BORNES ÉLECTRIQUES

Aujourd'hui marque mon dernier article pour le magazine. J'aimerais tout d'abord remercier Affairesdegars.com et toute son équipe de m'avoir si bien accueilli dans la famille et de m'avoir donné la chance de m'exprimer au travers de dizaines d'articles sur les relations et le développement personnel. Quoi de mieux, alors, comme signature finale, qu'un article dans lequel je m'attaque au concept même de la séduction?

On parle, ici et là, dans quelques livres pour s'améliorer, dans quelques conférences mondaines, dans les bars, entre gars, de « séduction ». Mais qu'est-ce que la séduction, finalement? Et pourquoi suis-je contre le concept en lui-même?

Voyons ce que notre ami Le Robert dit de la séduction :

« séduire v. tr. : Gagner (qqn), en persuadant ou en touchant, en employant tous les moyens de plaire. »

Alors là, ça me pique les yeux. Ça me donne le tournis. Ça me donne la nausée. J'ai envie de vomir, de crier, de frapper quelqu'un, de lancer une brique, de pleurer, de désespérer, de tout laisser tomber et de simplement m'en aller.

D'abord, on ne « gagne » pas quelqu'un. Une femme n'est pas un prix, une médaille, un trophée que l'on remettrait au meilleur performeur, au meilleur jongleur, au meilleur petit chien de compétition qui a fait le plus de galipettes pour impressionner la galerie. Il n'y a pas de galerie ni de foule à faire applaudir, il n'y a pas de « compétition », ce n'est pas un concours, un jeu ni, très certainement pas, une audition dans laquelle nous devons prouver notre valeur et nos talents. C'est une femme. Juste une femme. Une jolie humaine, avec laquelle il faut connecter. Oui, « connecter », et non laquelle on doit impressionner. Vous ne voulez pas qu'elle « accepte » d'être avec vous parce que vous la divertissez; vous voulez qu'elle se sente bien à vos côtés parce qu'il y a un lien intense entre vous.

Ensuite, on ne « persuade » pas une femme de sortir avec nous, d'entrer dans notre vie ou simplement d'aller prendre un café. Cela ne devrait pas être une épreuve, un défi, une montagne à franchir, que de connecter avec une femme. Non mais, quel horrible terme qu'est « persuader ». L'on persuade des clients, des futurs employeurs, mais l'on ne persuade pas une femme de s'intéresser à nous ou de nous donner une chance, voyons.

Aussi, qu'est-ce que c'est que ces « moyens de plaire »? Des trucs? Des astuces? Des techniques? Des vêtements? Des façons? Alors là, moi je dis non. Je crie non. Je hurle non, le poing en l'air et les muscles crispés.

Moi, ce que j'en dis, c'est que la « séduction », c'est de la merde. De la connerie. Une façon pour le petit frustré mondain de se sentir puissant, alors qu'au fond, il s'agite comme un esclave devant sa reine pour essayer de gagner sa grâce.

Rencontrer des femmes, c'est facile. Vous en rencontrez déjà tous les jours. Au café, dans la rue, à la boulangerie, à votre travail, à l'université. Des femmes, il y en a partout. Ce n'est pas une question d'essayer de les séduire, de les convaincre, de les attirer toutes, à l'aide de trucs et astuces de « séduction ». C'est une question de parler. Simplement de leur parler. D'être vraiment intéressé par les gens, par qui se trouve devant vous au moment où vous les avez devant vous. C'est une question d'être ouvert aux opportunités, d'être curieux et d'être vous-même.

Les femmes ne sont pas des défis, des prix ou des trophées. Ce sont des humains, comme vous. On ne séduit pas une femme, on connecte avec elle, avec qui elle est, avec ce qu'elle ressent. Ce n'est pas une performance unilatérale, c'est un partage. Deux êtres humains qui se rencontrent à un moment X de leur vie et qui partagent un instant. Un tout petit instant, un rien du tout, si on compare ce petit instant à toute l'histoire de l'humanité passée et à venir. Mais ce tout petit instant, lorsqu'on parle pour la première fois à une femme que l'on trouve jolie, pour apprendre à la connaître, parce qu'on est curieux, peut se transformer, contre toute attente, en des années de connexion émotionnelle et d'échanges fantastiques, si ça clique.

Parce que oui, malgré ce que tout le monde vous raconte, les rencontres, c'est souvent de la chance. Parfois, ça clique au premier regard et parfois, pas du tout. Ce n'est pas VOUS, ce n'est pas ELLE. C'est juste comme ça. Il faut cesser de se sentir en constante évaluation; ce n'en est pas une. Vous n'avez rien à prouver à personne.

Deux êtres uniques qui se rencontrent et qui, finalement, tombent follement amoureux, dans une relation simple et authentique, un amour intense qui donne envie aux partenaires de déchirer les vêtements avec fougue, pour faire l'amour, qui donne envie de se réveiller tous les matins avec l'autre, qui fait briller les yeux et qui fait sourire sans raison, sur un banc de parc, ça ne naît pas de la « séduction ». Cela ne naît pas de trucs et astuces pour « persuader ». Ça ne naît pas de « moyens » pour « plaire ». Ça naît lorsqu'on ne voit plus les femmes comme un jeu à battre ou comme un trophée à gagner, mais bien comme des êtres humains, avec qui connecter. Lorsque le spectacle ridicule de performeur public se transforme en un échange, un partage.

Bonne chance à vous, les gars.

Au plaisir,

Frédéric

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Valentietokyo

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