De tous les personnes de Watchmen, Le comédien est sans doute l’un des plus mémorables et emblématiques. J’avais hâte que Before Watchmen se penche sur ce drôle de bonhomme. Et c’est maintenant chose faite avec ce septième tome intitulé simplement Le comédien

À l’instar des autres opus, Le comédien se penche seulement sur une courte période de l’existence du super-héros. Brian Azzarello et J.G. Jones, les auteurs de cet album, ne répondent au final qu’à certaines questions que l’on pourrait avoir sur le super-héros et ils en gardent plein d’autres en suspens. Mais contrairement à d’autres tomes, ces quelques réponses et précisions changent vraiment la vision que nous avions de lui. 

Dans Watchmen, Le comédien est reconnu pour être un salaud de la pire espèce exécutant les sales besognes du gouvernement américain. Cependant, avant de devenir un « simple » mercenaire, Le comédien était un homme plein de convictions. C’est d’ailleurs ce que l’on se rend compte dans ce septième épisode qui se déroule au tout début des années 60. C’était un patriote qui avait à coeur les intérêts de la nation.

Le comédien était un ami du président Kennedy. Il croyait en lui et en sa politique. Mais à sa mort, le 22 novembre 1963 à Dallas, au Texas, quelque chose se brise à jamais en lui. L’idéaliste est mort et a laissé sa place à quelque chose de beaucoup plus laid et sombre. 

Comme on peut le voir dans l’album, peu de temps après l’assassinat du président, on l’envoie au Viêt Nam, mais son excès de zèle force l’administration américaine à le ramener aux États-Unis. Cet épisode en Asie donne droit aux scènes les plus difficiles de la série. Dans un petit village, Le comédien se met à exécuter des femmes et des enfants, tout simplement pour donner une leçon à l’ennemi. C’est comme s’il voulait se venger ou trouver en quelque sorte un coupable.

On ne s’en rend peut-être pas compte dans Watchmen, mais Le comédien est un homme qui souffre beaucoup, comme beaucoup d’autres personnages de la série d’ailleurs. En revanche, contrairement aux autres, il a décidé d’endormir son mal en devenant un tueur sanguinaire. 

Ce septième album est donc placé sous le signe de la violence et de la souffrance. Pour illustrer ces concepts, qui de mieux que l’illustrateur J.G. Jones et son dessin ultra-réaliste? Ses illustrations nous forcent littéralement à voir l’horreur de la guerre et nous rappellent douloureusement les atrocités produites par les deux camps durant la guerre du Viêt Nam. En somme, il fait un travail d’une rare intensité. Je suis tombé sous le charme dès les premières planches!

Verdict 

Comme les autres tomes de Before Watchmen, Le comédien ne s’inscrit pas comme une biographie exhaustive du personnage. Toutefois, il permet, comme aucun autre épisode avant lui, d’avoir un portrait plus nuancé d'un acteur majeur de la saga. Oui, Le comédien est un pur salaud et non, cet album ne nous fera pas tomber amoureux de lui. Par contre, il nous aide à mieux comprendre certains de ses agissements et de ses motivations. Et disons que ça, c'était plus que le bienvenu!

 

Before Watchmen - Le comédien 

Brian Azzarello et J.G. Jones

160 pages

Urban Comics

 

Cote : 4 étoiles sur 5.

 

Source(s) image(s):
Urban Comics

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