BORNES ÉLECTRIQUES

En plein milieu du mois de novembre, alors que le Movember bat son plein, la santé de la gent masculine est davantage exposée. J’ai donc décidé de vous parler d’un des plus anciens outils servant à la santé sexuelle des hommes et dont l’origine remonte à plusieurs millénaires : le condom! Vous y verrez avec stupéfaction et amusement l’évolution matérielle de ce préservatif masculin.

L’Égypte, berceau du préservatif

Les premières références au condom remontent à l’Égypte ancienne où des statuettes datant de près de 6000 ans montrent des hommes portant un « étui » protecteur sur leur membre viril. Les soldats égyptiens se protégeaient contre les maladies vénériennes en utilisant des boyaux de moutons en 3000 ans avant Jésus-Christ! Comme on le constate, ça ne date pas d’hier. Des momies masculines auraient été retrouvées portant une sorte de pochon sur la verge afin de les protéger dans l’au-delà!

Les Égyptiens n’étaient pas les seuls à utiliser des préservatifs. En 1500 avant Jésus-Christ, le roi de Crête, Minos, en aurait aussi utilisé un en vessie de chèvre lors d’ébats amoureux. À peu près à la même époque, à l’autre bout du monde, en Chine, on utilisait comme protecteur sexuel une membrane en papier de soie huilé. Le condom était aussi connu en Europe, autant chez les Grecs que chez les Romains, toujours fabriqué à partir de boyaux (intestins) de porcs ou de moutons.

Préservatif en boyau de mouton

Les maladies vénériennes

Évidemment, on ne porte pas un condom fait de tripes animales pour le plaisir. Il fallait, dans un premier temps, se prémunir contre les maladies vénériennes qui étaient répandues même en ces temps reculés. Parmi les maladies transmises sexuellement les plus connues, on remarque la très célèbre syphilis. Elle a connu bien des noms. Aux XV et XVIe siècles, des épidémies de syphilis ont fait rage lors de guerres en Europe. Les Français qualifiaient la maladie de « mal italien », alors que les Italiens l’appelaient la « carie française » ou le « mal français ». Un anatomiste italien, Gabriel Fallope (qui a aussi donné son nom aux trompes de Fallope!), a écrit un ouvrage intitulé De morbo gallico (Du mal français) dans lequel il aborde cette maladie. Il testera un préservatif (sorte de fourreau de tissu médicamenté) sur 1100 hommes pour sa recherche. Par contre, dans sa conclusion, lorsqu’on fait la traduction du latin, on semble comprendre que son préservatif ne se portait qu’après la relation, sorte de cataplasme médicamenteux pour prévenir le développement de la « carie française »…

Une autre maladie qu’on a longtemps confondue avec la syphilis est celle appelée la « chaude-pisse » ou blennorragie : la gonorrhée.

Le condom moderne

On peut parler du condom moderne à partir du XVIIIe siècle, car à ce moment il était produit en grande quantité, voire commercialisé, même s’il demeurait confectionné en membrane animale. Le célèbre séducteur italien Giacomo Casanova l’utilisa couramment lors de ses multiples conquêtes. Il utilisait ce qu’il appelait la « redingote anglaise » (probablement une adaptation française de riding coat… ou manteau pour chevaucher!), qui deviendra la capote anglaise. Il faudra attendre 1880 pour que le condom en caoutchouc fasse son entrée dans les chambres à coucher. C’est la compagnie de pneus Goodyear Tire and Rubber qui a produit les premiers préservatifs en caoutchouc.

Casanova s'amusant avec une « redingote anglaise »

Une protection toujours « in »

La guerre (donc les soldats), entre autres choses, était un vecteur de propagation idéal pour ces maladies. Les viols de populations vaincues ou les relations sexuelles avec des prostituées alors que les soldats étaient loin de leur foyer ont entraîné des épidémies de maladies vénériennes, peu importe l’époque. Les conflits modernes n’y font pas exception. Lors de la Première Guerre mondiale, on rapporte que dans la seule armée américaine (qui n’est entrée en guerre qu’en 1917), 18 000 soldats furent infectés d’une de ces maladies, les rendant inaptes au combat. Lors de la Seconde Guerre mondiale, même phénomène, même si des condoms et des trousses d’hygiène prophylactiques (prévention des maladies) étaient distribués aux soldats. Maintenant, il faut reconnaître que le condom est toujours de mise quand on parle de la santé au masculin. L’arrivée du SIDA  n’a fait que renforcer l’importance de la prévention, et le condom est l’arme tout indiquée pour combattre ce fléau. Je vous laisse sur cette expression bien de chez nous qui dit : « Condom du fun quand on capote! » (qu’on a donc du plaisir quand on s’excite, genre…).

Liens :

www.leroidelacapote.com

www.condomfly.org

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9servatif

Sources photos : gretagarbure.com, www.24heures.ch, fr.123rf.com, www.teara.govt.nz

Source(s) image(s):
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illawarraqinfo.com

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