Vous savez comme moi (vous le savez, non?) que repêcher un joueur d'impact est une science très inexacte, l'équivalent de choisir un navet qui a l'air meilleur que les autres à l'épicerie. Tu as beau le tâter dans tous les sens, le sentir, lire sa carte du ciel, c'est juste quand tu le manges que tu sais si c'était un bon choix. Et dans tous les repêchages, il y a toujours de super-joueurs en devenir qui passent sous le radar pour toutes sortes de raisons, les fameuses « cartes cachées » comme le dit l'expression consacrée. N'écoutant que le besoin de vous informer, j'ai fait le tour de mes amis dépisteurs (ou juste pisteurs, ce n'est pas clair leur affaire) afin de vous dénicher les diamants les plus bruts et les plus enfouis sous un tas de roches éligibles à l'encan 2014 de cette fin de semaine.

EN ATTAQUE :

Justin Éthier, centre, 6 pi 3 po, 200 lb, capitaine du club de hockey les Soleils du Centre de détention jeunesse Beauséjour de Candiac.

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S'il est vrai que Justin n'a pas joué à un niveau élite comme ses semblables, il possède des qualités peu communes. Probablement le coup de patin le plus puissant que j'ai vu (c'est d'ailleurs pour ça qu'il est détenu dans un centre jeunesse... depuis ses 8 ans) et possédant des mains très agiles (il les a coupées à un pianiste tchèque dont le corps n'a jamais été retrouvé). Éthier impressionne par l'ascendant qu'il a sur ceux qui l'entourent. Dans la chambre, il est le seul qui se lève pour prendre la parole et ses coéquipiers le suivent aveuglément sans rien remettre en question. Sinon... Excellent dans les coins de patinoire, surtout ceux mal éclairés. Il donnera des maux de tête à ses adversaires. Des bleus aussi. 

Les moins :

Oui, bon, on peut se questionner sur son attitude (il a répondu « va chier, sti d'sale » à toutes les questions que je lui ai posées) et son désir d'évoluer dans la LNH (« dès que je sors d'icitte, je tue tout le monde », a-t-il déclaré avec un compas dans la main et un otage dans l'autre). Ce n'est pas non plus un joueur qui va élever son jeu d'un cran, mais plus le genre à baisser celui des autres. Il a une fâcheuse tendance à vouloir s'évader du banc des punitions comme s'il s'agissait d'une cellule à sécurité maximale, et à ne pas revenir dans le match tant qu'on ne le retrouve pas. Et s'il laisse tomber les gants, vérifiez qu'il n'y a pas un poing américain en dessous. C'est un pari risqué, mais on a déjà choisi Andreî K en première ronde, ça fait que...

 

EN DÉFENSE :

Lasse Turbonen, défenseur, 5 pi 2 po, 105 lb, évolue pour le club de 4e division finlandaise des Koiras de Kristiinankaupunki.

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Un joueur ultra rapide et dynamique. Lasse tombe sur les nerfs de tous ceux qui l'affrontent. Il n'arrête jamais de bouger, de patiner, de sauter, de freiner, de tourner sur un « 10 cenne », de slapper la puck après les arrêts de jeu, bref un joueur énergique comme il s'en fait rarement. Infatigable, il patinera full pin, et ce, même en 18e prolongation. Sa taille et sa vitesse font en sorte qu'il arrive à se faufiler n'importe où, même entre les deux neurones de Milan Lucic. Il a beau perdre souvent l'équilibre, il se relève assez vite merci! Turbonen est le seul homme à avoir franchi le mur du son en patin deux lames.

Les moins :

Si jamais un gars comme Chara le pogne juste un peu, ça va prendre des paléontologues pour venir retirer son fossile de l'annonce de Bell sur la bande. Et à ce que m'ont dit ses parents, leur fils unique est un mal élévé qui pense juste à lui. En plein le genre de joueur à étirer ses shifts et à sauter sur la glace n'importe quand, même lorsqu'on change le gardien. On ne le verra jamais défendre un coéquipier, sauf si ce coéquipier est lui-même... et encore là, c'pas fort fort. De plus, quel mangeux de rondelle! Même Sergeï Berezin trouverait qu'il exagère! Turbonen aime mieux la lancer dans les estrades puis aller la rattraper avant qu'elle tombe. 

 

DEVANT LES BUTS :

Yazuki Yamamoto, 7 pi 2 po, 484 lb, gardien de buts, évolue avec les Giants de Tokyo-Est, dans la ligue nationale de hockey-sumo au Japon.

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Il n'y a absolument rien qui passe! Ce n'est pas ce qu'on attend d'un gardien de buts? Il est tellement gros dans son but que même la caméra dans le filet a trop d'ombre pour faire la mise au point comme du monde, un avantage certain pour les reprises vidéo. Ses déplacements sont quasiment inexistants, à part quand ça lui gratte dans les parties. De plus, même s'il est fatigué et qu'il dort pendant un désavantage numérique, il donne une chance de gagner à son équipe. Robuste, ce n'est pas lui qui va se faire brasser devant sa cage et si les Chris Kreider de ce monde essaient de lui rentrer dedans avec leurs patins, ce n'est pas garanti que Yazuki va sentir quelque chose.

Les moins :

S'il s'aventure une seule fois derrière son filet lors de la première période, va falloir que le match se rende en fusillade pour lui donner le temps de retourner devant. Il ne faut absolument pas qu'il tombe par en arrière s'il n'y a pas une grue disponible sur-le-champ. De plus, il a la fâcheuse habitude de foncer sur son reflet pour le faire tomber quand il se regarde dans la baie vitrée. Pour ce qui est de son leadership dans la chambre, disons que Yazuki prend beaucoup de place, mais ne se lève pas souvent. Ses habitudes alimentaires risquent d'en écoeurer plus d'un, alors que sa gourde ne contient pas de l'eau, mais une douzaine de jaunes d'oeuf crus. 

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