Adam West représente mon premier souvenir de Batman. À l'époque (et mes parents ont la preuve sur vidéo), je personnifiais l'homme chauve-souris comme je le pouvais en ayant la conviction que j'arrêtais le Joker et cie et que je grimpais sur des gratte-ciels. Or, aujourd'hui, je n'ai plus les illusions de cette lointaine enfance et avoir cette vive impression d'incarner le Chevalier noir ne semble être qu'un lointain souvenir. Mais ça, c'était avant de jouer à Batman: Arkham Knight.

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Un scénario digne d'un film

Le Joker est mort. Pour vrai. D'ailleurs, la première scène de Batman: Arkham Knight vous force à brûler le corps du prince du crime afin que vous voyiez qu'il est bel et bien décédé. Suite à cette surprenante disparition, Gotham est entrée dans une ère de paix jusqu'au moment où Scarecrow lance sa plus puissante toxine dans un bar de la ville, provoquant un massacre imprévisible.

Dès lors, Gotham entre en peur, forçant l'évacuation de sa population. Ne reste alors que les criminels et leurs chefs qui submergent ce qui était autrefois une métropole reconnue. Batman et ses acolytes devront rapidement reprendre du service et faire face à certaines des plus grandes menaces auxquelles ils ont été confrontés, dont le mystérieux chevalier d'Arkham qui voue une haine viscérale envers Batman et qui le connaît mieux que quiconque sans que l'on sache pourquoi.

Ça vous semble classique comme scénario ? Pourtant, ne vous laissez pas décontenancer par cette apparence de simplicité. L'histoire de Batman: Arkham Knight est délicieusement concoctée, étant notamment garnie d'une multitude de petits clins d'oeil (surveillez d'ailleurs ceux de Superman) et d'une variété de héros de la série Batman. Même s'il y a certains raccourcis scénaristiques (évacuer 6,3 millions de personnes après une seule attaque de toxine, ça me semble exagéré) et que certaines intrigues tombent à plat, le récit du jeu est si bien ficelé et présenté qu'il stimule notre intérêt à vouloir poursuivre l'aventure. De plus, il y a des surprises qui vous attendent, certaines m'ayant fait écarquiller les yeux, voire même sursauter. Ne vous inquiétez pas, même si le Joker est mort, son influence dans l'univers de la franchise Arkham se fait toujours sentir et je vous garantis que vous en frissonnerez de plaisir !

Le grand terrain de jeu de Gotham

Comme vous avez pu le deviner jusqu'ici, le terrain du jeu est la grande ville de Gotham, magnifiquement reproduite à travers une ambiance visuelle du tonnerre. Divisée en trois îles, vous parcourez cette dernière à travers une jouabilité similaire à celle des autres jeux de la série (exception faite de la Batmobile sur laquelle je reviendrai). Le Chevalier noir pourra donc utiliser une variété de gadgets, se propulser à l'aide de son grappin et planer avec sa cape comme dans les autres jeux. Les combats demeurent aussi similaires à ce qu'on a vu dans le passé avec un bouton de frappe, un de contre-attaque, un autre pour assommer et un dernier pour sauterr, le tout ponctué de combos auxquels les vétérans de la série sont habitués.

Or, malgré cette maniabilité classique, Rocksteady est parvenu à intégrer suffisamment de nouveautés pour rafraîchir les actions de Batman. En outre, le grappin est maintenant plus efficace et Batman revêtira tôt dans l'aventure une nouvelle armure qui lui permettra d'exécuter plusieurs nouvelles techniques plus rapides et puissantes. Ma préférée fut le Fear Takedown, qui permet d'éliminer un groupe d'ennemis d'un coup en exploitant la vitesse du héros. Même si vous pouvez facilement vous en sortir avec les combos déjà présentés dans la franchise Arkham, vous utiliserez et apprécierez les nouvelles techniques mises de l'avant pour Batman même s'il faut un certain temps pour pleinement les maîtriser.

Ceci étant dit, les nouvelles capacités de Batman ne lui donnent pas seulement de nouvelles techniques, elles accentuent carrément l'impression de personnifier un vrai super-héros. Arkham Knight donne encore plus l'illusion que nous sommes le Chevalier noir et que nous pouvons faire face à n'importe quel danger, aussi explosif soit-il. Si, au départ, je n'étais pas convaincu de ce fait, c'est à force de jouer et d'exploiter ce que le jeu me proposait que j'en suis venu à la conviction que j'étais Batman. Chapeau à Rocksteady sur ce point, cela démontre la solidité du jeu et le brio de sa conception ! À noter que le tout est supporté par de brillants acteurs ayant incarné chaque personnage avec brio. Disons que côté Batman, Kevin Conroy est très difficile à battre !

Une variété d'éléments en faisant un gros jeu

Autre point positif du jeu: son contenu. En plus des missions principales, vous aurez beaucoup d'activités secondaires à effectuer, dont certaines qui permettront de vous plonger dans la peau d'autres héros que Batman. Les défis du Sphinx sont également de retour, parmi lesquels vous retrouverez des missions secondaires et une panoplie de trophées à récolter pour accéder à divers bonis. Le jeu contient aussi pas moins de 69 défis virtuels qui servent surtout à maîtriser les différents éléments de jouabilité. Par contre, tous les défis ne proposent pas le même niveau de plaisir, soyez-en averti.

D'autre part, le jeu regroupe une variété de missions secondaires qui accentuera cette impression d'incarner un justicier. Durant ces missions, vous devrez compléter des objectifs et des enquêtes afin de traquer des ennemis connus de Batman afin de les coffrer et de littéralement les escorter jusqu'au poste de police de Gotham. Ces missions peuvent apparaître au fil de votre progression ou bien lors de certains événements imprévus. Je me rappelle notamment d'une certaine bestiole apparue tout d'un coup sur un toit et qui a ouvert une nouvelle enquête. Encore une fois, toutes ces missions ne sont pas égales en terme de plaisir (l'enquête pour élucider des meurtres en série est d'ailleurs répétitive et banale), mais elles vous donneront clairement l'impression d'incarner le protecteur de Gotham.

Rouler et se battre en Batmobile jusqu'à l'écoeurement

Parlons en terminant de la fameuse Batmobile, élément central d'Arkham Knight. La ville de Gotham étant assez grande, vous pourrez maintenant utiliser et améliorer la Batmobile afin de vous déplacer. Véritable petite machine de guerre, la Batmobile est utilisée à toutes les sauces dans Arkham Knight, de la résolution de casse-tête jusqu'aux combats. Sa maniabilité est un vrai charme de sorte que tout a été pensé pour vous permettre de l'exploiter à fond, que ce soit en affrontant des véhicules ennemis ou bien en cherchant à vous infiltrer quelque part.

Le problème avec la Batmobile est qu'elle est trop présente. Malheureusement, Rocksteady a fait du véhicule de Batman un élément autour duquel la jouabilité gravite alors qu'on aurait dû en faire une complémentarité à l'univers d'Arkham. En jouant, vous vous rendrez compte que la Batmobile est trop présente un peu partout, même dans des endroits inusités. Quand c'est rendu qu'il faut l'utiliser dans des séquences de plates-formes et même d'infiltration, on ne peut s'empêcher de penser qu'on force l'idée de son utilité plutôt que de nous laisser le plaisir de la conduire en ajout de ce qui était déjà offert par le passé.

Devriez-vous y jouer ?

Batman: Arkham Knight est un excellent jeu et devrait sans aucun doute se retrouver parmi les meilleurs jeux de l'année dans diverses catégories. On fait clairement semblant que Batman: Arkham Origins n'a jamais existé pour nous livrer un titre qui, à mon sens, excelle sur les bases d'Arkham City. Il y a bien quelques accrocs, mais rien qui ait un impact majeur sur le plaisir ressenti. Laissez-vous bercer par la frayeur de la nuit de Gotham en compagnie du Chevalier noir, vous en viendrez à souhaiter que le jour ne se lève jamais sur cette ville !

 

Ce que vous aimerez:

- L'excellente histoire captant chaque personnage à merveille

- Les magnifiques ambiances visuelle et sonore

- L'impression accrue d'incarner le vrai Batman

 

Ce que vous n'aimerez pas:

- La Batmobile un peu trop partout

- Certains angles de caméra

- Certaines activités secondaires répétitives et banales

 

Note: 9 sur 10

 

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