« Whitewash : l’homme que j’ai tué » est le premier long métrage du cinéaste Emanuel Hoss-Desmarais. Il était assez attendu des cinéphiles puisqu’il a déjà remporté quelques prix prestigieux, dont récemment le prix Claude-Jutra de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision. Est-ce que l'attente en valait la peine?

Marc Labrèche est de retour!

Je dois avouer que cette production suscite mon intérêt depuis un petit bout déjà, et ce, avant même qu'elle ne remporte des prix. Pourquoi? Tout simplement parce qu'elle met en scène Marc Labrèche, un acteur que l’on voit à mon sens trop peu au grand écran. J'étais heureux de revoir l'homme derrière Les Bobos au cinéma, et ce, même s'il ne tient pas le rôle principal.

Cette tâche revient plutôt ici à Thomas Haden Church (superbe voix grave de narrateur), un acteur américain connu notamment pour son rôle de l'Homme-Sable dans Spider-Man 3. Dans Whitewash : l’homme que j’ai tué, il change totalement de registre en incarnant Bruce Landry, un chauffeur de déneigeuse travaillant dans ce qui semble être un petit village du nord du Québec.

La vie de Bruce est toutefois bouleversée lorsqu’un beau soir, il percute dans la rue un homme avec son petit véhicule jaune. Ne voulant pas appeler les secours, il préfère enterrer le corps sur le bord de la route et prendre la fuite avec sa déneigeuse.

Le lendemain, il se réveille au beau milieu de la forêt. Perdu, gelé, il devra tenter de tout faire pour survivre et venir à bout de Dame Nature. Cependant, ce n’est pas elle son plus grand ennemi. Il devra, en effet, faire face à un adversaire beaucoup plus sournois : la culpabilité.

Plus les jours vont passer et plus il va perdre la carte. Plus d’une fois il va s’imaginer discuter (et se défendre) avec des agents de police l’interrogeant sur ce qu'il vient de faire. La forêt va devenir son purgatoire et peut-être même son tombeau.

On ne le sait pas au début, mais l’homme qu’il a frappé n’était pas qu’un simple passant. Il s’agit de Paul Blackburn (Marc Labrèche), un homme avec qui il s’était depuis peu lié d’amitié.

Plusieurs retours en arrière, parsemés ici et là, vont nous en apprendre plus sur leur relation. Chaque flashback a sa pertinence dans l’histoire. Ce qui est bien, c’est que chaque fois, notre perception à l’égard de leur relation (et des deux hommes) change. Si, au début, on considère Paul comme une victime et Bruce comme un agresseur, les dernières minutes du film nous font prendre conscience du contraire. 

À mon avis, les retours en arrière étaient nécessaires pour éviter au spectateur d’avoir l’impression, à la longue, que le film ne tourne trop en rond. Sans cela, le long métrage aurait manqué assurément de dynamisme. Au final, on peut quand même lui reprocher d'avoir quelques longueurs ici et là. Certains pourraient aussi trouver que l'on fait trop dans l'introspection. 

Pour enlever de la lourdeur au tout, le cinéaste a eu envie de le truffer d'humour noir. Personnellement, je trouve que c'est une très bonne idée. J'en aurais même redemandé!

Verdict

Les films mettant en scène un homme qui doit se battre contre les éléments ne datent pas d’hier; on peut citer Seul en mer ou encore Seul au monde. Toutefois, avec Whitewash : l’homme que j’ai tué, Emanuel Hoss-Desmarais va un peu plus loin en nous racontant l’histoire d’un homme qui décide de s’isoler seul pour venir à bout de sa culpabilité. Le cinéaste nous prouve avec brio que le plus grand ennemi de l’homme n’est pas la faim, la soif ou le froid, mais bien lui-même.

Cote : 3 étoiles sur 5 

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Les films Seville

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