Quand le premier tome de La Cité des chiens, le nouveau diptyque de Yohan Radomski et Jakub Rebelka est débarqué chez moi, j’avoue avoir été tout de suite fasciné par celui-ci, et ce, avant même de le lire. Il y avait bien sûr le titre lui-même (qui voudrait bien habiter dans une ville qui porte ce nom?), mais également la couverture presque surréaliste. C’est comme si j’étais à la fois intrigué et terrifié de découvrir ce qui se cachait derrière elle. J’ai finalement pris mon courage à deux mains et je me suis projeté dans cette bande dessinée à part.

Volas est le seigneur de la Cité des chiens. Ce tyran est craint de tous. Il n’hésite pas à exécuter tous ceux qui pourraient potentiellement lui nuire, même sa propre épouse! Pour lui, une seule chose importe : son propre succès. 

Enora, sa nièce, a toutes les raisons du monde de le détester. Volas n’a pas été particulièrement tendre avec elle et sa famille. La jeune femme décide d’aller voir la mystérieuse Confrérie de l’Ile des Pendus pour leur demander une tâche particulière : exécuter son oncle. Leurs services ne sont pas gratuits et elle va l’apprendre assez vite…

Même si rien n’est totalement blanc ou noir quand on lit une bande dessinée, habituellement, on peut classer les personnages en deux catégories : les gentils et les méchants. Évidemment, il y a des zones d’ombres, mais, en temps normal, on peut faire aisément ce travail de classement .

Dans La Cité des chiens, on semble être dans un univers totalement différent qui semble n’avoir jamais eu connaissance de cette « règle ». Ici, tous les personnages semblent être terriblement diaboliques. Personne n’inspire confiance. 

Enora, qui devrait pourtant être angoissée (comme les lecteurs) à la vue de cette bande de hors-la-loi de la Confrérie de l’Ile des Pendus, ne l’est pas le moins du monde. Et c’est ça qui nous choque autant. Elle semble éprouver un plaisir à rencontrer ces hommes qui se trouvent dans un endroit encore pire que l’enfer. 

Si vous cherchez de la bonté, de l’altruisme ou de la gentillesse dans le scénario, vous allez chercher longtemps. À l'inverse, si vous préférez la haine, la cupidité et la vengeance, vous êtes au bon endroit. 

Le dessin est, de son côté, encore plus sombre que le scénario. Les belles couleurs éclatantes sont inexistantes, tout comme cette joie de vivre qui caractérise certaines illustrations de BD. Chaque case créée par Rebelka est comme un mini-cauchemar dans lequel on plonge tête première. Malgré des environnements glauques à souhait, force est d’admettre que Rebelka est un dessinateur d’un grand talent qui se démarque de la masse avec un style, certes, peu conventionnel, mais unique. 

Verdict 

La Cité des chiens est une bande dessinée lugubre et sinistre, mais qui, étonnamment, se dévore en un rien de temps. Après tout, ce n’est pas tout les jours que l’on tombe sur une oeuvre aussi singulière. 

 

 

La Cité des chiens, tome 1

Yohan Radomski et Jakub Rebelka

Akileos 

Cote : 4,5 étoiles sur 5.

Source(s) image(s):
Akileos

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