BORNES ÉLECTRIQUES

Le crime parfait existe-t-il? Gerald Parker l’a cru pendant plus de 17 ans. Ayant perpétré des crimes aussi horribles que macabres, Parker aura observé pendant plus d’une décennie un parfait innocent être incarcéré et les forces de l’ordre se tromper quant à la réelle identité du criminel qu’elles recherchaient. Or, le destin et surtout les avancées technologiques ont fini par rattraper celui que l’on surnommera le « bourreau des chambres ».

Une vie criminelle

On n’en sait que très peu au sujet de l’enfance et de l’adolescence de Parker, sachant toutefois qu'il est né vers 1955. Cependant, les archives publiques démontrent que l’homme a débuté sa carrière criminelle plutôt jeune, une caractéristique souvent observée chez les criminels dits de « carrière ». Ainsi, durant les années 60, Parker fut arrêté et envoyé dans un centre de détention pour adolescents puisqu’il avait en sa possession et consommait de la colle. Parker commettra aussi une série de délits par la suite, incluant des assauts, vols et fraudes pour lesquels il passera des mois et des mois en prison.

Il faudra attendre les années 80 avant que Parker ne commette un crime jugé plus grave. En effet, en 1980, après avoir servi dans l’armée pendant 7 ans et demi, il est accusé et reconnu coupable du viol d’une jeune fille de 13 ans. Il reçoit alors une peine d’emprisonnement de 6 ans, ce qui est beaucoup moins que si les autorités l’avaient préalablement identifié comme étant l’auteur d’une série de viols et de meurtres crapuleux.

L’innocent incarcéré

En 1978, les policiers d’Orange County, en Californie, sont sur le qui-vive. En effet, ils sont à la recherche d’un individu qui viole puis assassine des femmes. Cinq femmes ont déjà passé de vie à trépas en raison de ce tueur, qui les assassine à l’aide d’un 2x4, un marteau ou encore un maillet. Pire, en 1979, une sixième victime est retrouvée. Si elle survit, l’enfant qu’elle porte depuis 9 mois ne résistera pas.

Les policiers comptent beaucoup sur cette victime afin d’identifier le tueur. Cependant, ils devront faire preuve de patience puisque ses blessures à la tête sont si sérieuses qu’elle tombe dans un profond coma. Heureusement, elle finit par sortir de cet état comateux, son mari n’en étant que plus heureux. Or, le bonheur ne sera que de courte durée puisque la jeune femme accuse son mari comme étant l’auteur de l’agression. Elle affirme que son mari lui a sauté dessus après qu’elle ait refusé d’avoir une relation sexuelle. Dès lors, ce dernier est mis en état d’arrestation puis accusé de meurtre au second degré.

Le mari est reconnu coupable et reçoit une peine d’emprisonnement à vie. Clamant haut et fort qu’il n’a rien à voir avec ce dont il fut accusé, il a tout tenté pour prouver son innocence. Ayant un comportement exemplaire en prison, il tentera de démontrer qu’il n’a rien à voir avec les crimes grâce à un test d’ADN. Or, sa tentative échoue puisqu’il n’a pas les moyens de payer un test de ce genre.

En bout de ligne, l’homme demeurera derrière les barreaux pendant 16 ans. En effet, en 1996, la justice reconnaît son erreur et présente ses excuses à l’homme pour l’avoir injustement emprisonné durant toutes ces années. L’avocat chargé de cette tâche lui dira ceci :

« Jamais vous ne retrouverez ces 17 dernières années. Bien entendu, nous nous sentons extrêmement mal face à cela. Notre système de justice n’est pas parfait, mais il est aussi près d’être parfait qu’il peut l’être. »

Pourquoi ce revirement de situation improbable? Eh bien, les policiers enquêtaient sur une série de viols et de meurtres non résolus s’étant produits en 1979. Grâce aux avancées technologiques, les policiers peuvent désormais relier du matériel génétique trouvé sur les lieux des crimes à une base de données d’individus incarcérés. Comme vous l’aurez deviné, les enquêteurs finiront par recueillir des échantillons d’ADN sur les lieux des crimes et détermineront qu’ils appartiennent à Gerald Parker.

Rapidement, les autorités arrêtent puis accusent Parker des viols des 6 femmes et des meurtres de 5 d’entre elles et du fœtus de la toute dernière victime. Devant la preuve d’analyse ADN, Parker avoue sa culpabilité quant aux crimes commis à la fin des années 70. En raison de la nature des délits, on surnommera Parker le « bourreau des chambres » puisqu’il s’introduisait dans les chambres à coucher des femmes afin de les violer puis de les tuer.

En 1999, il est condamné à la peine de mort. Aujourd’hui, 14 ans après avoir reçu sa sentence, il attend toujours son exécution, ne sachant pas quand il connaîtra le même sort que la majorité de ses victimes.

Gerald Parker

Si le sort a finalement rattrapé Gerald Parker, l’histoire de l’homme ayant été faussement accusé de l’un de ses crimes demeure encore aujourd’hui assez particulière. S’il n’a jamais poursuivi le système de justice pour sa bavure, affirmant croire que tous ont agi en bonne foi, son ex-femme a toujours cru qu’il l’a battue peu avant que Parker ne l’agresse. En outre, elle a témoigné contre son ex-mari en Cour et malgré la preuve contre Parker, elle a toujours dit que son ex-mari était aussi coupable de tentative de meurtre à son endroit. Est-ce réellement arrivé? Disons que la justice américaine ne voudra probablement pas se repencher sur cette cause, question d’éviter une seconde bévue dans toute cette affaire!

Sources des images : layoutsparks.com, ocregister.com

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