D’après une étude américaine, il y aurait effectivement plus de cas d’infarctus en janvier qu’en septembre. On a longtemps pensé que le coupable était le froid, mais des évidences nous portent à croire qu’il ne serait pas le seul coupable.

L’infarctus du myocarde (le tissu musculaire du cœur) est assez commun. Il survient lorsque les tissus cardiaques manquent d’oxygène et meurent (nécrose). Une des causes de ce manque d’oxygène est souvent l’athérosclérose : une ou plusieurs artères irriguant le cœur se bouchent et il n’y a plus assez de sang oxygéné qui atteint les tissus. Lorsqu’il y a nécrose, les dommages sont irréversibles.

Depuis plusieurs années, les statistiques nous montrent qu’il y a plus de cas d’infarctus pendant l’hiver. Tout dépendant des études, les risques seraient d’environ 18 % plus grands en janvier qu’en septembre. L’association la plus facile à faire est la suivante : il fait plus froid en hiver, le froid est donc responsable de cette hausse! Une température plus froide provoque un rétrécissement des artères et augmente la pression sanguine. Le cœur doit donc fournir plus d’efforts pendant ces périodes. Toutefois, dans une étude américaine, les risques étaient augmentés de façon identique qu’on soit dans un État du nord (Pennsylvanie) ou dans un État du sud (Arizona). Le froid n’est donc pas le seul coupable.

Ce phénomène est mondial. Une étude produite sur 500 000 Chinois de la région de Pékin montre une augmentation de risque de décès causé par une maladie cardiovasculaire de 30 à 50 % pendant les mois hivernaux. Au Canada, les chiffres seraient près de 18,6 % seulement pour l’infarctus du myocarde aigu.

Dans l’étude américaine, les risques diminuaient de 10 % par rapport à la moyenne annuelle partout en été. Quels seraient donc les autres facteurs de risque responsables de cet écart de 28 %? Plusieurs variabilités saisonnières pourraient être en cause. Tout d’abord, la circulation accrue des virus respiratoires hivernaux comme la grippe favorise les infarctus, surtout que les personnes âgées (65 ans et plus) sont beaucoup plus à risque d’un infarctus hivernal que les autres. De plus, avec les journées plus courtes, nous avons une baisse de production de vitamine D pendant l’hiver. Nous savons maintenant que la vitamine D, fabriquée par notre peau au contact du soleil, est une vitamine qui protège contre les maladies cardiovasculaires. Finalement, l’hiver est une période où nous faisons généralement moins d’exercices et où on mange plus gras.

 

Sources :

http://www.france2.fr/emissions/telematin/sante/froid-et-infarctus_80833

- http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/11/15/19444-froid-est-il-responsable-pic-dinfarctus-lhiver

- Sheth T., Nair C., Muller J., Yusuf S. « Increased winter mortality from acute myocardial infarction and stroke : the effect of age », Journal of the American College of Cardiology, 1999, Jun; 33(7) : 1916-9.

- Beibei Xu et al. « Association between winter season and risk of death from cardiovascular diseases: a study in more than half a million inpatients in Beijing, China », BMC Cardiovascular Disorders, 2013, 13 :93.

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