectue son traditionnel voyage de pêche. Cette année encore, ils comptent aller taquiner la truite. En fait, c’est ce que leurs femmes – Béatrice (Fanny Mallette), Simone (Marie-Chantal Perron) et Madeleine (Suzanne Clément) – pensent. Les trois compères ont plutôt décidé de faire un tout autre voyage : s’envoler pour un week-end de rêve (et de débauche) dans la fameuse ville d’Amsterdam.

Arrivés dans la ville mythique des Pays-Bas, les amis ne perdent pas de temps pour aller faire la fête. Ils boivent, prennent de la drogue et vont visiter des prostituées. Alors qu’ils doivent retourner dans la belle province, Sam refuse catégoriquement de les suivre. Après avoir essayé de le raisonner en vain, les deux autres sont forcés de revenir au Québec seuls.

De retour chez eux, les deux amis doivent rapidement trouver une excuse pour justifier l’absence de Sam. Ils inventent une étrange histoire de disparition. Malheureusement, le tout prend des proportions beaucoup plus grandes que ce qui avait été prévu à la base. La police s’en mêle et leurs femmes deviennent méfiantes. Si la vérité éclate, c’est la fin…

Un projet ambitieux

Amsterdam est un film ambitieux. C’est indéniable. Peu de productions québécoises peuvent se permettre de tourner à la fois en Europe et en Amérique, et ce, à l’automne et à l’hiver. C’est pourtant ce qu’a décidé de faire Stefan Miljevic pour son premier film. Sans avoir compté à la seconde près le temps consacré à la ville européenne, disons qu’environ 1/3 du long métrage s’y déroule. C’est d’ailleurs, à mon sens, le meilleur moment du film.

Il est agréable de voir ces hommes pas loin de la quarantaine s’évader du train-train quotidien pour s’éclater et oublier leurs problèmes, qu’ils ont d’ailleurs laissés loin derrière eux, sur un autre continent. Les plans de la ville sont superbes et réussissent à transmettre avec brio ce sentiment de liberté et d'abandon vécu par les personnages. On y croit vraiment.

Cependant, dès qu’ils vont revenir au Québec, leurs problèmes vont rapidement refaire surface, tout comme ceux du film, malheureusement. Si le scénario – écrit par trois paires de mains (Louis Champagne, Stefan Miljevic, Gabriel Sabourin) – était jusque-là impeccable, il commence à perdre peu à peu de sa limpidité.

En fait, le problème se situe surtout lors des 20 ou 30 dernières minutes. J’ai trouvé qu’il y avait peut-être un peu trop de longueurs. J’aurais aimé que les choses aboutissent plus rapidement et que ce soit fait de façon plus surprenante et dramatique. À mon humble avis, c’est là le seul défaut d’Amsterdam, car le reste est de très bonne qualité.

La prestation des comédiens est par exemple sans faute, tant du côté des rôles masculins que féminins. D’ailleurs, il y a juste assez de protagonistes. Chaque acteur a ainsi assez de temps à sa disposition pour nous présenter un personnage crédible et nuancé.

Amsterdam aborde également, d’une façon très adroite et assez originale, des thèmes comme le mensonge (et l’effet boule de neige que peut avoir une petite menterie que l'on croit insignifiante), l’amitié (et son importance dans la vie de tous les jours) et la famille.

Verdict

Avec Amsterdam, Stefan Miljevic signe un premier long métrage fort convaincant. Il y a quelques problèmes du côté du scénario (surtout vers la fin), mais le reste du film – la direction photo, le jeu des comédiens et les personnages – permet de sauver la mise et, au final, de camoufler ce petit défaut.

Cote : 3,5 étoiles sur 5

Source image : Les Films Séville 

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