Le lundi 30 septembre, la première ministre Pauline Marois était à Montréal non pas pour annoncer la mise en chantier du nouvel échangeur Turcot (quoiqu’on aurait aimé!), mais bien pour dévoiler un investissement majeur de la filiale québécoise d’Ubisoft. En compagnie de plusieurs de ses ministres, dont le ministre des Finances Nicolas Marceau, Mme Marois a levé le voile sur un investissement de pas moins de 373 millions de dollars d’Ubisoft dans l’économie québécoise!

C’est la troisième expansion majeure qu’annonce Ubisoft pour sa division québécoise depuis son implantation au Québec en 1997. Comme par le passé, Ubisoft pourra compter sur l’appui financier du gouvernement provincial sous la forme de crédits d’impôts. Ainsi, le gouvernement injectera 9,9 millions non remboursables dans le projet d’Ubisoft afin d’aider cette dernière à le réaliser. Le gouvernement fédéral ne semble pas être impliqué dans tout cela.

Même si le programme de crédits d’impôts est fortement critiqué par ceux affirmant que le gouvernement ne devrait pas tant aider des compagnies enregistrant des profits s’évaluant en millions de dollars annuellement, l’annonce du gouvernement devrait être bien reçue. En effet, si la première ministre et ses acolytes ont été critiqués pour la mauvaise posture du Québec au plan de l’emploi, l’annonce d’Ubisoft devrait démontrer aux détracteurs du gouvernement que ce dernier veut améliorer la situation, surtout dans le domaine des technologies. Il n’en demeure pas moins que vous devez vous attendre à ce que des critiques questionnant l’investissement soient dirigées contre Mme Marois et ses ministres.

Par ailleurs, si le chiffre de l’investissement d’Ubisoft est bien beau, que veut-il dire concrètement? Eh bien, Ubisoft prévoit utiliser cet argent (dont 60 millions seront utilisés pour des frais immobiliers) afin de fonder un nouveau studio et de créer 500 emplois au Québec sur 7 ans. Les plans de la firme ne sont pas banals : elle désire faire de ce studio son centre mondial pour les jeux en ligne!

Les prochaines vagues d’embauche de la firme risquent donc de tourner autour de spécialistes en réseautique et en gestion de communauté. Déjà, Ubisoft a annoncé être à la recherche de tels spécialistes, en plus de mathématiciens, d’analystes en intelligence des affaires, d’experts en télémétrie, d’opérateurs de systèmes et de spécialistes en monétisation et en marketing interactif et social. Si vous avez été formé dans l’un de ces domaines, surveillez de très près les prochaines offres d’emplois d’Ubisoft!

Il y a de quoi se réjouir de l’annonce de la firme française, surtout que le secteur du jeu vidéo s’oriente davantage vers l’univers du jeu en ligne et qu’on s’appuie beaucoup plus sur l’univers virtuel depuis quelques années. Or, les compétiteurs d’Ubisoft ont quand même dû avoir un sourire en coin en voyant cette annonce. Pourquoi? Parce qu’en 2011, l’actuel président d’Ubisoft Montréal et d’Ubisoft Toronto, Yannis Mallat, avait déclaré qu’il fallait freiner l’arrivée de nouveaux studios au Québec. À l’époque, M. Mallat avait mentionné qu’il fallait arrêter de presser « un écosystème déjà surexploité et duquel nous avons toutes les misères du monde à soutirer une qualité continue ».

Disons que l’annonce d’Ubisoft est un peu ironique compte tenu des propos formulés par le PDG il y a un peu plus de 2 ans, surtout que le portrait de l’industrie du jeu au Québec n’a pas tellement changé. Oui, on continue à produire d’excellents jeux et oui, l’industrie du jeu est florissante dans la province, mais il n’en demeure pas moins qu’il y a toujours trop de studios pour la main-d’œuvre qualifiée. Même si elle est excellente pour l’économie, l’annonce de l’ouverture d’un nouveau studio par Ubisoft n’aidera pas vraiment cette situation!

Source de la photo : Ubisoft

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