J’ai un ami qui est en fauteuil roulant... Un soir, il s’est endormi au volant de sa voiture et lorsqu’il s’est réveillé, il ne pouvait plus avancer par ses propres moyens! Samedi dernier, j’ai pensé à cet ami alors que j’étais face à mon destin dans la très accueillante ville de Montréal : celui de me stationner en parallèle!

Ben oui, je suis ce qu’on appelle un « redbec » (mutation entre un redneck et un habitant de Québec) et ce genre de stationnement ne fait pas partie de mon quotidien, mais je me devais de le faire. J’étais devant le superbe appartement de ma nouvelle amie et mon cœur battait très fort. Oui, par amour… mais surtout parce que je savais qu’elle m’attendait depuis quelques minutes et qu’elle regardait par la fenêtre. Bref, je devais donner une prestation olympique, le stationnement des stationnements. Prouver à cette femme de rêve que j’étais le mâle alpha et qu’avec ce stationnement, je confirmais par le fait même que j’étais un bon amant. Oui oui, vous avez bien lu… Tout passe par le stationnement, je crois!

Si je me stationne de façon rapide et croche, elle va penser que je fais l’amour de la même façon. Si je me stationne de façon lente et incertaine, elle va penser que je manque de confiance en moi! J’hésite… il n’y a pas beaucoup d’espace entre la butte de neige et la voiture pour me garer. Je me décide : j’irai selon ma propre façon bout’cri#$*e! Au diable la fierté, je laisse ça aux gens qui n’ont pas de conscience! Je n’ai pas envie de me mettre dans les frais en frappant le pare-chocs de la Mercedes derrière moi et encore moins de faire un remake du Titanic en heurtant l’iceberg devant moi! Je suis nerveux… j’ai chaud! De la buée commence à apparaître dans mes vitres… Rien pour m’aider! Je me lance…

BIIIIIIIIIIIIIIIIIIP!

Une voiture derrière moi me klaxonne déjà, car je suis dans sa voie et je l’empêche de tourner à gauche… Stress no 2! Je serre le volant de mes mains comme si ma vie en dépendait… Calme-toi Mike! La déesse de tes fantasmes t’attend dans un bain de pétales de roses au deuxième étage, ne gâche rien! Je me lance encore… Trop à gauche! Je dois me reprendre… Encore! Zut! Un peu trop à l’extérieur, je dois recommencer!

BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIP!

Heille lui là! Je klaxonne à mon tour, comme si j’étais un lion dans la jungle qui répondait à un autre prédateur. Sauf que j’ai une Mazda 3 gris pâle…ça sonnait plutôt comme un cri de hyène mortellement blessée! L’autre voiture ne bronche pas! L’ombre sexy du deuxième a disparu… oh non! Elle me juge déjà et hésite entre son vibrateur et moi! Stress no 3! Calme-toi, je me répète… Il n’y a que les perdants qui abandonnent. J’essaie à nouveau… Trop près du banc de neige… Grrrrr!

BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIP!

Là, tabarn..#@$&*, ça va faire! Je débarque en furie de ma voiture et me précipite du haut de mes 6 pi, 235 lb vers la Volvo noire derrière moi… La personne baisse sa fenêtre. C’est une femme dans la cinquantaine qui me lance : « Coudonc jeune homme, êtes-vous handicapé mentalement? » À ce moment même, je vous le jure… j’ai eu le goût de tuer! Finalement, j’ai décidé de tuer avec mes mots…

« Heille, tu te prends pour qui le fossile archéologique? La grand-mère de Jacques Villeneuve? Hein? Hein? Toi pis ton maudit klaxon qui sonne comme un pet de singe!!! Tu m’entends-tu quand je te parle ou bien tu as des cataractes jusqu’au fond des oreilles? »

Je suis fâché big time! Je crie tellement que même le Mickey Mouse sur mon t-shirt s’est sauvé en courant! J’entends une voix derrière moi : « Ça va maman?!? » QUOI? Ben oui, la dame en question était ma nouvelle belle-mère… Elle sort de sa voiture, embarque dans ma Mazda et la stationne du premier coup… like a boss! Comme l’aurait fait Jacques Villeneuve lui-même…

On est tous entrés ensemble… Ma copine n’était pas vêtue de dentelles… Aucune pétale de rose dans le bain… Juste un souper pas trop parfait avec une jolie demoiselle que j’aime beaucoup, sa « trop parfaite » de mère et un gars qui se sentait aussi coincé que dans une chaise roulante. Incapable d’avancer par moi-même sur quoi que ce soit! J’espérais me réveiller, mais le regard moqueur que me lance mon amie au bout de la table me rappelle à quel point je l’ai amusée avec cette anecdote… Et comme le fameux dicton le dit : « Femme qui rit est à moitié dans ton lit… ». C’est tellement vrai! Suffit juste de trouver l’autre moitié maintenant…

Source(s) image(s):
Lessard 2014 (c)

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