La crise qui secoue actuellement la Crimée est pour le moins inquiétante; les perspectives d'un conflit armé avec notre ancien ennemi de la guerre froide refont surface avec l’annexion par la Russie de cette région qui fait partie de l’Ukraine. La Russie invoque sa volonté de protéger une grande population russophone qui vit en Crimée pour justifier cette invasion. Cette façon de faire et de penser ne peut que nous ramener presque 80 ans en arrière tant la similitude est frappante avec une situation semblable en Europe et qui, malheureusement, s’est soldée par la Seconde Guerre mondiale. Où la Russie va-t-elle s'arrêter?

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Le pangermanisme et l’Anschluss

Avant la Seconde Guerre mondiale, l’idée d’unifier les Européens germanophones, c’est-à-dire qui parlent allemand, est née au XIXe siècle. Otto von Bismark fut l’un des artisans qui unifia l’Allemagne. Adolf Hitler voulut pousser encore davantage l’unification de tous les germanophones avec l’Anschluss, en procédant à l’annexion de l’Autriche, puis de territoires voisins qui comptaient justement une forte population de gens parlant l'allemand, dont la région des Sudètes en République tchèque en 1938. Tout cela se faisait évidemment dans un but noble : protéger les minorités linguistiques allemandes dans les pays voisins de l’Allemagne. Hitler avait alors assuré aux grandes puissances européennes que l’Allemagne se contenterait de cette annexion et que la paix durerait 1000 ans! Un an plus tard, l’Allemagne envahissait la Pologne et on sait ce qui s’en est suivi…

La nostalgie de l’Empire russe et de l’Union soviétique?

La crise actuelle en Crimée nous montre une situation fort semblable, mais avec des acteurs différents. Loin de moi l’idée aussi de comparer le président Poutine à Hitler, aussi antipathique soit-il. Mais la Russie pose des gestes, depuis quelque temps, qui ne sont pas sans rappeler le pangermanisme de l’avant-guerre; elle ne veut que protéger les minorités russophones qui seraient menacées en Crimée! Il faut dire que les Criméens de langue russe représentent près de 60 % de la population, mais ça ne légitime pas cette annexion par la Russie. Cette dernière poursuit, on s’en doute, le but de refaire son image de pays dominant dans le monde, rôle qu’elle a un peu perdu avec la fin de l’Union soviétique au début des années 1990. Elle cherche à ramener dans son giron les anciennes républiques soviétiques, et le prétexte de la protection des russophones est parfait pour servir ce but; le rattachement de la Crimée à la Russie cette semaine s'inscrit dans cette optique. Mais où s’arrêtera-t-elle?

Les troupes de l'armée russe occupent la Crimée.

L’histoire se répète…

Où s’arrêtera la Russie? La question mérite qu’on se la pose puisqu’il existe encore plusieurs régions de pays bordant la Russie qui ont des minorités russophones. Parmi les principaux pays visés, il y a la Lettonie (qui nous a donné du fil à retordre au hockey aux Olympiques de Sotchi!) avec 29 % de la population qui est russophone. Il y a aussi l’Estonie avec 26 %, la Moldavie avec 13 % et rappelons qu’en Ukraine, il y a 17 % de russophones! Soyons donc attentifs à la situation en Europe de l’Est, mais gardons-nous d’être trop alarmistes; les États-Unis et l’Europe (voir l’OTAN) sont une bien meilleure garantie à une expansion russe que ne l’étaient la France et la Grande-Bretagne à la fin des années 30. L’ancien président soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, n’est pas non plus en accord avec cette annexion de la Crimée. Comme quoi il y a encore de l’espoir…

Liens :

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