BORNES ÉLECTRIQUES

La nutrition est une science très populaire. Avec tous les problèmes de santé relativement nouveaux en raison de notre nouvelle alimentation industrielle, nous cherchons des réponses et de nouvelles voies à suivre. Toutefois, certains mythes sont parfois véhiculés et deviennent très ancrés. En voici 5 qui méritent que nous nous y attardions.

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Les œufs sont mauvais pour nous à cause du cholestérol qu'ils contiennent

Faux! Il est vrai que le jaune d’œuf contient beaucoup de cholestérol (environ 212 mg). Toutefois, il faut comprendre que seulement 30 % du cholestérol sanguin provient de l’alimentation. Le reste est fabriqué par le foie. Un taux de cholestérol élevé est donc influencé par une mauvaise alimentation en général, comme une diète riche en sucre. Une étude publiée dans le British Medical Journal montre qu’une consommation élevée d’œufs n’augmente pas les risques d’infarctus ni les risques d’AVC. En fait, elle pourrait même les diminuer. Rappelons que l’œuf est l'un des aliments les plus complets.

 

Toutes les huiles végétales sont bénéfiques

Faux! Il est vrai que les acides gras polyinsaturés protègent contre les maladies cardiovasculaires. Toutefois, certains sont meilleurs que d’autres. C’est le cas des oméga-3 et des oméga-6. L’important entre les deux, c’est le ratio. Les oméga-6 sont pro-inflammatoires, tandis que les oméga-3 sont anti-inflammatoires. Nous avons besoin des deux, mais dans un ratio d’environ 4 pour 1. Or, notre alimentation moderne est riche en oméga-6 et pauvre en oméga-3, ce qui fait que le ratio se rapproche plus de 20 pour 1. Nous avons peut-être ici la raison de l’augmentation importante des maladies inflammatoires. Les oméga-6 se trouvent dans l’huile de maïs, de tournesol et de soya, tandis que les oméga-3 se trouvent dans l’huile de lin, de noix et de poisson.

Manger gras fait nécessairement engraisser

Il est vrai que le gras est calorique; plus calorique que le sucre et les protéines par gramme. Toutefois, notre alimentation moderne est riche en gras, mais aussi en sucre. La relation entre le gras corporel et le gras alimentaire n’est pas directe. Dans l’organisme, les sucres ingérés en grande quantité peuvent être transformés en gras et être mis en réserve ainsi. Les régimes faibles en gras ou en sucre semblent fonctionner à court terme, pourvu qu’ils soient hypocaloriques. Contrairement à ce qui est véhiculé, les gras ne sont pas nos ennemis. Ils augmentent la satiété, forment plusieurs hormones et font partie de chacune de nos cellules.

 

Manger des aliments « allégés » est bon pour la santé

Archi-faux! Ces aliments créés dans un but uniquement marketing cachent souvent autre chose. Souvent, si on inscrit « faible en gras », c’est qu’on y a ajouté plus de sucre ou de sel (ou les deux). En diminuant le gras, ces produits se vantent d’être moins caloriques, ce qui est vrai. Mais les différences sont souvent minimes. Des études montrent même que nous ingérons souvent plus de calories avec ces produits allégés. L’être humain étant ce qu’il est, on s’autoriserait inconsciemment à manger plus de produits allégés justement parce qu’ils sont allégés.

 

Nous avons absolument besoin du lait pour être en santé

Faux. Environ 70 % des êtres humains seraient intolérants au lactose. En fait, la capacité à le digérer à l’âge adulte représente une mutation génétique en soi. Des cuisines traditionnelles, comme les cuisines asiatiques, ne contiennent presque aucun produit laitier. Assez curieux que les pays où l’on consomme le plus de lait sont les pays ayant un plus haut taux d’ostéoporose, n’est-ce pas? Récemment, des études montrent que la consommation de laitages augmenterait le risque de cancer de la prostate. Je ne pense pas toutefois que les produits laitiers sont nécessairement néfastes, mais je pense qu’il est possible de ne pas en consommer et d'être en parfaite santé. Il est vrai que le lait est un aliment très complet, mais ses nutriments, nous pouvons les trouver ailleurs. Par exemple, le calcium se trouve dans les graines de sésame, les légumes verts, les noix, etc.

Cette section vous est présentée par Grands Frères et Grandes Soeurs du Québec

 

- Rong Y. et al. « Egg consumption and risk of coronary heart disease and stroke: dose-response meta-analysis of prospective cohort studies », BMJ, 2013 Jan 7.

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