BORNES ÉLECTRIQUES

« Mission dindons » (version française de « Free birds ») est le premier long métrage d’animation du studio Reel FX. Pour ce projet d’envergure, l’entreprise fondée en 1993 a décidé de mettre en vedette des animaux qui n’ont pas souvent la cote dans le cinéma d’animation : les dindes.

Remonter dans le temps pour tous les sauver

Reggie (Owen Wilson) est un dindon pas comme les autres. Contrairement à ses compatriotes, il est plus intelligent et sait que les dindes (ou dindons) sont élevées par les humains pour être mangées.

Dans le cadre des cérémonies entourant l’Action de grâce, Reggie se voit gracier par le président des États-Unis. Immédiatement, il est transporté au Camp David où il mène une existence paisible à regarder la télé et à manger de la pizza.

Sauf qu’un beau jour, il se fait enlever par Jake (Woody Harrelson), apparemment le seul membre du Front de libération des dindes. Il semblerait que le grand dindon leur aurait confié une mission des plus importantes. Ils doivent, en effet, remonter dans le temps jusqu’à la célébration de la première Action de grâce et empêcher que l’on serve de la dinde comme repas.

Arrivés au début du 17e siècle, les deux complices font la connaissance d’un clan de dindes (qui fait penser vaguement à une tribu indienne) pourchassé par les colons nouvellement arrivés. Parmi ceux-ci, il y a la belle Jenny (Amy Poehler), dont semble tomber amoureux immédiatement Reggie. Mais ce n’est pas le moment de perdre son temps. Il faut empêcher les dindes de servir de nourriture aux humains!

Blague par-dessus blague

Mission dindons s’inscrit clairement comme une comédie familiale. En fait, il y a beaucoup plus de blagues que dans la plupart des films d’animation. L’une n’attend pas l’autre! Toutefois, la plupart sont assez évidentes et souvent très premier degré, risquant donc de faire rire d’abord, et surtout, les enfants. Attendez-vous, par exemple, à entendre deux ou trois blagues sur les fesses des dindes.

On ne s’étonne pas non plus de retrouver un scénario classique et léger. Par contre, je crois qu’il tient la route et va réussir à captiver les plus jeunes jusqu’à la fin. Les grands, quant à eux, risquent de trouver certains personnages un peu trop caricaturaux et idiots (les artisans mettent beaucoup l'accent sur la « réputation » des dindes comme animaux pas très intelligents). Malgré cela, on réussit à s'attacher assez facilement aux protagonistes.  

Le scénario se permet également de traiter en surface de l'élevage abusif de volaille. Si Mission dindons n'est pas une critique du système actuel d'agriculture, il tente d'éduquer un peu les enfants sur cet aspect de notre société, ce qui est intéressant. Et qui sait, peut-être vont-ils poser des questions à leurs parents en sortant du cinéma?

C’est peut-être un détail anodin, mais j’ai aussi trouvé que c’était une bonne idée de faire mourir l’un des personnages « gentils » (je ne vous dis pas lequel, bien sûr). Cette pratique était assez courante dans les dessins animés et semble avoir peu à peu disparu dans les films d’animation.

Un premier essai convaincant

Du point de vue de la réalisation, ce film de 90 minutes s’en sort bien, et ce, même si le studio a sûrement moins d’expérience dans le domaine que les ténors de l’industrie comme Pixar ou Illumination Entertainment (le studio derrière la série Détestable moi).

Les personnages sont originaux (les bébés dindes sont tout simplement adorables!), alors que leurs animations nous semblent plutôt crédibles. Seuls quelques environnements et jeux de lumière m’ont légèrement déplu. À mon sens, ça manquait un peu de détail. 

Verdict

Au final, Mission dindons a été davantage conçu pour plaire aux jeunes cinéphiles. Bien sûr, ce n’est pas une mauvaise chose en soi. En revanche, il aurait été intéressant que les artisans pensent à donner aussi quelques sucreries aux grands.

Cote : 2,5 étoiles sur 5

Source(s) image(s):
Les Films Séville

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