BORNES ÉLECTRIQUES

Avez-vous tiré profit de ce dernier mois d'accalmie avant l'infernale période automnale afin de terminer des jeux de votre collection? Pour ma part, même si j'ai eu l'occasion de plonger dans des jeux que j'avais négligés, j'ai quand même mis à profit mon temps libre afin de vous livrer des critiques de jeux parus récemment. Préparez-vous donc à embarquer dans les mondes fantastiques de « Sacred 3 », « Pushmo World », « Another World: 20th Anniversary Edition » et « Sixty Second Shooter Prime »!

Sacred 3

Un jeu qui essaie tellement d'être drôle

Le royaume d’Ancaria est à feu et à sang. Le sinistre Zane a envahi cet ancien joyau du monde afin de le réduire en esclavage. Pour préserver ce qu'il en reste et tenter de le sauver de l’annihilation, un groupe de quatre héros aux pouvoirs surhumains est formé. Ensemble, ils devront combattre les forces de Zane, tout en aidant les habitants du royaume à affronter des horreurs venues d’un autre monde.

Ça semble classique comme scénario? Dites-vous bien que ce l’est. En fait, sur le plan scénaristique, Sacred 3 ne brille aucunement par son originalité. Les bons sont bons et les méchants sont mauvais, point final. Peu de rebondissements sont présents et si on ressent bien le côté légendaire de notre aventure, on n’en demeure pas moins avec l’impression de personnifier des héros plutôt banals.

Or, ce n’est rien à côté de l’humour atroce proposé. Keen Games n’a pas conçu Sacred 3 en tant que jeu se prenant au sérieux, donnant ainsi beaucoup de place aux dialogues humoristiques entre les personnages. Le problème est qu’aucune (et je dis bien aucune) blague ne lève. Alors qu’on devrait rire, on trouve plutôt les échanges platoniques et sans intérêt. Qui plus est, il n’y a pas de chimie entre les héros, de sorte qu’on a l’impression que chaque personnage dit sa ligne indépendamment de ce qu’un autre dit. À cela, il faut ajouter les répliques répétitives et fatigantes d’Aria, l’ange qui vous suivra à distance dans vos périples. Vous vous rappelez des : « Hey, listen! » de Navi dans The Legend of Zelda: Ocarina of Time? Vous aurez autant envie de tuer Aria après quelques missions terminées au sein de Sacred 3, croyez-moi!

Un hack'n slash des plus génériques

Tout comme ses prédécesseurs, Sacred 3 est un hack‘n slash au sein duquel on massacre tout ce qui bouge. Or, Keen Games a vraiment ramené le genre à sa base, ce qui n’est pas nécessairement une bonne chose. Oui, c’est amusant de tuer tout sur son passage et j’avoue avoir eu beaucoup de plaisir à éliminer les hordes de Zane et autres monstres qui osaient me défier. J’avoue même avoir recommencé certaines missions avec un personnage bien plus fort, question de voir mes ennemis s’acharner sans que je ne sois blessé, tout en les trucidant d’un seul coup d’épée.

Le problème est qu’on ne fait que cela dans Sacred 3. Oubliez toute forme de profondeur, il n’y en a pas. Certes, certains ennemis exigent un peu plus de stratégie, de sorte qu’il vous arrivera de devoir les contourner, d’anéantir leurs attaques en les repoussant ou encore de briser leurs boucliers. Cependant, la majorité du temps, il vous suffira d’appuyer frénétiquement sur le bouton d’attaque et d’utiliser vos deux techniques de combat pour massacrer tout ce qui sera en vie. La plupart des missions ont des objectifs extrêmement simplistes et très répétitifs, exigeant bien souvent l’élimination massive d’ennemis. Du coup, joue-t-on vraiment à un nouveau Sacred ou bien à un Dynasty Warriors? La question se pose.

Vous pensez peut-être que Sacred 3 est un « Diablo killer », qu’il offre un inventaire poussé et des armes et armures à trouver en quantité industrielle. Oubliez ça, ce n’est pas le cas. En fait, tout ce que vous récolterez au sein des missions seront de l’or et des orbes de santé et d’énergie. C’est tout? C’est tout. Pas d’armes, pas d’armures, pas même de potions! Tout est automatisé, de sorte que votre inventaire se grossira en terminant certaines missions. Idem pour votre seule et unique armure et vos armes, qui vous seront octroyées automatiquement en menant à bien des missions. Votre équipement s’améliorera quant à lui de façon tout aussi automatique en complétant d’autres missions, généralement primaires. L’or ne vous servira qu’à acheter des compétences pour vos techniques, armes et armures à travers des arbres beaucoup plus simples et limités qu’une majorité de jeux du même genre.

Par ailleurs, contrairement aux Diablo qui proposaient des mondes massifs avec des villages faisant office de points de ralliement, Sacred 3 n’offre que des missions séparées les unes des autres avec un niveau de personnage recommandé pour compléter chacune d’elles. Pas de village, pas d’habitants offrant des quêtes secondaires, seule la carte du monde est proposée, à travers laquelle on accepte chaque mission. Les niveaux sont donc extrêmement linéaires, de sorte qu’il n’y a généralement qu’un seul et unique chemin à suivre pour arriver à un boss final. Dans quelques-uns, il y a bien des passages dissimulés donnant accès à des mini-boss ou à des coffres, mais leur nombre est limité. Pour vous donner une idée de la linéarité des niveaux, il n’y a même pas de mini-carte qui soit proposée!

Visuellement décevant

Malheureusement, même sur le plan visuel, Sacred 3 est une déception. Que les cinématiques soient statiques avec des images de bande dessinée, cela ne me dérange pas. Or, les niveaux n’offrent que des textures et modèles d’objets fades ainsi que des ennemis extrêmement répétitifs. Il y a bien quelques effets spéciaux dignes de ce nom, mais rien qui stimulera vos iris. Qui plus est, le jeu souffre de plusieurs ralentissements à tout moment. Parfois, même sans un grand nombre d’ennemis à l’écran, la latence se voit et se fait sentir! Ah, ajoutez à cela une caméra qui, dans certains niveaux, devient active et donne mal au cœur en tournant pour suivre notre personnage, et vous avez les éléments à la base d’une autre dimension décevante de Sacred 3.

Un multijoueur quand même bien!

Même si on peut terminer le jeu en solo, son attrait repose sur le jeu coopératif. C’est un élément central de Sacred 3 et bien honnêtement, le multijoueur fonctionne bien. Mettre en place une partie en ligne afin qu’elle soit publique ou privée est extrêmement facile et je n’ai pas eu de difficulté à trouver des partenaires afin de joindre des parties en cours. Qui plus est, en jouant à plusieurs, vous obtiendrez un score à la fin de chaque mission. En comparant ce dernier avec celui de vos alliés, vous recevrez des récompenses d’or et d’expérience si vous terminez premier, ce qui encourage à éliminer le plus de monstres possible ainsi qu’à désactiver le plus grand nombre de pièges que l’on peut pour amasser le plus de points. En somme, si vous prévoyez jouer avec d’autres joueurs, vous retirerez plus de Sacred 3 que si vous jouez seul.

Verdict

Sacred 3 est à Sacred ce que Dungeon Siege III fut à Dungeon Siege : un retour en arrière et, donc, une déception. La linéarité des niveaux, le manque de profondeur, la répétition des missions et des ennemis à affronter ainsi que la pauvre ambiance visuelle ne sont que quelques-uns des éléments faisant de Sacred 3 le jeu le moins étoffé de la franchise. Pourtant, le plaisir peut quand même être au rendez-vous puisque massacrer encore et encore des monstres est amusant, surtout avec des amis. En revanche, est-ce que ce plaisir vaut 60 $? Je ne crois pas.

 

Ce que vous aimerez :

- Le plaisir de massacrer encore et encore des monstres

- Revenir dans des niveaux avec des héros surpuissants!

- La portion multijoueur

 

Ce que vous n’aimerez pas :

- L’humour platonique du scénario (spécialement les répliques de l’humoriste ratée qu’est Aria)

- L’extrême répétition de l’ensemble du jeu

- L’absence d’un quelconque système de loot

 

Note : 6 sur 10

Source(s) image(s):
Console-toi
Gamekult
PCWorld
Android Bests

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