BORNES ÉLECTRIQUES

Si vous avez à peu près mon âge, vous avez probablement vu, dans votre jeunesse, le dessin animé « La Belle et la Bête » de 1991 des studios Disney. Ce n’était pas la première adaptation de ce conte populaire (on connaît notamment celle de Jean Cocteau de 1946), mais il est indéniable qu’elle a marqué toute une génération d’enfants. Christophe Gans (« Le Pacte des loups », « Silent Hill ») a eu envie de remettre le conte de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve au goût du jour dans un nouveau long métrage ambitieux.

D’entrée de jeu, si vous avez vu le dessin animé de Disney, vous allez remarquer plusieurs différences entre les deux. Ce n’est pas étonnant quand on sait que le cinéaste avait déclaré en entrevue ne pas aimer la version de Disney.

L’action se déroule maintenant en France en 1810. Un riche marchand (André Dussollier) est ruiné lorsqu’il apprend que ses navires ont fait naufrage. Avec ses six enfants (trois filles et trois garçons), il est forcé de s’exiler à la campagne. Un jour, alors qu’il revient de la ville, il se perd dans une tempête de neige et se retrouve dans un domaine féérique.

Après que le père a cueilli une rose sacrée, la Bête (Vincent Cassel), le maître des lieux, le condamne à mort pour cette offense. Il devra revenir le lendemain dans ce royaume, sinon lui et toute sa famille seront exterminés par la créature. De retour chez lui, le vieil homme raconte à ses enfants ce qui lui est arrivé.

Belle (Léa Seydoux), sa plus jeune fille, décide alors de prendre sa place. Arrivée dans le château de la Bête, elle s’attend à mourir. Contre toute attente, il la laisse sauve. Elle peut même, dans le jour, vaquer à ses occupations. Peu à peu, elle va apprendre à connaître davantage cette créature et découvrir que derrière la Bête se cache un homme avec un coeur.

La première chose qui saute au yeux dans La Belle et la Bête est son esthétique « conte de fées ». Les décors grandioses et les costumes colorés nous transportent littéralement, à l’instar de l’héroïne du film, dans une autre dimension.

Les effets spéciaux ne sont peut-être pas aussi impressionnants qu’une production hollywoodienne de 100 millions de dollars, mais on finit par oublier cette petite lacune et se concentrer sur l’histoire.

La Belle et la bête est, faut-il le rappeler, avant tout une histoire d’amour très « humaine ». Le long métrage véhicule de belles valeurs comme celle de ne pas se fier immédiatement à l’apparence de quelqu’un (hélas, ce n’est pas près de changer dans notre société…).

Évidemment, nul ne sera d’accord avec le choix de l’apparence de la Bête. Certains diront qu’elle a l’air d’un gros chat et qu’elle n’est pas du tout effrayante. C’est peut-être vrai. Personnellement, j’aurais aimé voir quelque chose d’un peu plus troublant. En revanche, le film aurait terrorisé les plus jeunes cinéphiles…

Il reste quand même que le réalisateur prend son temps avant de nous la montrer. Les premières scènes nous la montrent de dos ou de profil. On nous fait languir.

Avec sa voix grave, Vincent Cassel est parfait pour ce rôle. D’ailleurs, la production française compte sur une distribution impressionnante et irréprochable. Léa Seydoux est tout simplement méconnaissable dans son rôle.

On pourrait encore parler des autres « défauts » comme le fait que le principal antagoniste n’ait pas trop de charisme ou encore le fait qu’il y ait parfois trop de personnages, mais dans l’ensemble, La Belle et la Bête est un film très correct.

Cote : 3 étoiles sur 5

Source(s) image(s):
Niagara Films

Commentaires