C’est l’automne. Les nuits s’allongent et deviennent terriblement froides. Qui dit fraîcheur dit aussi partouze de virus; la grippe, le rhume et autre fièvre qui clouent n’importe qui au sol en l’espace d’un bizou. Les gars ne s’en sortiront pas mieux que les filles. La grippe d’homme est bien là, du moins dans la bouche de ceux qui la définissent ainsi pour se moquer des gars affaiblis par un virus. Alors, ami lecteur, partage ou commente les lignes qui suivent, car sans ton opinion, cette chronique n’a aucune valeur.

Situation

Maxime pense avoir attrapé son rhume au boulot. En sirotant son bouillon de poulet, il réfléchit au nombre étonnant de mains qu’il peut serrer en une journée. Poignées de main au pluriel combinées à un Maxime qui se ronge les ongles lui semblent soudainement une équation évidente pour accoucher d’un solide rhume. Tout ça pour dire que Max se sent vraiment mal depuis deux jours, mais la nuit passée était infernale. Tellement qu’il a callé malade au travail. Il n’a pratiquement pas fermé l’œil de la nuit : congestion, mal de gorge, mal de peau, mal de tête, mal de poils, mal de cheveux, mal de vie. À 5 h ce matin, c’était clair pour lui; il était tout simplement trop magané pour aller travailler.

Quand sa blonde s’est réveillée :

Blonde : « Bon matin, bien dormi? »

Lui : « Non, je suis vraiment dans le pire de mon rhume, j’irai pas à la job aujourd’hui. »

Blonde : « Ben voyons, tu calls jamais malade d’habitude. »

Lui : « Je l’sais ben, mais là j’feel vraiment pas. J’ai vraiment la tête dans l’cul à matin. »

Blonde : « HA! HA! Boooonn check le petit Max qui se sent faible et meurtri, puis qui s’plaint d’avoir une grippe d’homme à matin. »

Lui : « … »

Maxime n’avait qu’une seule idée en tête, prendre un congé de maladie pour pouvoir prendre soin de lui l’espace d’une journée. Jouer au Playstation bien pénard et prendre son sirop rigoureusement pour venir à bout de son rhume. Bref, se reposer pour pouvoir retourner au travail en forme le lendemain.

Quand sa mère l’a appelé :

Mère : « Ta blonde m'a dit que t'étais pas au travail. T'es ben comme ton père, un petit rhume de rien pis ça se plaint. Ça pas l’air drôle d’avoir une grippe d’homme! »

Lui : « … »

Quand sa sœur l’a appelé :

Soeur : « Pauvre p'tit Maxou, maman m’a dit que t’avais une grippe d’homme! Hey que tu fais pitié, HA! HA!!»

Lui : « … »

Explication

Comment expliquer que les hommes tardent avant de consulter pour des problèmes de santé physique ou psychologique? On sait que leur espérance de vie est plus courte que celle des femmes. Non seulement ils meurent plus jeunes, mais ils sont également plus nombreux à s’enlever eux-mêmes la vie. Dès leur enfance, on apprend à nos gars à être vaillants, forts et fiers (lire mes chroniques sur la socialisation et sur l'orgueil). Il en résulte que peu d’hommes s’attardent à leurs problèmes de santé. L’automne venu, enrhumés, lorsqu’ils ont le malheur d’ouvrir la bouche pour expliquer à quel point ils se sentent mal, certaines personnes se font un plaisir de les rabaisser et de les traiter de plaignards avec leur GRIPPE D’HOMME. On est tellement peu habitué d'entendre un homme parler d’un problème de santé qu’on réagit par l’humiliation. Conclusion? « T’es malade mon homme? Honte à toi! »

Solution

On peut donc remarquer un double discours par rapport à la condition masculine et à la GRIPPE D'HOMME. D’un côté, on veut que les hommes fassent leur demande d’aide le plus tôt possible lorsqu’ils éprouvent une difficulté psychologique ou physique, mais de l’autre, on les rabaisse lorsqu’ils disent être malades.

Mesdames, essayons quelque chose. La prochaine fois que, enrhumé, votre père, frère, collègue, ami ou fils vous dit à quel point il se sent mal, plutôt que de rire de lui et de sa GRIPPE D’HOMME, pourquoi ne pas valoriser le fait qu’il prenne le temps de se soigner? Ainsi, peut-être qu’un jour, les hommes auront plus de facilité à accepter leurs difficultés et à utiliser les moyens ou les services qui peuvent les aider.

Note à moi-même : Écrire sur ce que vous allez me suggérer lors d’une prochaine chronique.

Au plaisir!

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