S’il y a un film qui fait actuellement jaser, c’est sans aucun doute « Nymph()maniaque » (version française de « Nymph()maniac ») de Lars Von Trier (« Dogville », « Antichrist », « Melancholia »). La dernière oeuvre du controversé réalisateur danois arrive finalement chez nous. À quoi doit-on s'attendre?

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Deux fois plutôt qu'une

L’oeuvre présentée sur les écrans québécois n’est pas la version intégrale, comme aime à nous le rappeler un message présenté avant le film. En effet, au Québec, comme dans d’autres pays d’ailleurs, le long métrage est diffusé en deux volumes. Il faut dire que les deux films ensemble ont une durée impressionnante de 4 heures (110 minutes pour le volume 1 et 130 minutes pour le volume 2)!

Avec un titre comme ça, on comprend rapidement pourquoi Nymph()maniaque sème la controverse. Joe (Charlotte Gainsbourg) est retrouvée blessée dans une ruelle par Seligman (Stellan Skarsgård). Comme elle ne veut pas aller à l’hôpital, il décide de l’amener chez lui. Rendue là, la femme lui confie qu’elle est nymphomane. Puis, elle commence à raconter l'histoire de sa vie en huit chapitres. 

Sexe, sexe et encore du sexe

Même si la version présentée chez nous est probablement plus « douce » que la version intégrale, elle n'en demeure pas moins remplie de scènes de sexualité explicite mettant en vedette, bien évidemment, le personnage principal. Par contre, il importe de préciser que tout au long du premier volume, le protagoniste est joué par Stacy Martin et non pas Charlotte Gainsbourg. Ça risque de décevoir les adeptes de la fille de Serge Gainsbourg, mais d'un autre côté, cela apporte plus de véracité au récit. Voir l’actrice de 42 ans interpréter une femme de 18 ans aurait semblé moins crédible. 

Il y a donc beaucoup de scènes de sexe cru où l’on voit des seins, des fesses, des vulves et des pénis en érection. Mais attention! Même s’il prend des allures de film xxx, Nymph()maniaque n’est pas non plus un vrai film pornographique dans lequel on enchaîne les scènes de sexualité sans vraiment de cohérence. 

Mais pas juste du sexe!

Au-delà de toute cette chair nue, il y a une histoire; une histoire même plus intéressante qu’il n’y paraît. Le long métrage demande tout de même beaucoup de patience au spectateur qui devra faire preuve de ténacité, surtout lors de la première heure où il aura peut-être envie de quitter le navire (le début est plutôt aride). Le rythme est aussi beaucoup plus lent qu’un film ordinaire, mais après tout, Nymph()maniaque n’est-il pas la création d’un cinéaste qui se définit lui-même par la singularité de son oeuvre? 

Même si 4 heures de cinéma peuvent sembler interminables, je vous suggère de regarder les deux volumes l’un après l’autre. Vous aurez ainsi une meilleure vision de ce que voulait nous transmettre Lars Von Trier. Sans vous révéler les tenants et les aboutissants, disons simplement qu’au fil de ses discussions avec Seligman (les retours en arrière sont coupés par les nombreuses discussions philosico-scientifiques sur la vie entre les deux protagonistes), Joe va apprendre plusieurs choses sur sa dépendance et surtout sur elle-même (on assiste à une belle évolution psychologique de l'héroïne, qui nous semble crédible). Pour une fois qu’un homme l’écoute sans avoir envie (vraiment?) de coucher avec elle! 

De l'humour aussi!

D’ailleurs, elle décrit sa vie avec beaucoup d’originalité et même avec de l'humour (noir ou de second degré, c'est selon). Par exemple, au début du film, elle raconte qu’avec son amie, elle s’amusait à coucher avec le plus d’hommes dans un train. La gagnante de ce défi remportait... un sac de bonbons! Eh bien, elle finit par comparer cette expérience à la pêche à la mouche! 

Mais à mon sens, la comparaison la plus incongrue qu’elle fait est le rapprochement entre une pièce d’orgue de Bach et aux trois amants qu’elle avait à une époque. L’un avait le rôle de la pédale de l'instrument à clavier, l’autre de la main gauche et le troisième prenait la place de la main droite. Il fallait le faire!

Ces deux situations ne sont que des exemples parmi tant d’autres des comparaisons tantôt intelligentes, tantôt douteuses dont est rempli Nymph()maniaque

Et je pense que c’est là que la bât blesse. Si certains trouveront ingénieuses toutes ces analogies, d’autres n’y comprendront pas le sens. Et mis à part ses scènes de sexualité explicite, c’est là que le film risque de diviser. Par ailleurs, si vous allez voir ce film dans la seule intention de voir nues des stars hollywoodiennes, je vous dirais de passer votre tour. Vous risquez de trouver le temps long.  

Verdict

Nymph()maniaque est le film controversé que l’on attendait. Il ne fera pas l’unanimité, mais il a le mérite de provoquer. N’est-ce pas là l’un des objectifs de l’art? 

 

Cote : 3,5 étoiles sur 5 

 

NYMPH()MANIAQUE Volume 1 et NYMPH()MANIAQUE Volume 2 prennent l'affiche le 21 mars 2014.

Source(s) image(s):
Metropole Films

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