Quand on parle de Première Guerre mondiale, on pense tout de suite à l’Europe. C’est là que le plus gros des conflits a eu lieu, après tout. Et si je vous disais que des soldats français ont été jusqu’en Alaska, me croiriez-vous? C’est pourtant ce que nous proposent de découvrir Félix Brune, Michael Delbosco et Daniel Duhand avec le premier tome de Les Poilus d’Alaska, leur nouvelle série basée sur une histoire vraie et publiée chez Casterman.

L’histoire prend place au début du conflit. Nous suivons le brillant capitaine Moufflot et son régiment. Il fait atrocement froid en cet hiver 1914. Les soldats n’ont pas l’équipement nécessaire pour résister au froid sibérien qui sévit dans la région. Malheureusement, ils ne sont pas au bout de leur peine. La neige abondante cause bien des soucis de logistique à l’armée française qui peine à leur envoyer des rations et des munitions. Bref, ils sont laissés à eux-mêmes. 

Après avoir été laissé pour mort, à la suite d’un bombardement qui a coûté la vie à la majorité de ses hommes, Moufflot est capturé par l’ennemi qui, on ne sait trop pourquoi, le soigne. N’étant pas encore complètement rétabli, l’officier réussit à s'échapper de ses geôliers. Une fois de retour chez lui, le capitaine n’entend pas se reposer longtemps. Il propose à son général d’aller chercher, en Alaska, 400 chiens polaires et 60 traineaux pour les ramener dans le vieux continent. Il a, en effet, dans l’idée de créer des sections de combat et de ravitaillement à chiens. 

Contrairement à ce que pourrait présager le titre, ce premier épisode se passe peu en Alaska. Je ne sais pas encore combien de tomes vont paraitre, mais ça ne m’étonnerait pas de voir cette série évoluer sur plusieurs opus. Avec toutes les graines que les auteurs ont semées, je pense qu’ils ont toutes les cartes en main pour raconter leur histoire pendant encore plusieurs tomes. 

Ce premier acte prend donc les apparences d’une longue introduction. Brune prend son temps pour mettre en place des personnages forts, crédibles et charismatiques. Je ne l’ai pas encore dit, mais Moufflot est loin d’être le seul protagoniste. Le scénario, qui s’annonce comme étant plutôt complexe, laisse penser que d’autres personnages, habitant déjà l’Alaska, vont avoir un rôle important à jouer dans le récit. Mais ça, il faudra attendre le 2e tome pour s’en assurer! 

Étant donné qu’il se déroule en Europe en pleine Première Guerre mondiale, Les Poilus d’Alaska n’a pas manqué de nous rappeler douloureusement les atrocités faites par ce conflit meurtrier. La violence est moins « graphique » que dans d’autres oeuvres abordant la même époque, mais réussit quand même à nous toucher droit au coeur. 

Par ailleurs, le dessin, qui abuse presque des traits, surtout au niveau du visage, donne un air sévère à la plupart des personnages. C’est un peu normal, après tout. On est en plein coeur d’un conflit de grande envergure et, en plus, c’est l’hiver. Il n'y a pas de quoi se réjouir... 

D’ailleurs, les dessinateurs n’ont aucun problème à créer une ambiance glaciale, que ce soit en plein coeur de l’Alaska ou dans un champ dans le nord de l’Europe. Cependant, le temps de quelques cases, ils nous réchauffent un peu en transportant l’action, par exemple, dans un salon parisien. 

Verdict 

Ce premier tome de Les Poilus d’Alaska met en place solidement les bases d’une nouvelle série qui pourrait bien être considérée comme une référence dans le domaine des bandes dessinées militaires et historiques. On sera sûrement fixé dans le deuxième tome! 

 

Les Poilus d’Alaska, tome 1

Félix Brune (scénario) et Michael Delbosco et Daniel Duhand (dessin)

56 pages

Casterman

 

Cote : 4,25 étoiles sur 5.

 

Source(s) image(s):
Casterman

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