BORNES ÉLECTRIQUES

Si vous vous promenez souvent sur YouTube, peut-être que le nom de Patrick Boivin vous dit quelque chose. Avec ses vidéos « stop motion », il est devenu une véritable vedette sur la Toile. Son dernier projet, « Bunker » est un peu plus conventionnel puisqu'il s'agit d'un long métrage conçu pour être regardé dans une salle de cinéma et non pas devant un ordinateur.

Un bunker perdu

Comme on pouvait s'en douter avec un titre pareil, Bunker raconte l'histoire de deux soldats qui sont affectés dans un bunker situé dans le nord du Québec et datant de la guerre froide. En tout, ils devront y passer six mois et attendre que l'alarme se déclenche pour lancer une riposte nucléaire qui ferait possiblement des milliers, voire des millions de morts dans l'ancienne URSS.

Tremblay (stupéfiant Martin Dubreuil) est ce que l'on peut appeler un vétéran. C'est loin d'être sa première affectation au bunker. D'ailleurs, il ne prend pas trop ça au sérieux et considère même cela comme des vacances. Il passe le plus clair de son temps à pêcher, chasser et boire.

Gagnon (Patrice Robitaille) est tout le contraire de son collègue. À cheval sur les règles, il voit ça comme un vrai travail, surtout qu'il s'agit de sa première visite.

Un bon jour, l'alarme se met à retentir, ce qui provoque un réel bouleversement auprès des deux soldats. Vont-ils suivre les ordres ou plutôt déserter?

Un film à huis clos ou presque

Depuis l'annonce de cette production, j'avoue l'attendre avec une certaine impatience. Les films à huis clos se déroulant dans un univers militaire ne sont pas chose courante au Québec.

Il importe toutefois de dire que, contrairement à d'autres longs métrages du genre, le sentiment d'étouffement ou même d'oppression est bien moindre, du fait que l'action ne se passe pas seulement dans le fameux bunker. Les deux soldats sortent régulièrement à l'extérieur.

Malgré la présence d'autres acteurs comme Julien Poulin, l'intrigue se focalise presque uniquement sur le duo. Petit à petit, on va assister à l'évolution de sa relation. Si les débuts sont difficiles, les deux hommes vont finir par apprendre à se connaître et, ultimement, à se faire confiance, du moins en partie.

Ainsi, la majorité du long métrage se concentre sur les liens que vont tisser les deux personnages. Il est intéressant de les voir évoluer au fil des jours et des semaines, mais parfois, ça peut paraître redondant. L'élément déclencheur – l'alarme qui sonne – m'a semblé arriver beaucoup trop tard, ou encore, les éléments le succédant pas assez longs. En fait, les dernières minutes du film m'ont semblé manquer un peu d'intensité. J'aurais aimé voir davantage les militaires se remettre en question. Le tout m'a paru avoir été traité avec un peu trop de légèreté. 

Heureusement, les décors et les lieux choisis pour le tournage de Bunker ne déçoivent pas. Certaines scènes se déroulant sur une rivière et ayant comme arrière-plan les montagnes représentent à merveille la beauté des paysages québécois. On est à mille lieues de ce que nous offraient Whitewash : l’homme que j’ai tué  et aussi Chasse au Godard d'Abbittibbi. L'hiver n'a jamais eu aussi belle allure!

L'intérieur du bunker, même s'il date d'une autre époque, m'a paru très convaincant. Minuscule, froid et parfois même glauque, on n'aurait pas pu trouver mieux pour un huis clos.

Verdict

Visuellement sans reproche et pouvant compter sur un duo d'acteurs convaincant, Bunker manque hélas un peu d'intensité pour que l'on puisse croire véritablement au combat intérieur auquel doivent faire face ces deux protagonistes qui détiennent le pouvoir de déclencher une guerre nucléaire.

Cote : 3,5 étoiles sur 5 

 

Bunker prend l'affiche le 7 mars prochain.

Source(s) image(s):
Les Films Seville

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