S’il y a un sujet lourd à porter, c’est bien celui de la violence conjugale. Tentons de l’alléger l’instant d’une chronique. Sans banaliser, sans préjuger, mais plutôt en observant le phénomène, détaché des émotions que peuvent ressentir les différents acteurs impliqués.

Situation

Éric est un employé acharné, le genre d’homme qui se valorise beaucoup par le travail et qui y consacre beaucoup d’énergie. On lui demanderait s’il aime son travail qu’il ne saurait pas quoi répondre. En revanche, il se dit convaincu qu’un homme, c’est fait pour travailler fort.

La fin de semaine passée, ça a brassé pas mal avec son amoureuse. Il arrivait du boulot et avait une grosse journée dans le corps. En entrant dans la maison, le ménage n’était pas fait : vaisselle sale, comptoir malpropre, souliers qui traînent un peu partout. Ça a dégénéré lorsqu’il a vu sa conjointe, en congé ce jour-là, qui écoutait la télé. « Tabarnak, elle a écouté la TV toute la journée dans une maison aussi sale, pendant que moi je me tue au travail comme un osti de gros cave. A m’prend vraiment pour un criss de fichon », se dit-il. C’est en chaleur, le cœur battant et les dents serrées qu’il se dirige alors vers sa conjointe.

- Lui : « Osti que la maison est sale, t’aurais pu faire un clean up! »

- Elle : « Voyons, t’es ben raide! »

- Lui : « Je serais pt’être moins raide si tu t’étais grouillé l’cul un peu aujourd’hui au lieu de perdre ton temps avec tes criss de téléromans d’marde! »

- Elle : « Tu sais même pas de quoi tu parles… »

- Lui : « Eille maudit criss, prends-moi pas pour un osti d’con, la maison est dégueulasse. »

Il frappe dans le mur.

En pleure et, terrorisée, elle lui explique : « Ça ne fait pas cinq minutes que je suis arrivée, j’ai fait des commissions pendant toute ma maudite journée d’congé. »

Pendant les jours qui ont suivi, l’ambiance de la maison a été glaciale, jusqu'à ce que la poussière retombe...

Explication

Différents types de violences peuvent être exercés au plan conjugal : psychologique ou dite utilitaire, verbale, physique, financière ou dite économique, envers les objets et les animaux, sexuelle. L’agresseur qui adopte des comportements de violence le fait pratiquement pour une seule raison : le contrôle. Effectivement, les comportements violents trouvent leur justification dans une tentative inadéquate pour l’agresseur de reprendre le contrôle sur une situation qui lui échappe ou sur sa conjointe.

Solution

Pour l’agresseur, la solution passe essentiellement par la reconnaissance de ses comportements violents, ainsi que par le désir de se responsabiliser et de s’outiller. Pour la victime, la solution doit passer par la non-acceptation des comportements violents de l’agresseur, ainsi que par la sensibilisation à l'importance de se protéger.

Rien de plus dangereux que de répéter constamment le cycle de la violence conjugale (insatisfaction, comportement violent, culpabilité, lune de miel, accalmie, insatisfaction, comportement violent, culpabilité, lune de miel, accalmie, insatisfaction, comportement viol…). En plus de la répétition de ce cycle de façon inconsciente, le danger est de constater des comportements violents qui sont de plus en plus brutaux et fréquents.

N’oublions pas que l’exemple de l’homme ayant des comportements violents sur une femme est réversible et tout aussi dangereux.

Partout au Québec, des dizaines d’organismes offrent des services spécialisés afin de responsabiliser et d'aider les agresseurs à remédier à leurs comportements impulsifs et violents. En complémentarité, un peu partout en province, ont poussé des maisons d’hébergement pour femmes, qui offrent leurs services afin d’assurer une protection aux victimes des comportements violents. J’encourage les organismes concernés à laisser ci-dessous les coordonnées et informations nécessaires à un agresseur, ou à une victime dans le besoin.

Note à moi-même : écrire sur la responsabilisation lors d’une prochaine chronique.

Source photo : http://www.wikihow.com/images/9/91/Condition-Your-Knuckles-Step-8.jpg

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