Wonderball, c’est la nouvelle série créée par Fred Duval & Jean-Pierre Pécau (Jour J). Encore une fois, on demeure dans l’histoire, mais on tombe un peu plus dans le roman policier.

Un tueur fou

En plein jour, un sniper abat neuf passants en neuf secondes. On ne connait pas l’identité du tireur ni ses motivations. L’inspecteur Spadaccini est dépêché sur les lieux. L’homme, surnommé « Wonderball », car il adore ces petits chocolats, entend bien mettre la main sur ce criminel. Et rapidement, il découvrira des liens avec le tueur présumé de John F. Kennedy. L’enquête s’annonce difficile. Mais Wonderball est l’un des meilleurs flics de la cote ouest. Tôt ou tard, il va le trouver.

Voici ce qui résume la prémisse de cette nouvelle série. Avouez que ça donne le goût de la lire! En tout cas, moi qui adore les bandes dessinées policières, j’ai tout de suite embarqué. Et, autant le dire tout de suite, je n’ai pas été déçu.

Sans trop vous en dire davantage sur le scénario, j’ai particulièrement aimé les liens que les auteurs ont faits avec la politique et surtout avec l’un des événements les plus connus de l’histoire moderne américaine. Il fallait de l’audace pour sortir de la boulamite l’un des hommes les moins aimés de tous les temps.

Par contre, Lee Oswald, l’homme connu pour avoir assassiné le président américain, n’est pas au centre de l’histoire… en tout cas, pas encore. Il est présent dans ce premier tome, mais se contente de faire une brève apparition sous la forme de flashback. Les auteurs ne tentent pas non plus de justifier son geste ou de l’idolâtrer. Il propose seulement de revoir ce qu’il a fait sous un nouveau regard.

Bienvenue dans les années 80

Je ne l’ai pas encore dit, mais l’histoire de Wonderball se déroule à San Francisco en 1983. Les bandes dessinées récentes qui se passent durant cette période sont quand même rares; les auteurs d’oeuvres policières préférant davantage les années 40, 50 ou 60.

Le dessinateur Colin Wilson a d’ailleurs su recréer cette époque avec beaucoup de finesse et de délicatesse. Que ce soit les voitures, les coupes de cheveux ou les vêtements, rien n’a été laissé au hasard pour faire croire au lecteur qu’Il se trouvait effectivement dans les années 80. De l’autre côté, l’aspect « rétro » ou « historique » du récit ne prend pas toute la place. L’illustrateur n’a pas fait l’erreur de certains en voulant trop en mettre (et ainsi tomber dans la caricature indigeste).

Attachant, malgré tout

Le personnage principal, le policier Wonderball, reprend quelques-uns des stéréotypes de l’antihéros. Par exemple, il déteste son ex-femme, ne suit aucune règle et est à deux doigts de se faire renvoyer. Malgré cela, il y a un petit quelques chose en lui de mystérieux qui lui permet de se démarquer de la masse et de ne pas tomber dans les clichés du héros de roman policier.

Sinon, en tant que telle, l’enquête policière est très bien écrite. On est encore au début, mais on sent déjà toute sa complexité. En revanche, elle ne perd jamais de sa limpidité. En d’autres mots, le lecteur sait toujours où il s’en va et n’est jamais mélangé. Il est aussi bon de noter que le lecteur est incapable de prévoir les événements à venir. C’est très bien quand on lit une oeuvre qui peut nous surprendre, je ne vous apprends rien là.

Verdict

Le premier tome de Wonderball nous donne envie de plonger tête première dans cette nouvelle série policière. Le personnage est peut-être parfois trop stéréotypé, mais son côté légèrement mystérieux finit par le rendre quand même très attachant.

Wonderball  tome 1 - Le Chasseur
Fred Duval & Jean-Pierre Pécau (scénario) et Colin Wilson (dessin)
Delcourt
56 pages

Cote : 4,25 étoiles 5.

 

Source(s) image(s):
Delcourt

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