L’annonce du jeu « Batman: Arkham Origins » ne m’avait pas vraiment allumé. En effet, je ne comprenais pas pourquoi, de prime abord, une suite sortait aussi rapidement et aussi, pourquoi le studio Rocksteady abandonne son joyau et le laisse entre les mains d’un autre développeur. Quand tu conçois un jeu aussi acclamé et que tu l’abandonnes, il y a de quoi se faire du souci et douter de la qualité de celui-ci.

Black Mask, chef d’une puissante organisation criminelle, vient, en cette veille de Noël, de mettre à prix la tête de Batman. Il offre une récompense de 50 millions de dollars à quiconque la lui rapportera. Gotham City voit alors les pires criminels et tueurs débarquer pour traquer et éliminer la chauve-souris. Une veillée qui changera à jamais Batman.

Arkham Origins nous offre la possibilité d’incarner Bruce Wayne à ses débuts en tant que chevalier noir, soit l’époque où Batman n’était qu’une rumeur pour les malfrats et citoyens de la ville et une menace pour les forces policières. Nous prenons le contrôle d’un jeune homme enragé, violent, rustre et ayant beaucoup de difficulté à contrôler ses émotions. De plus, l’intrigue nous permet de vivre les premières rencontres avec les personnages clés de la mythologie de la chauve-souris. Lieutenant Gordon, Bane, le Joker, ces rivalités et alliances sont introduites avec brio à l’histoire et ajoutent un intérêt supplémentaire au scénario qui est, à la base, excellent.

Graphiquement, Batman : Arkham Origins est superbe. À mes yeux, c’est l’un des plus beaux jeux disponibles sur console. La ville de Gotham est tout simplement magnifique, pour ne pas dire grandiose. Par contre, une forte impression de déjà-vu est omniprésente dès la première seconde de jeu. L’architecture des bâtiments diffère, mais les textures utilisées demeurent les mêmes que celles d’Arkham City. De plus, l’action se passe encore de nuit et sous la neige. Rien pour se démarquer de son prédécesseur. La modélisation des personnages, tout comme leurs animations, demeure d’une qualité exceptionnelle.

La jouabilité n’a pas changé d’un poil. Un habitué s’y retrouvera immédiatement. Quelques gadgets ont été modifiés, mais demeurent, grosso modo, identiques aux opus précédents. Le système de combat demeure encore une fois la pierre angulaire du jeu. Technicité et instinct seront nécessaires pour obtenir de bons résultats. Résultats, car maintenant, chaque escarmouche est notée selon des points précis, par exemple la variation des combos utilisés. Les points d’expérience sont donc maintenant attribués selon la performance globale du combat.

L’un des points forts de la série Arkham a toujours été la durée de vie de celle-ci. Origins poursuit dans cette veine et offre de nombreuses heures de jeu. Le scénario à lui seul prend environ dix heures; impressionnant pour ce type de jeu. Pour les collectionneurs et perfectionnistes, la liste des objectifs secondaires à accomplir est immense et ajoute de nombreuses heures au compteur. J’aurais vraiment aimé vanter le multijoueur et affirmer que cette portion gonfle encore plus la durée de vie, mais malheureusement, ce mode est bâclé, inintéressant et il sera rapidement mis de côté par la majorité.

Maintenant, abordons le plus gros problème de Origins : le manque cruel de nouveautés et d’originalité. C’est à ce niveau que le bât blesse. Il y a, comme ajouts dignes de mention, la Batcave, les points de transports rapides en Batwing ou les scènes d’enquêtes, mais ces ajouts ne changent aucunement les mécaniques et la jouabilité de la série. Petit bémol aussi sur la prétendue grandeur de la ville. Oui, elle est grande, mais celle-ci est illusoire. Cette impression de gigantisme est en fait générée par un pont gargantuesque qui étire la ville en deux sections. Hormis ce pont, Gotham n’a rien de l’immensité promise.

Batman : Arkham Origins est une digne suite qui n’a rien à envier à ses prédécesseurs. En termes de qualité, rien à redire. La trame narrative est excellente et les mécaniques de la série sont reprises avec brio. Le problème majeur demeure l’effet de déjà-vu omniprésent tout au long de l’aventure et le manque criant d’originalité. Origins boucle bien la boucle et il est peut-être temps pour la série Arkham de prendre une petite pause, histoire de ne pas faire sombrer cette série d’exception vers un mercantilisme qui la tuerait assurément.  

 

Ce que vous aimerez :

- Scénario enlevant

- Graphisme exceptionnel

- Jouabilité bien huilée

- Durée de vie impressionnante

- Le Joker!

 

Ce que vous n’aimerez pas :

- Manque d’originalité

- Ajouts au jeu accessoires

- Multijoueur bâclé et sans intérêt

- Quelques bogues techniques gênants

Note : 8 sur 10

Source(s) image(s):
SuperWallpaper

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