BORNES ÉLECTRIQUES

Créée en 1998 par Jean-David Morvan et Philippe Buchet, la série « Sillage » n’est pas prête de s’essouffler. Depuis la parution du premier tome, la série se voit ajouter un nouveau tome presque chaque année, et 2014 ne fait pas exception à la règle puisqu’on peut mettre la main depuis quelques semaines sur « Premières armes ».

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Si vous n’avez jamais lu un tome de Sillage, je crois que ça vaut la peine de vous parler un peu du contexte de cette série. D’abord, Sillage est un convoi de plusieurs vaisseaux spatiaux composé de différentes races d’extraterrestres. Nävis est l’une de ses habitantes et disons qu’elle ne passe pas inaperçue. En plus d’être la seule humaine à bord, son impulsivité lui attire souvent des ennuis. 

Comme toujours, Nävis est l’héroïne de ce nouveau tome. La jeune femme est maintenant prête pour sa première mission en tant qu’agent de Sillage. Elle doit se rendre sur une planète, avec les autres recrues, pour vérifier que le référendum sur l’annexion ou non de cette planète à Sillage se fait dans l’ordre.

Comme on s’en doute un peu, les choses ne se passeront pas comme prévu. Son groupe sera pris dans une embuscade et elle sera la seule à s’en échapper. Elle devra enquêter pour trouver le responsable de ces événements. Ça ne prendra pas beaucoup de temps à le trouver. Pour des motifs que nous n’évoquerons pas ici (je vous laisse les découvrir dans l’album!), un pervers polymorphe a décidé de ruiner les élections. 

La série Sillage, surtout ses premiers tomes, est connue pour traiter de thèmes « sérieux » comme la corruption, le système carcéral ou la condition féminine. Même s’il est orienté d’abord vers l’action, l'album Premières armes arrive quand même à transmettre un certain message au lecteur. 

Durant son séjour sur cette planète, Nävis va rencontrer un extraterrestre qui appartient à une minorité ethnique, laquelle, il n’y a pas si longtemps de ça, était maintenue en esclavage. Les siens ont été affranchis, mais n’ont toujours pas tous les droits de la race « dominante ». Par exemple, relativement à ce référendum, ils n’ont pas le droit de vote. Évidemment, on peut faire des liens avec l’apartheid et la ségrégation raciale. Bon, il faut bien avouer que c’est traité avec légèreté. L'accent est d’abord mis sur les combats, les fusillades et un peu l’humour (il y a toutefois moins de gags que dans d’autres albums). Il reste que l’on apprécie ce « clin d’oeil » de la part des auteurs. 

Les illustrations ont été confiées, quant à elles, à Pierre-Mony Chan et il s’en acquitte très bien. L’univers particulier de cette série est magnifiquement restitué. L’un des mots qui m’est venu à l’esprit durant ma lecture est « diversité ». Premières armes se déroule dans plusieurs endroits à l’esthétique complètement différente. On peut passer d’un vaisseau froid et moderne à une forêt luxuriante ou encore à un bidonville sale et étouffant. 

Le personnage principal occupe toujours une place de premier plan dans le dessin. L’illustrateur n’hésite pas à utiliser des angles (parfois inusités) pour la mettre en valeur. Cependant, il n’y a pas de scène de nudité dans cet album. Le contraire m’aurait quand même étonné sachant que certains albums précédents ont remporté des Prix de la jeunesse 9/12 ans au Festival d’Angoulême…

Verdict

Comme toujours, il faudra préférablement avoir lu les tomes précédents pour bien comprendre l’histoire, mais ce n’est pas obligatoire à 100 % pour Premières armes. En fait, même si vous ne connaissez pas ou peu la série, ça ne devrait pas vous empêcher de mettre la main sur cet album. Si vous êtes un fan de science-fiction, vous aimerez la richesse de son univers et apprécierez sûrement les références intelligentes faites à des sujets « sérieux ». 

 

Sillage Premières armes

Jean-David Morvan, Philippe Buchet et Pierre-Mony Chan

52 pages

Delcourt

Cote : 4 étoiles sur 5

 

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Source(s) image(s):
Hachette Canada

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