Comme le dit si bien la Charte des droits et libertés de la personne, il est interdit de faire de la discrimination quand on embauche quelqu’un ou lors de l’établissement des conditions de travail ou du renvoi. En revanche, il y arrive à des employeurs ne pas respecter la Charte et de mettre à pied une femme qui vient d’accoucher ou encore tout simplement refuser d’embaucher une jeune mère. Chez nos voisins du sud, une maman sur quatre a affirmé s’être déjà sentie discriminée à cause de sa maternité. Mais qu’en est-il des hommes? Il semblerait que ce soit légèrement différent…

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Avoir un enfant quand on est un homme peut être très positif pour notre carrière. Selon des récentes études, un père a plus de chances d’être engagé, qu’un homme sans enfant. Il risque aussi d’avoir un plus gros salaire après être devenu père.

Mais comment expliquer cette différence? En fait, après avoir eu un enfant, les employeurs s’attendraient à ce que les femmes deviennent moins productives et que les hommes se mettent à travailler plus dur. Même si ce n’est pas vrai, c’est ce que pense peut-être votre patron.

Il croit effectivement que si vous êtes devenu père, c’est que vous êtes plus stable et que vous allez plus vous forcer au travail. Après tout, vous avez une famille à faire vivre, maintenant. Étonnement, un patron pense qu’une femme va moins travailler dur, car elle va être distraite par son nouveau rôle de mère.

Statistiquement, selon des données recueillies par la sociologue Michelle Budig auprès du National Longitudinal Survey of Youth de 1979 à 2006, le salaire d’un homme qui vit avec son ou ses enfants, connait une augmentation de 6 %, alors que celui d’une femme nouvellement maman voit son revenu diminuer de 4 %. En d’autres mots, une femme célibataire gagne 96 % de chaque dollar gagné par un homme, alors qu’une femme mariée gagne 76 %.

Il est vrai que dans certaines circonstances les hommes travaillent plus et que les femmes font diminuer leurs heures de travail par semaine pour faciliter la conciliation travail-famille, mais la sociologue assure que le plus grand facteur expliquant cette différence de salaire est la discrimination.

Shelley J. Correl, une professeure de sociologie à l’Université Standford, a, quant à elle, mené une enquête pour connaitre les pratiques des employeurs lorsque venait le moment d’engager un employé qui avait ou non des enfants.

Avec l’aide de collègues chercheurs, elle a envoyé de faux CV à des centaines d’employeurs. Ils étaient identiques, à un point près. Sur certains on retrouvait l’information selon laquelle le candidat était membre d’une association parent-professeur, suggérant ainsi qu’il était parent.

Résultat : Les mères ont été deux fois moins rappelées que les autres, alors que les hommes qui avaient inscrit cette mention dans leur CV ont eu un taux de retour d’appel beaucoup plus élevé.

Dans une étude similaire, les chercheurs ont demandé aux participants quel salaire ils offriraient à des candidats. Les mères se voyaient offrir un salaire de 11 000 $ de moins que les femmes célibataires et 13 000 $ de moins que les pères.

Mais alors, quel est l’employé idéal? Selon l’étude, les patrons privilégient en premier un père de famille, une femme sans enfants, un homme célibataire et une mère.

Comme on peut voir, il reste encore beaucoup de chemin à faire dans le domaine, et ce, malgré la mise en place de mesures anti-dicriminatoires…

Source : New York Times.

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