En matière de parodie des bandes dessinées de merveilleux héroïque, la série « Donjon » est un incontournable. « Donjon Crépuscule », l’une des séries dérivées de l’univers principal de cette licence, connaît actuellement un bon succès. Pour le plus grand plaisir des amateurs de cette série, le dernier tome, « Haut Septentrion », vient tout juste de paraître.

Haut Septentrion propose toujours ce monde fantastique éclaté et souvent absurde auquel les fans se sont maintenant habitués. Dans cet épisode 110 (il ne s’agit pas réellement du 110e tome; les tomes de Crépuscule sont simplement numérotés à partir de 101, car ils se déroulent après l’avènement du Donjon), nous retrouvons le Roi Poussière qui s’est mis dans la tête qu’il était temps pour lui de mourir héroïquement. Heureusement, son fidèle acolyte, Marvin le Rouge, n’est pas du même avis. Et de toute façon, ce n’est pas le moment de s’asseoir sur ses lauriers. Les îlots de Terra Amata sont en train de s’éloigner du noyau de magma et de l’atmosphère respirable. Il faut aussi finir par éliminer cette entité noire. 

Cet album offre donc toujours ce mélange bien dosé entre médiéval, science-fiction, action et humour. Lewis Trondheim et Joann Sfar ne s’autocensurent jamais, si bien qu’on a parfois l’impression qu’ils mettent tout ce qu’il leur a passé par la tête ou presque. Un exemple parmi tant d’autres : à un moment dans l'histoire, deux personnages au sexe opposé changent de corps. Et devinez ce que fait l’homme qui se retrouve dans le corps de la femme? Il se met à se tripoter les seins!

Étonnamment, cet humour sans filtre et souvent absurde rate rarement sa cible. En mettant son cerveau à off pendant quelques minutes et en acceptant que cet album rit un peu (beaucoup) de nos albums favoris de merveilleux héroïque (heroic fantasy), on peut avoir beaucoup de plaisir. 

Le graphisme est assuré par Alfred (récipiendaire du Fauve d'or pour Come Prima au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2014). Le dessin est moins technique et moins sérieux que dans d’autres types d’albums, sans pour autant être déplaisant. De toute façon, un dessin réaliste n’aurait pas convenu à une série comme Donjon Crépuscule.

Verdict 

Bref, avec son humour corrosif et ses personnages excentriques, Donjon Crépuscule : Haut Septentrion permet, une fois de plus, de voir l’univers profondément sérieux du merveilleux héroïque d’un oeil nouveau. Et disons que ce n'est pas déplaisant du tout!

 

Cote : 3,5 étoiles sur 5

 

Donjon Crépuscule Tome 110 : Haut Septentrion 

Lewis Trondheim et Joann Sfar (scénario)

Alfred (dessin)

Delcourt 

48 pages

 

 

Source(s) image(s):
Hachette Canada

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