L’année dernière, j’avais découvert Camille Benyamina, une illustratrice qui vit à Montréal, avec la bande dessinée Violette Nozière. J’avais, à l’époque, été impressionné par la finesse de son trait. Évidemment, je ne pouvais pas bouder Chaque soir à onze heures, dernière oeuvre sortie en collaboration avec Eddy Simon chez Casterman. 

Une adaptation jeunesse 

Chaque soir à onze heures est une adaptation du roman éponyme de Malika Ferdjoukh, publiée chez Flammarion Jeunesse en 2011. Je n’ai malheureusement pas lu ce livre, je ne serai donc pas en mesure de vous dire si c’est fidèle ou non à l’oeuvre de la romancière. 

Willa est une jeune femme qui a l’habitude de côtoyer des jeunes riches et superficiels de la capitale française. Un beau jour, elle fait la connaissance d’Edern, un garçon mystérieux. Les deux se lient d’amitié et, rapidement, Willa découvre les autres membres de la famille de son nouvel ami. Ils habitent dans un manoir en piteux état. Il faut dire que depuis la mort brutale de leurs parents, il n’y a plus grand monde d’atitrer à l’entretien du domaine familial. 

Malgré le fait que leur résidence a des airs de manoir de films d’horreur, Willa découvre que ses habitants sont tous très sympathiques, malgré les circonstances. Elle devient rapidement l’amie de Marni, la jeune soeur aveugle d’Edern. Ensemble, les deux filles forment un duo musical. 

Marni, même si elle est très gentille, est terrassée tous les soirs à 23 heures dans son lit par une force inconnue. Elle ne sait pas trop ce qui lui cause ses tourments. Willa décide de percer le mystère et son enquête révélera des secrets qu’il aurait peut-être mieux fait de ne pas déterrer.

Le dessin, avant tout

Tout comme dans Violette Nozière, le dessin occupe une place centrale dans Chaque soir à onze heures. Benyamina nous propose une vision très poétique et souvent lumineuse de Paris en hiver. Les décors extérieurs sont les plus réussis. On a souvent l’impression que le personnage principal se fait bercer par les flocons qui tombent lentement sur elle. L’éclairage parisien se fait rassurant et chaleureux. Même les scènes se déroulant dans l’affreux manoir ne nous terrifient pas. La lumière réconfortante n’est jamais très loin. 

Heureusement, la force du dessin contribue à corriger les quelques failles du scénario. Les trois quarts du récit sont excellents. L’enquête est bien écrite et intéressante. Toutefois, j’ai trouvé le dénouement un peu confus. Il n’y a pas beaucoup de personnages dans cet album, mais j’avais le sentiment qu’on nous précipitait tous les personnages en même temps dans une page ou deux, à la fin. J’avais de la difficulté à bien saisir le rôle de chacun dans cette intrigue. Je pense cependant qu’une deuxième lecture pourrait corriger ce léger problème. J’aurais peut-être eu également plus de facilité à m’y retrouver si j’avais eu au préalable un premier contact avec les personnages dans le livre de Ferdjoukh.

Verdict

Malgré le fait que les dernières pages soient un peu confuses, Chaque soir à onze heures vaut le détour, ne serait-ce que pour découvrir un visage méconnu de la Ville lumière rendu magnifiquement par Camille Benyamina.

 

Chaque soir à onze heures 

Camille Benyamina et Eddy Simon

96 pages

Casterman

 

Cote : 4 étoiles sur 5.

Source(s) image(s):
Casterman

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