S’il y a une chose qui incarne bien la culture québécoise au printemps, c’est bien la cabane à sucre. Les traditions que l’on perpétue dans la très courte période du temps des sucres nous proviennent tout droit, pour la plupart, du XIXe siècle et incarnent le Québec rural de cette époque. Le Québec produit à lui seul plus de 70 % de tout le sirop d’érable mondial, ce qui en fait le porte-étendard de la culture acéricole partout dans le monde. Voici donc les principales traditions liées à la fameuse cabane à sucre, reflet de la culture profonde québécoise.

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Une sortie à la campagne

Pour la grande majorité des gens qui se précipite à la cabane à sucre et qui vit à la ville, il s’agit d’une rare occasion dans l’année de se ressourcer dans un milieu campagnard, dans la nature. C’est le temps où l’on sort ses vieux vêtements et ses bottes d’eau pour aller marcher dans le bois et prendre l’air de la campagne. Plusieurs cabanes offrent aussi la possibilité de faire des tours de traîneau tiré par un team de chevaux. Les acériculteurs les plus traditionnels qui récoltent l’eau à la chaudière peuvent vous amener quérir l’eau dans la sucrerie.

La culture traditionnelle de la cabane à sucre

Il y a des traditions incontournables liées à une partie de sucre qu’on ne voit qu’au temps des sucres. L’image qui nous vient en tête est souvent la chemise à carreaux du patron qui reçoit ses invités au son de l’accordéon ou du violon pour faire chanter des chansons traditionnelles, ou encore d'une visite au bassin d’évaporation, chauffé souvent avec de la croûte de pruche, question de humer la vapeur sucrée de l’eau d’érable qui bout et de boire un p’tit verre de réduit aromatisé au « gros gin »… un must!

La bouffe de cabane

Évidemment, qui dit cabane à sucre dit bouffe! Tous se tassent autour de grandes tablées pour se remplir la panse. Et là, il faut oublier, le temps d’un repas, le régime et les calories. Comme il y a 150 ans, le menu se compose de « bines » au sirop d’érable, de jambon, d’oreilles de crisse, d’œufs dans le sirop, de crêpes et, pour dessert, de beignes et de grands-pères dans le sirop d’érable (ça c’est cochon!). Vous mangez trop? Changez de trou de ceinture, y a encore de la place! Dans l’après-midi, on a droit à la très attendue tire sur la neige où on lèche la palette. Sans compter le sucre d’érable qu’on peut se faire sur place avec les restes de la tire trop cuite. On ajoute une poignée de « pinottes » salées dedans et on brasse… délicieux! Le sucre d’érable était, pour nos ancêtres, une source de sucre importante pour l’année à venir et il était vendu en pain de sucre ou moulé dans des moules de bois de toutes formes; de vraies œuvres d’art! Sans compter que le sirop d’érable a des vertus antioxydantes reconnues, donc il est bon pour la santé!

Moule de sucre d'érable en bois datant de la Nouvelle-France. 

Traditions et plaisir!

Pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable en amenant la famille à la cabane à sucre, question de se retremper dans l’une de nos plus belles traditions québécoises et d’avoir du plaisir? La cabane à sucre est aussi une excellente activité d’intégration pour les immigrants qui souhaitent s’imprégner de notre culture de façon fort agréable. La plupart des cabanes à sucre offrent en ce sens des menus qui conviennent aux néo-Québécois musulmans qui ne mangent pas de porc, mais qui ont le goût de vivre l’expérience de la cabane et de se sucrer le bec. Bon temps des sucres à tous!

Liens :

cabaneasucre.org

suite101.fr

www.wikipedia.org

Source(s) image(s):
partie de sucre d'antan
moule en bois
traîneau

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