Les troubles de l’appareil manducateur touchent beaucoup de personnes, et la plupart d’entre elles en souffrent sans même en être conscientes. Quoiqu’une grande partie de ces troubles soient reliée à l'articulation temporo-mandibulaire, les problèmes articulaires, musculaires ou neurologiques liés à la mâchoire peuvent autant être la cause d’inconforts légers que de douleurs chroniques. L'articulation temporo-mandibulaire comprend l'os de la mandibule, les muscles, les ligaments et les disques qui l’entourent. C’est ce système complexe qui nous permet de parler, de mâcher et de bâiller. La douleur peut mener à divers symptômes et toucher un ou les deux côtés.

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Saviez-vous que le masséter, le principal muscle de la mâchoire, est le muscle le plus puissant du corps humain en termes de force exercée sur un objet extérieur? C’est aussi l’un des muscles les plus sollicités et, par conséquent, le plus surutilisé. On considère que plus de 10 millions d'Américains souffrent de troubles de l'articulation temporo-mandibulaire, dont environ quatre fois plus de femmes que d'hommes.

Certaines personnes peuvent ressentir des effets directement en lien avec l’articulation, comme un coincement ou une subluxation de la mâchoire, mais les symptômes les plus communs demeurent les douleurs référées, comme les maux de tête, les raideurs musculaires et les douleurs cervicales. Ces troubles peuvent même affecter l’œil ou l’oreille, car des liens neurologiques relient ces structures.

Le travail manuel peut également entretenir des tensions au niveau de la mâchoire, car il y a aussi un lien neurologique entre la préhension et la mastication. En effet, tout comme le simple fait de voir de la nourriture déclenche des activités réflexes et prépare le système digestif, la fermeture du poing est associée à cueillir quelque chose pour se nourrir. Ainsi, plus vous utilisez vos mains avec force et de façon répétée et plus vous êtes susceptible de créer des tensions dans la région de la mâchoire. C’est d’ailleurs souvent le cas chez les personnes qui ont à utiliser la préhension au travail. Parallèlement, plus vous forcez contre quelque chose ou exercez de résistance et plus vous aurez tendance à serrer les dents. C’est entre autres quelque chose que vous devriez prendre en considération si vous vous entraînez en musculation.

Le stress a aussi des incidences sur les tensions musculaires et le serrement des dents. Vous comprenez donc que la neurologie occupe un rôle important dans les troubles de l’appareil manducateur et ses répercussions. Il faut d’ailleurs bien séparer le serrement des dents, qui a des répercussions neurologiques (compression des racines nerveuses), et le grincement (bruxisme) que certaines personnes éprouvent en dormant et qui a plutôt des incidences mécaniques (érosion des dents). Un indice que vous serrez des dents est l’apparition de petites taches jaunes à la base de celles-ci, signe qu’il y a pression constante. C’est cette pression exercée sur la racine nerveuse qui a entre autres des effets sur la posture et la vision. Sans nécessairement en être la cause principale, le serrement des dents peut entretenir et amplifier des conditions déjà présentes comme les troubles de l’attention, les migraines et l’acouphène.

La gomme à mâcher peut réellement nuire à l’articulation temporo-mandibulaire. Mâcher de la gomme fait partie des activités qu’on appelle para-manducatrices, c’est-à-dire qui utilisent la mâchoire pour autre chose que ses véritables fonctions comme se nourrir. Parmi ces activités, on compte aussi se ronger les ongles et respirer par la bouche (au lieu de par le nez). Évidemment, les problèmes chroniques altérant les sinus, les dents et les gencives peuvent aussi être en cause. Si vous croyez que cela peut être le cas, parlez-en au spécialiste en question (médecin, dentiste, ORL).

Une mauvaise posture, comme projeter la tête vers l’avant ou se tenir les épaules voûtées, encourage aussi les tensions des muscles du cou et de la mâchoire, tout comme le maintien statique du regard, comme rester longtemps devant un écran. Pensez-y si vous travaillez de longues heures à l’ordinateur.

Le massage est l’une des solutions les plus simples et les plus efficaces. Vous pouvez tout aussi bien consulter un professionnel ou masser vous-même en douceur les différentes régions du crâne comme la mâchoire, le front, le cou et autour des yeux, du nez et des oreilles.

Les exercices d’étirement de la région cervicale et du crâne, s’ils sont bien exécutés et sur une base régulière, seront évidemment d’une grande utilité.

Les exercices posturaux et oculomoteurs, qui aident à dissocier le mouvement des yeux et du cou, seront aussi très intéressants surtout s’ils sont faits au travail sous forme de micro-pause toutes les 15-30 minutes.

Évitez de mastiquer de la glace ou des aliments durs ou froids si vous savez que vous êtes sensible des dents. Essayez aussi de prendre conscience des moments où vous avez tendance à serrer des dents et d’apprendre à gérer et à modérer votre force de préhension lorsque possible.

Les troubles de l’appareil manducateur peuvent durer longtemps et les symptômes peuvent aller et venir tout dépendant de votre environnement actuel. Ils empirent généralement en période de stress ou de travail physique intense... 

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