BORNES ÉLECTRIQUES

Dire qu'on est un criminologue, c'est bien souvent susciter un intérêt chez les gens. Je peux comprendre cette réaction, ayant moi aussi vu cette profession comme étant glorieuse, valorisante et impressionnante avant que je n'entame mes études. Or, au-delà de l'illusion de devenir un futur agent de CSI ou d'interviewer d'un autre Hannibal Lecter, il faut avoir certaines motivations pour être un criminologue. Voici donc les miennes qui risquent aussi d'éclairer certaines personnes quant à l'attrait qu'elles ont pour des études en criminologie.

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Je n'ai pas voulu devenir criminologue depuis que je suis petit. En fait, je vous dirais même que l'étude des criminels ne m'a jamais particulièrement attiré. Lorsque je regardais encore mes parents en levant la tête, j'ai évidemment voulu devenir astronaute et pompier (les carrières rêvées de tous les petits gars!), mais en grandissant, j'ai surtout voulu m'orienter vers la psychologie. Après mon secondaire, j'ai d'ailleurs choisi mes cours collégiaux dans l'optique de m'inscrire au BAC en psychologie puis d'entamer des études aux cycles supérieurs afin d'être un psychologue en bonne et due forme.

Pourquoi ai-je donc bifurqué vers la criminologie? L'intérêt pour cette profession s'est manifesté à ma dernière session au cégep, plus particulièrement durant mon cours de synthèse. Cherchant un sujet, j'ai finalement effectué mon travail de session sur les gangs de rue. J'ai tant aimé cette matière et j'ai tellement eu de plaisir à en parler durant mon exposé oral que je me suis demandé s'il était possible de poursuivre des études afin d'explorer le comportement déviant. Il faut aussi dire que le spectre de devoir terminer un doctorat pour être psychologue a fortement penché dans la balance. Finir ses études à plus de 35 ans criblé de dettes, ce n'est pas particulièrement réjouissant, surtout quand ta copine a terminé ses études et prépare «votre » avenir!

Ainsi, lorsque j'ai vu que, parmi les programmes offerts à l'université, il y avait le BAC en criminologie, mon choix s'est automatiquement fait. J'ai envoyé ma demande d'admission et, quelques mois plus tard, j'ai reçu une réponse favorable. J'allais entamer avec grande fierté trois années d'études sans nécessairement comprendre dans quoi je m'embarquais, mais avec les deux mêmes motivations en tête: comprendre davantage l'humain et surtout aider mon prochain.

Car oui, voilà les deux motivations qui m'ont poussé à devenir criminologue et qui, encore aujourd'hui, me stimulent au quotidien. Je n'avais aucunement dans l'idée de vouloir étudier les psychopathes ou encore d' analyser des cas sordides sortant de l'ordinaire. Certes, j'y pensais, mais cela m'apparaissait comme des bonis aux études que j'avais choisies. D'ailleurs, tous mes cours à l'université m'ont paru ainsi. Mon désir était vraiment de comprendre une sphère particulière de la psyché humaine (la déviance) et de venir en aide aux autres.

Une fois dans l'antre du savoir qu'on nomme l'université, je fus ébahi de constater que le criminologue peut travailler avec plusieurs types de clientèles aux prises avec une multitude de problématiques (je vous en parlais d'ailleurs dans une chronique antérieure traitant dans mythes en criminologie que vous pouvez consulter ci-bas). Quelle ne fut donc pas ma surprise en découvrant que je pouvais non seulement développer une expertise dans un domaine très intéressant, mais qu'en plus, je pouvais exercer dans une variété insoupçonnée d'organisations. Rapidement, je me suis découvert une grande passion pour l'étude du crime organisé ainsi qu'un immense intérêt pour travailler avec les victimes d'actes criminels, ce dans quoi j'exerce d'ailleurs la plupart de mes fonctions au moment d'écrire ces lignes.

Voilà donc de façon très succincte comment et pourquoi je suis devenu criminologue. Pour être dans cette profession, il faut non seulement avoir un intérêt pour l'étude des comportements déviants, mais aussi un désir d'aider une clientèle variée et, bien souvent, difficile. Ce n'est pas aisé, mais à chaque jour, je me rappelle de mes motivations premières afin de retrouver la fierté d'être le professionnel que je suis.

 

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Cinq mythes sur la profession de criminologue

Source(s) image(s):
Beliefnet

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