Maintenant que le troisième tome de « Zombillénium » vient de paraître chez Dupuis, il est temps de faire un retour sur cette populaire série créée par le bédéiste français Arthur de Pins.

Un parc pas comme les autres!

Zombillénium est, à première vue, un parc d’attractions comme les autres. Il est rempli de manèges et de kiosques dont le but est de divertir et, surtout, de faire peur aux visiteurs. Mais contrairement à tous les autres parcs d’attractions au monde, celui-là embauche de vrais monstres comme des zombies, des loups-garous ou encore des vampires. Aussi, immortalité oblige, les employés signent des contrats jusqu’à la fin des temps. Ils ne peuvent pas démissionner et encore moins quitter le parc de leur plein gré. 

Évidemment, les visiteurs n’ont aucune idée de ce qui s’y passe vraiment. Tous ont la certitude que les monstres sont en fait des acteurs déguisés. Ce qu'on ne sait pas ne fait pas mal, après tout...

Un nouveau venu

Les trois premiers tomes nous permettent de suivre les aventures d'Aurélien Zahner. L’homme, déprimé, a été accidentellement frappé par un véhicule conduit par Francis Von Bloodt, directeur d'exploitation du parc et vampire, et Sirius Jefferson, un squelette. Mordu, Aurélien se transforme en démon. 

Si l’intrigue tourne surtout autour de cet homme, plusieurs planches se consacrent également sur le cas de Gretchen Webb, une sorcière anglaise qui travaille également pour Zombillénium. Plus le lecteur progressera dans sa lecture et plus il découvrira que cette jeune femme cache quelque chose. 

Dans le dernier tome paru en librairie, Control Freaks, les employés du parc sont confrontés à un changement de direction. Francis est, en effet, forcé de laisser sa chaise de directeur à Jaggar, un vampire qui ne fait pas dans la dentelle. Sous prétexte d’améliorer la rentabilité du parc, il souhaite supprimer la règle la plus importante de Zombillénium, celle interdisant les employés de tuer des visiteurs. Bien sûr, ce changement de cap ne fera pas plaisir à tout le monde.

Le dessin au service de l'histoire

Avec des dessins réalisés exclusivement par ordinateur, les albums d’Arthur de Pins se démarquent de ce qui se fait ailleurs. À la frontière de la caricature, les personnages sont reconnaissables par leurs traits disproportionnés (les yeux et le nez surtout) qui rappellent souvent South Park. De leur côté, les environnements, par leurs nombreux détails qui leur donnent une allure très réaliste, ne sont pas en reste. 

Il serait même judicieux de dire que les dessins jouent un rôle de premier plan, notamment pour faire progresser l’intrigue. Étant donné qu'il y a peu de texte, le lecteur doit souvent se rabattre sur l’image pour comprendre l’action. Remarquez ce que n’est pas désagréable. Les dessins sont magnifiques. 

Même si la prémisse de Zombillénium est assez glauque, la série est tout le contraire d’un roman d’épouvante. Elle est remplie d’humour. Elle tourne même en dérision pas mal de séries télé et films à la mode mettant en vedette des créatures maléfiques. 

Sans dire qu’il s’agit d’une série ultra-sanglante, certaines cases tombent dans l’humour noir. On assiste ainsi à des meurtres ou encore à différents sévices comme une décapitation. Ces situations ne choquent pas outre mesure étant donné que le dessin demeure assez caricatural. 

Bref, Zombillénium est une série que j’aime beaucoup et qui vaut le détour. Son univers original, son grand sens de l’humour et ses personnages hauts en couleur vous feront tomber sous son charme. Attention seulement de ne pas devenir un des employés de ce drôle de parc…

Source(s) image(s):
Dupuis

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