Cet été, quand Marc Bergevin a fait signer à Daniel Brière un contrat de 4 millions par saison pour deux ans, plusieurs sont restés perplexes. Certains s'interrogeaient sur la pertinence d'engager un autre joueur de centre, alors que d'autres arguaient, avec raison, que les stocks de chandails « small » de l'équipe sont déjà presque « back order ». Même si tout le monde s'entendait pour dire qu'il a encore des habiletés indéniables, tous se disaient qu'il était sur une pente descendante digne du Red Bull Crashed Ice. Et depuis le début de l'année, on ne peut pas dire que Marc en a eu pour son argent. S'il est bon un soir, il est invisible les cinq suivants, ce qui oblige Therrien à l'envoyer manger des hot dogs sur la passerelle avec Drewiske, qui essaie toujours de l'attirer dans son projet de salon de quilles/buanderie à Moose Jaw. Daniel Brière est-il seulement inconstant ou...?

Depuis quelques semaines, Brière séchant dans les estrades, des rumeurs à propos d'un échange impliquant le no 48 se sont multipliées, échange que lui-même aurait exigé. On le disait boudeur, mécontent, frustré, constip...contrarié. Puis, on le remet dans l'alignement et le voilà qui se paie une soirée de trois points. Lorsqu'il a rencontré les journalistes après le match, Brière est apparu affable, souriant, repoussant du revers de la main les rumeurs et se disant heureux que ça débloque.

En l'écoutant, je me disais qu'il possédait un « mental » d'acier pour offrir une telle performance avec tout ce qui circulait. C'est alors que j'ai décelé quelque chose dans le fond de son regard que je n'avais jamais remarqué avant (pour être honnête, quand je vois Brière, je ne peux m'empêcher de fixer sa moustache, car j'avais la même à 14 ans). Il y avait une flamme de maturité, un incendie de vécu, un brasier de sagesse qui ne devrait pas se retrouver dans les yeux d'un homme de 36 ans qui semble n'avoir jamais souffert d'acné. 

Une hypothèse a alors germé dans mon esprit. Le soir venu, je suis entré par effraction dans le bureau du médecin de l'équipe... ouin je ne devrais peut-être pas dire ça de même sur Internet... anyway, et j'ai ouvert le tiroir des dossiers médicaux des joueurs. Celui de Brière avait la mention « confidentiel » imprimée sur la chemise... comme les chemises de tous les autres dossiers d'ailleurs, mais ce n'est pas ça qui est important. 

En commençant à le feuilleter, j'ai découvert une chose qui m'a jeté par terre (faut dire que mes bottes étaient mouillées, donc c'était glissant).  Daniel Brière est une sorte de mutant, croisement improbable entre Wolverine et le syndrome de Turner. Son corps ne vieillit pas de façon uniforme. Alors que sa peau a l'âge d'une fesse de bébé, que son coeur et ses réflexes sont encore à leur zénith, ses muscles et ses poumons ont 97 ans.

Donc, Therrien ne le laissait pas sur la passerelle pour le punir, mais bien pour lui permettre de reprendre son souffle et reposer son arthrite dans le genou. De plus, il est écrit qu'il n'aime pas les matchs qui commencent à 19 h 30 parce qu'ils finissent trop tard.

À la fin du dossier, le médecin a écrit quelques recommandations destinées à l'état-major du CH :

Avant chaque période, faites-lui une piqûre d'adrénaline dans la fesse pour qu'il puisse tenir. Veillez à ce qu'il y ait au moins une gourde de Gatorade qui soit « tablette » sur le banc. Mettez-lui des bas chauds dans ses patins et gardez une tite laine dans le vestiaire pour le réchauffer entre les périodes.

Un bruit venant du couloir m'a obligé à partir. Je n'ai pas pris le risque d'emporter le dossier avec moi, mais vous le savez, je ne suis surtout pas du genre à avoir inventé tout ça.

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