BORNES ÉLECTRIQUES

Le folklore québécois a gardé en mémoire des histoires de trésors enfouis à divers endroits du Québec. Qu’ils soient réels ou bien de pures inventions, ces supposés trésors n’ont laissé personne indifférent et des recherches très sérieuses ont même été entreprises afin de les retrouver. Voici donc cinq de ces trésors non trouvés qui font toujours rêver les chasseurs de trésors depuis plus de 200 ans dans certains cas.

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Le trésor de Roger

Le 4 octobre 1759, moins d’un mois après la bataille des plaines d’Abraham, le major Robert Roger et sa troupe de rangers incendient et pillent l’église et le village abénaquis de Saint-François-du-lac, à l’embouchure de la rivière Saint-François, sur les ordres du général Amherst aux fins de représailles. Parmi les objets qui furent volés dans l’église, il y aurait eu des vases sacrés en or, une statue de la Vierge en argent pur, des chandeliers en or et bien d’autres objets de valeur. Par contre, poursuivis par les guerriers abénaquis (absents lors du raid), les rangers ont connu une retraite précipitée particulièrement difficile. Ils affrontèrent les quelques Français et quelque 200 guerriers amérindiens qui les poursuivaient dans une embuscade leur ayant été tendue aux Grandes Fourches (centre-ville de Sherbrooke). Roger, afin de retraiter plus rapidement, aurait abandonné son butin en l’enterrant sur place. De nombreuses fouilles du site tout au long des XIXe et XXe siècles n’ont pas permis de trouver le fameux trésor de Roger, bien que le Stanstead Journal mentionne en 1949 que deux chandeliers en or furent retrouvés en 1816 à North Hatley! Un vestige de ce trésor?

 

Le coffre de Benedict Arnold

En 1775, la Révolution américaine est en marche et le commandant des forces américaines, le général George Washington, ordonne au colonel Benedict Arnold de se rendre à Québec et de prendre la ville. Il doit, pour ce faire, pénétrer en territoire ennemi en passant par le lac Mégantic et puis la Beauce, via la rivière Chaudière. Le trajet est un véritable enfer pour Arnold et ses hommes qui manquent rapidement de nourriture et de vêtements adéquats après avoir perdu presque toutes leurs embarcations. La seule qui leur reste est celle du colonel, mais dans un tournant de la rivière Chaudière, les rapides ne sont pas visibles et la chaloupe chavire (vis-à-vis de Saint-Martin de Beauce aujourd’hui), emportant avec elle les documents officiels et le coffre d’Arnold contenant 30 000 livres anglaises! Des plongeurs de Sherbrooke ont tenté de retrouver ce trésor en 1970, mais encore là, aucune trace de celui-ci!

 

L’or beauceron

Toujours dans la Beauce, on raconte qu’une fillette de 12 ans, Clothilde Gilbert, aurait trouvé accidentellement, dans la rivière Gilbert à Beauceville, une pépite d’or de la grosseur d’un œuf en 1834. Imaginez la fortune que cela devait représenter à l’époque! Cette découverte a déclenché la première ruée vers l’or du Québec, bien avant celle du Klondike. Encore aujourd’hui, l’exploitation minière aurifère en Beauce est bien vivante. Le camping de la Roche d’Or (où on allait camper quand j’étais petit!) rappelle cet épisode de la ruée vers l’or beauceron.

Le butin de la bande à Chambers

Charles Chambers était un voleur de grand chemin auquel s’étaient joints quelques voleurs et criminels pour se constituer en une bande de voyous dans les années 1830 sur la Côte-de-Beaupré. Ils détroussaient les voyageurs aux cris de « la bourse ou la vie ». Ils avaient accumulé au fil des ans un butin substantiel. Toutefois, sur le point d’être arrêtés en 1835, ils auraient caché leur trésor près de la rivière du Cap-Rouge et n’auraient pas eu le temps de retourner le chercher avant leur condamnation à mort. Ils furent plutôt envoyés en exil en Australie en 1837. Le trésor de la bande à Chambers serait-il toujours là?

 

Le trésor du lac Memphrémagog

Pendant la guerre de 1812, sur le lac Memphrémagog, il y avait un contrebandier du nom d’Uriah Skinner qui pratiquait la contrebande de marchandises par bateau entre le Canada et les États-Unis, deux pays en guerre. Skinner étant un excellent marin, les autorités n’arrivaient pas à capturer son rapide voilier rempli de marchandises ainsi que les revenus de celles-ci. Il avait établi un repaire sur une île au milieu du lac, laquelle est maintenant appelée l’île Skinner, et cachait son butin dans une caverne sur celle-ci.

Vue de l'intérieur de la caverne de l'île Skinner au XIXe siècle

Un jour, il alla s’y réfugier mais ne fut plus jamais revu. On raconte qu’en 1820, son repaire et son squelette furent retrouvés dans la caverne avec une partie de son trésor, l’autre partie de celui-ci étant encore cachée sur place. En raison du barrage érigé à la sortie du lac, le niveau d’eau de celui-ci a grimpé de deux mètres et la caverne est maintenant au niveau de l’eau, emprisonnant ce qui reste peut-être du trésor de Skinner.

Liens :

Cthibault.com

www.st-martin.qc.ca

townshipsheritage.com

www.vosorigines.yourroots.org

Source(s) image(s):
Trésor
Armée d'Arnold
Île Skinner

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