BORNES ÉLECTRIQUES

L'étape la plus importante dans notre développement personnel, la chose à faire pour être enfin libre de nos chaînes, est également la chose la plus difficile à accomplir pour un homme. Se détacher du regard des autres, se foutre de ce qu'ils pensent de nous, c'est difficile, mais inévitable, pour devenir un homme meilleur.

Arriver à se foutre complètement de ce que les gens pensent de nous est le travail d'une vie. Un dur labeur constant, dès le moment où l'on sort de chez soi et que l'on est confronté à d'autres êtres humains.

Depuis qu'on est petits, on est esclaves des autres. De véritables machines, dont les boutons sont pressés matin et soir, en passant par le midi et par la baise de la nuit. Sans arrêt, les gens nous parlent, nous critiquent, nous jugent et nous donnent leurs opinions personnelles sur nos agissements ou nos comportements. Bien qu'il ne faille pas faire la sourde oreille ni évoluer dans un monde fermé et à sens unique, il ne faut pas non plus, surtout pas, prendre ce que les gens disent pour « du cash ».

Il est important de se rappeler ce que valent vraiment l'opinion et le jugement d'un homme. Sur Terre, en ce moment, il y a environ 7 milliards d'êtres humains. Des milliards de têtes, d'opinions, d'expériences, de valeurs et de vécus différents. Un homme, sur la totalité de l'opinion de la planète, ça vaut moins que 1 %. Beaucoup moins que 1 %. Il est donc complètement absurde et illogique de tenir l'opinion d'une seule personne pour acquis, entendons-nous. Cependant voilà, l'être humain n'est pas logique; l'être humain est émotionnel. Non, ce ne sont pas que les femmes qui sont émotionnelles, les hommes aussi; tout le monde en fait.

Ce qui est important de faire, ce n'est pas de ne plus écouter les gens lorsqu'ils vous jugent, vous critiquent ou vous donnent leur opinion. Ce qui est important, c'est de déconnecter la réaction émotionnelle que vous vivez au moment où ils vous parlent. En gros, d'arrêter d'être frustré, d'être triste, de vous remettre en question entièrement, juste parce que quelqu'un vous juge. On s'en fout de ce que Monsieur Untel pense de vous.

 

MAIS IL Y A UN PIÈGE!

 

Eh oui, dans cette quête longue et pénible de l'extinction de notre petit ego (car c'est tout ce que c'est) se trouve un piège dangereux dans lequel trop de personnes tombent lorsqu'elles tentent de se détacher de l'opinion des autres. Parce que quand je dis « se détacher de l'opinion des autres », je veux dire : au complet. Et cela inclut non seulement les insultes et commentaires négatifs, mais aussi, et c'est là où plusieurs oublient de travailler, les compliments et les commentaires positifs.

La plupart des gens qui n'arrivent pas à se détacher de l'opinion d'autrui, ces robots qui sont manœuvrés comme des incapables par la manette du peuple, n'y arrivent pas parce qu'ils oublient de se détacher des compliments des autres. Parce que sourire bêtement, tout fier, quand quelqu'un vous fait un petit compliment, c'est de l'ego aussi, exactement au même titre que lorsque le petit garçon pleure quand on le traite de petite merde. On a l'impression que c'est mieux, puisqu'on ne ressent rien de négatif en nous, que cela ne nous rend pas en colère ou triste, mais c'est du pareil au même. C'est nous qui avons décidé de considérer la fierté et les compliments plus valeureux que la tristesse et les insultes, mais si on regarde cela de plus loin, hors de notre ego humain, théoriquement, c'est la même chose.

Quelqu'un parle ----> Vous êtes touché émotionnellement.

On appuie sur un bouton et la machine se met en marche, en bien ou en mal. Là est le problème. Le problème, ce n'est pas votre faculté à retenir votre colère ou à ne pas brailler en public. Votre problème, c'est votre lien émotionnel à ce que les autres pensent de vous. Votre réaction émotive par rapport aux élément extérieurs.

Il faut vous libérer de cela. Votre bonheur ne doit pas venir de l'extérieur. On s'en fout qu'un inconnu aime votre dessin ou votre nouvelle voiture. Tant mieux pour lui. On s'en sacre.

Le problème, c'est que la plupart des gens pensent, à tort, que le bonheur est un état qui survient selon les variables environnantes, quelque chose qu'on « obtient » (merci capitalisme), alors que cela devrait être notre état NORMAL, initial, constant. Être heureux n'est pas une émotion, une réaction, ce n'est pas un sentiment. C'est un état, un choix, une façon de vivre.

Et non, on « n'atteint » pas le bonheur. Ce n'est pas une lumière en haut d'une colline ni une récompense pour avoir travaillé sur soi. On ne « devient » pas heureux. Si vous pensez qu'un jour tous vos problèmes seront résolus par magie et que vous pourrez « enfin » être heureux, eh bien vous allez prendre une méchante « débarque »! Déjà que si vous voyez le bonheur comme quelque chose à obtenir, eh bien c'est vous dire à vous-même que vous n'êtes pas heureux, encore et encore. Si j'ai une maison, je ne ressens pas le besoin de m'en acheter une.

 

HEY! Réveillez-vous!

 

On est rendus à un point dans notre société où on a l'impression qu'il faut FAIRE quelque chose pour être heureux. Comme si le bonheur était une sorte de promotion. Sortez-moi cette bullshit matérialiste occidentale de votre tête et réalisez ce que vous faites. Vous ÊTES heureux, MAINTENANT, hier, demain, tout le temps, point final.

Ensuite, il ne vous suffit plus qu'à vous détacher petit à petit du regard des autres. C'est très faisable. Cependant, ça l'est uniquement si vous le faites « au complet » et si votre bonheur vient, non pas des compliments des autres humains, mais de vous. Voyez cela comme un feu qui doit brûler de l'intérieur et qui se transmet dans vos actes.

En bref et en bon québécois, je termine en vous disant, mes amis :

ce que pensent les autres, bien ou mal, on s'en câlisse. Il serait peut-être temps que vous le réalisiez.

Source(s) image(s):
Brittany Slayton

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