Même si on n’a jamais lu le roman de Herman Melville, on a tous a des frissons en prononçant le nom de Moby Dick. Depuis sa sortie en 1851, le livre a eu droit à plusieurs adaptations, notamment au cinéma. L’une des dernières en date, cependant, nous vient tout droit du neuvième art. Il s’agit d’un dytique scénarisé et dessiné par Christophe Chabouté. J’avais lu le premier tome, il y a de cela plusieurs mois, et je dois dire que j’attendais avec impatience le deuxième et dernier tome. L’attente est maintenant terminée!

À l’instar du roman (la BD se dit comme étant très fidèle à l’oeuvre originale, ce qui semble vrai), on suit le Pecquod et son capitaine, Achab, dans cette poursuite effrénée contre cette « bête » immense du fond des mers, surnommée Moby Dick. Obsédé par la créature, le vieil homme est prêt à tout sacrifier, même sa propre vie!

Contrairement au premier volume, cette suite se concentre presque exclusivement sur le capitaine. Les autres membres d’équipage, qui semblaient si importants dans le premier tome, n’ont plus que des rôles de simples figurants. Ils ont tous laissé leur place à leur capitaine. 

Personnellement, j’ai trouvé ça un peu dommage de quitter cet équipage que j’avais eu tellement de plaisir à suivre. De l’autre côté, cependant, le capitaine est loin d’être un personnage ennuyant. Il déteste tellement cette baleine et depuis tellement longtemps que ça a fini par le rendre complètement timbré. 

Le lecteur est donc, malgré lui, un témoin de cette descente aux abysses. Vous aurez compris que cet album est encore plus sombre que le premier épisode. Et le dessin exempt de couleurs de Chabouté n’aide en rien à nous sortir la tête de l’eau. 

Cette démence n’arrive cependant pas à obscurcir les talents artistiques de son auteur. Je l’avais dit dans le premier tome et je le redis : les dessins en noir et blanc de cette adaptation de Moby Dick sont parmi les plus somptueux que j’ai vus dans les dernières années. Bien souvent, les personnages et le navire sont les seuls éléments qui se détachent véritablement de la noirceur des cases. En revanche, ils sont tellement détaillés et crédibles qu’on en vient presque à oublier les mers d’encre noire qui parsèment l’ouvrage. Bref, c'est du grand art!

Verdict

Si Herman Melville avait décidé de raconter Moby Dick en bande dessinée, je crois bien que ça aurait donné quelque chose de similaire à l’adaptation de Christophe Chabouté. Une oeuvre très sombre, mais également d’une rare puissance!

 

Moby Dick - Livre second

Christophe Chabouté

136 pages

Vent d’ouest 

 

Cote : 4,5 étoiles sur 5.

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Vent Ouest

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