Dire que « Hunger Games : L'Embrasement » (version française de « The Hunger Games: Catching Fire ») est très attendu serait un euphémisme. Au cours des dernières années, la trilogie de l’écrivaine Suzanne Collins a conquis des milliers d’adeptes dans le monde. Après un premier épisode bien accueilli et très lucratif (près de 700 millions de dollars en recette), il est inutile de dire que les attentes étaient très élevées pour le nouveau film de Francis Lawrence.

Dur retour au bercail

Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) et Peeta Mellark (Josh Hutcherson) viennent tout juste de remporter la 74e édition des Hunger Games. Leurs célébrations sont cependant de courte durée. Le président Snow (Donald Sutherland) insiste pour que les vainqueurs se promènent à travers les districts de Panem dans le cadre de la Tournée de la victoire. Il espère que leur intervention va calmer la population, qui commence à se révolter de plus en plus. Malheureusement pour lui, leur passage dans les différents districts provoque l’effet inverse et attise la rébellion du peuple.

Pour éviter que Peeta, mais surtout Katniss (qui représente l’espoir dans la population), se transforment en symboles de la révolution, le président prend la décision de les éliminer. Il serait si simple de les exécuter... mais ses conseillers lui déconseillent vivement cette approche directe. Leur mort pourrait déclencher une révolte incontrôlable.

Il décide donc d’organiser une édition toute spéciale pour les 75e Hunger Games. Cette compétition mettra en vedette 24 vainqueurs (deux par districts) encore vivants, dont évidemment les gagnants de la dernière édition. Le jeu qui a fait d'eux des champions signera leur arrêt de mort...

Une superproduction intelligente

Comme vous le savez probablement, ce n’est pas parce que la production d’un film a coûté plus de 100 millions de dollars qu’il est forcément bon. On reproche souvent aux superproductions d’avoir des scénarios trop simples et incohérents. Heureusement, Hunger Games : L'Embrasement n’entre pas dans cette catégorie. Il faut dire que le long métrage de 140 millions est basé sur un livre bien reçu par la critique. Dans le passé, il est vrai qu'il y a eu certaines mauvaises adaptations, mais avoir une bonne base aide toujours.

En 2 h 26, le long métrage de Francis Lawrence nous raconte beaucoup de choses. La première heure (environ) est consacrée à « l’après 74e Hunger Games » et à « l’avant 75e Hunger Games ». La compétition elle-même occupe la dernière partie et nous a semblé plus courte.

Mais que se passe-t-il donc durant ce fameux deuxième chapitre? Un peu à l’instar de Hunger Games, premier du nom, on en profite pour approfondir les personnages et construire l’univers qui les entoure. Car derrière les Hungers Games se cachent beaucoup d’enjeux. Il s’agit d’un moyen de contrôler la population et, comme on le voit dans ce volet, de se débarrasser des indésirables. Bref, on peut voir ça un peu comme un mal nécessaire. 

Il est également intéressant d’assister à l’évolution de Katniss depuis le premier film. On retrouve, dans ce second volet, une héroïne blessée; pas juste physiquement, mais intérieurement. Les Hunger Games ont causé beaucoup plus de séquelles qu’elle semble le croire. Elle a les morts de la 74e édition sur la conscience. Elle est aussi moins sûre d’elle et c’est particulièrement vrai pour ses histoires de cœur. 

De son côté, la partie consacrée aux nouveaux Hunger Games est divertissante, sans pour autant être trop tirée par les cheveux et trop prévisible. Les thèmes de la survie et surtout de la confiance sont importants. Plus d’une fois, l’héroïne va se demander qui sont ses vrais alliés. Assez tôt, une dynamique intéressante s'installe entre les personnages. Personne ne se fait totalement confiance.

En revanche, le dénouement m’a semblé arriver un peu trop vite. Quand le générique est apparu, je me suis dit : « Quoi, c’est déjà la fin? » Mais je me rappelle avoir déjà éprouvé la même sensation en ayant vu d’autres seconds épisodes de trilogie. C'est un peu ce qui arrive quand on est « entre deux chaises ». En tout cas, ça donne envie de voir la suite.

Ce serait un crime de terminer cette critique sans parler de l'aspect visuel. Tout comme le laissaient présager les bandes-annonces, l’aspect esthétique de Hunger Games : L'Embrasement est encore une fois une pure merveille. Il y a peut-être moins d’effets spéciaux que dans d’autres films de science-fiction (ou peut-être sont-ils seulement moins apparents), mais ils sont fort bien réalisés. Et que dire des costumes? Je ne pensais jamais adorer à ce point les costumes d’un film!

Verdict

Hunger Games : L'Embrasement est un film de divertissement brillant et visuellement incroyable qui prend le temps de construire des personnages crédibles et attachants, sans pour autant ennuyer son public. Ça promet pour la suite!

Cote : 4 étoiles sur 5

Suivez Philippe Michaud sur Twitter via @Micph.

Source(s) image(s):
Les Films Séville

Commentaires