Comme dirait ma grand-mère, des poursuites inusitées, il y en a « pour les fous et les fins ». Consulter le répertoire des causes enregistrées à la Cour peut être aussi endormant qu’hilarant tant certaines personnes poursuivent des gens ou des compagnies pour n’importes quelles raisons. Le jeu vidéo n’y échappe pas tant cette industrie a vu son lot de causes loufoques au fil des ans. Les situations suivantes vous le prouveront!

L’homme accro à Lineage II

Craig Smallwood n’est pas un homme avec une vie bien remplie. En fait, elle est si vide qu’en 2010, il entame une poursuite contre NC Interactive, le créateur du jeu Lineage II. Dans sa poursuite, Smallwood déclare que ce jeu a ruiné sa vie au point où il ne pouvait plus contacter ses amis, se laver et même s’habiller parce qu’il ne pouvait s’empêcher de massacrer des monstres et des joueurs en ligne. Il ajoute que NC Interactive est fautive parce qu’elle n’a fait aucune mise en garde contre les dangers de dépendance du jeu!

Imaginez, Smallwood affirme qu'il a joué pas moins de 20 000 heures sur 5 ans et qu’il a dû être hospitalisé pour les maux causés par le jeu. Encore aujourd’hui, il stipule souffrir d’isolement et de détresse en raison de Lineage II. Il a eu la chance de mettre cette cause entre les mains d’un juge sensible aux dépendances puisque ce dernier a accepté sa plainte!

 

Des compagnies poursuivies à cause de Grand Theft Auto III et Grand Theft Auto: Vice City

La franchise Grand Theft Auto est l’une des plus populaires de tous les temps, mais elle est aussi l’une de celles ayant été les plus attaquées en Cour. Parmi les poursuites ridicules ciblant Grand Theft Auto, il y a celle portée par nul autre que Jack Thompson, qui a accusé GTA III ainsi que Vice City d’être à la source de trois meurtres.

Les familles des victimes ont poursuivi Sony, Take-Two, Wal-Mart et GameStop parce que Devon Moore s’est retrouvé avec des copies de ces titres entre les mains. Selon la poursuite, les jeux de la série Grand Theft Auto ont motivé et encouragé Moore à commettre les assassinats de deux policiers et d’un répartiteur alors qu’il avait été appréhendé pour le vol d’un véhicule. Évidemment, on n’a pas crié haut et fort que Moore était mineur au moment où il a joué à ces jeux ni dénoncé le fait qu’il avait des armes à feu en sa possession. Parents, où étiez-vous?

 

L’homme qui se prend pour un Pokemon

Il y en a vraiment qui croient que le monde tourne autour d’eux. En 2000, Yuri Geller a entamé une poursuite de 100 millions de dollars contre Nintendo au sujet du Pokemon Yungerer, que l’on connaît ici sous le nom de Kadabra. Selon lui, Nintendo a violé ses droits puisque, tout comme lui, ce Pokemon peut utiliser des pouvoirs psychiques et courber des cuillères par la force de son esprit. Bref, Geller affirmait que Nintendo s’était inspiré de lui pour créer le Pokemon sans demander son autorisation. Pire, il accusait Nintendo d’avoir utilisé son nom puisque Yungerer ressemble étrangement à Geller! Le juge a refusé d’entendre la cause, envoyant Geller et son amour propre aux oubliettes.

 

Le militaire croyant qu’Oblivion « flashe » un peu trop

The Elder Scrolls IV : Oblivion est disponible depuis 2007. En mars 2010, le pilote militaire Ryan McLaughlin joue à ce jeu, tombe sans connaissance et se brise un os. En se réveillant, il a une merveilleuse idée : poursuivre la compagnie Bethesda parce que sa crise d’épilepsie a été causée par le jeu! McLaughlin affirme qu’Oblivion est illégal parce que les effets de lumières contenus dans le jeu « dépassent la limite de 3 flashs par seconde », causant ainsi des crises d’épilepsie. Avant de poursuivre Bethesda, McLaughlin aurait peut-être dû voir que le manuel d’instructions et même un mot avant le début d'une partie préviennent que le jeu peut causer des crises d’épilepsie chez certaines personnes. Ou encore qu’aucun autre cas du même genre n’a été répertorié de 2007 à 2010.

 

Quand Bethesda nous prend pour des idiots

Il y a quelque temps, la compagnie Mojang (que l’on connaît pour Minecraft) annonce le développement de Scrolls. Bethesda, responsable de la série The Elder Scrolls, menace de poursuivre Mojang si elle ne change pas le nom de son nouveau projet. Mojang faisant la sourde oreille, Bethesda met ses menaces à exécution et traîne la compagnie en Cour. Pour appuyer sa plainte, Bethesda affirme que le nom Scrolls pourrait confondre les joueurs avec sa propre série et, donc, faire en sorte que des consommateurs achèteront Scrolls en pensant jouer à un jeu de la série The Elder Scrolls.

Après six mois de débat, la cause est rejetée, le juge reconnaissant que nous, pauvres consommateurs ignares, ne sommes pas si stupides finalement.

 

Quand la compagnie Taser hallucine sa marque dans le jeu Second Life

Je n’ai probablement pas besoin de vous décrire ce qu’est un Taser. Or, il y a quelques années, Taser International a démontré que l’utilisation de son fameux pistolet électrique peut causer des dommages au cerveau de ses dirigeants. Voyez-vous, ces derniers ont entamé une poursuite de 75 000 $ contre la compagnie Linden Lab parce que des utilisateurs du jeu Second Life fabriquaient des soi-disant Tasers au sein de ce dernier. Dans un document de 100 pages (!), les avocats de Taser décrivaient comment les pistolets électriques créés dans Second Life violaient la marque de la compagnie. Pourtant, s’il y avait bien de ces pistolets dans le jeu, le nom Taser n’y est jamais apparu.

Taser poursuivra-t-elle les Grecs parce que Zeus utilise la foudre comme arme? On jase là!

 

Le troll du PlayStation Network

Le troll, ce petit fatiguant n’arrêtant pas de nous harceler et d’être désagréable en ligne. C’est ce qu’est, ou plutôt était, Erik Estavillo. Pointé du doigt par plusieurs joueurs en raison de ses comportements sur le PlayStation Network, Sony finit par bannir Estavillo du service. Frustré, ce dernier dépose une poursuite de 55 000 $ contre la compagnie, prétextant que son bannissement lui a causé beaucoup de douleurs et de souffrances. Il mentionne dans sa poursuite que le PlayStation Network est la seule façon qu’il ait de pouvoir interagir avec des gens. Le juge a rejeté la plainte, se gardant probablement de dire à Estavillo d’aller explorer quelque chose qu’on appelle « le monde » pour parler avec des gens et d’arrêter d’envoyer promener tout le monde s’il veut conserver des relations interpersonnelles et, un jour, perdre sa virginité. 

Source(s) image(s):
ScreenJunkies

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