Croyez-vous à l’immortalité ? En fait, si la survie de l’esprit sur le corps est une croyance répandue, on ne peut contester que le corps a une « date d’expiration ». Vient un moment où le cœur cesse de battre, que la peau se putréfie et que les os finissent par disparaître, vous êtes d’accord ? Et pourtant, des corps comme celui de Sainte Bernadette semblent bel et bien résister aux attaques du temps !

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La petite religieuse

Bernadette Soubirous (née Marie-Bernade Soubirous) voit le jour le 7 janvier 1844 à Lourdes. Jeune, elle doit s’occuper de tâches habituellement confiées aux adultes, dont la garde d’enfants, le ménage, le lavage et la surveillance d’agneaux. Bernadette est une enfant croyante et, selon sa mère, « plus pieuse que les enfants de son âge ».

Ce n’est qu’en 1857, alors que le village dans lequel elle résidait depuis quelques années est privé de desservant catholique, qu’elle décide de consacrer sa vie à la religion catholique. Pour cela, elle retourne vivre auprès de ses parents à Lourdes afin d’y suivre son catéchisme, obligation pour quiconque désire remplir les fonctions de desservant.

 

Les premières apparitions de la grotte de Lourdes

Le 11 février 1858, Bernadette, sa petite sœur et une amie se rendent près de la grotte de Massabielle afin de recueillir du bois et des os. Or, soudainement, la jeune fille reçoit une rafale de vent l’amenant à regarder en direction de la grotte. Elle y voit alors une grande lumière blanche dans laquelle apparaît une jeune enfant, elle aussi vêtue de blanc. Faisant le signe de la croix, l’apparition lui demande de s’approcher. Prise de peur, Bernadette n’ose pas et l’enfant de la lumière disparaît. Sa mère venant à être au courant de l’histoire, Bernadette sera battue à coups de bâton.

3 jours plus tard, après avoir supplié ses parents, Bernadette retourne à la grotte avec des amies. Récitant son chapelet, l’enfant de la lumière réapparaît. Or, seule Bernadette est capable de la voir. La nouvelle fait rapidement le tour du village et Bernadette est ridiculisée. Pire, elle devient l’objet de moqueries et de sévices physiques à l’école.

Le 18 février de la même année, Bernadette se rend de nouveau à la grotte en compagnie de deux personnes. L’une d’elles se montre particulièrement intéressée par les récits d’apparitions de Bernadette et convainc cette dernière de mettre par écrit ce qu’elle verra et entendra. Car une fois de plus, l’apparition se manifestera. Cette dernière refuse de donner son nom, mais promet à Bernadette de « ne pas la rendre heureuse dans cette vie, mais bien dans l’autre ». » Tout est consigné par écrit.

Bernadette retournera à la grotte plusieurs fois et sera le témoin privilégié de cette apparition. Au fil du temps, de plus en plus de curieux accompagneront la jeune fille, voire se présenteront à la grotte avant même qu’elle ne s’y rende. Une hystérie s’emparera des villageois et l’idée que la Vierge Marie apparaisse à la petite paysanne fera son bout de chemin. Bien qu’on tente de convaincre Bernadette qu’il s’agit de la mère de Jésus, elle tiendra l’idée à l’effet qu’une petite forme blanche lui apparaît plutôt que la Vierge en personne.

 

La découverte de l’eau « miraculeuse » de la grotte

Le 25 février 1858, Bernadette se rend une nouvelle fois à la grotte. Les manifestations provoquent chez elle un état d’extase parfois préoccupant, alors qu’elle peut passer de la bonne humeur à une crise de larmes en quelques secondes. Mais cette journée, l’apparition donnera une preuve qu’elle n’est pas simplement la conception d’une jeune fille à l’imagination débordante.

En effet, alors que 350 personnes sont réunies aux abords de la grotte, Bernadette se dirige à un endroit précis au fond de celle-ci puis creuse le sol boueux sous une roche. Elle y découvre alors de l’eau et, en plus de la boire, elle s’en sert pour se laver le visage. Bernadette affirmera ensuite que l’apparition lui a dit de boire et de se laver avec cette eau pourtant ensevelie sous la boue et le limon.

Les curieux découvriront rapidement une source d’eau claire sous le limon. Cependant, au fil des décennies, le récit de cette journée fut grandement exagéré. La présence d’eau à cet endroit de la grotte n’avait rien d’extraordinaire puisque l’environnement était humide, mais on racontera que l’eau avait jailli d’un sol sec et qu’il s’agissait d’un miracle. Cela semble être le résultat de l’imagination de gens désirant ardemment croire que la grotte de Lourdes abritait quelque chose de spécial.

Les apparitions à Lourdes se poursuivront jusqu’au 16 juillet 1858. À ce moment, le nombre de curieux se comptera par milliers et la grotte fera l’objet d’une épidémie de visionnaires affirmant eux aussi voir une forme se matérialiser dans la noirceur de la caverne. Cela fatiguera beaucoup Bernadette et sa famille, soudainement devenus de grandes vedettes alors qu’ils n’ont rien demandé.

Le 4 avril 1864, Bernadette n’ayant plus été témoin d’apparitions depuis longtemps, elle décide de consacrer sa vie à Dieu en devenant religieuse. Bernadette est une croyante indéfectible dotée d’une sincérité inébranlable. Cependant, sa santé est chancelante. Elle souffre d’asthme et, à partir de 1875, son état ne fera que se détériorer. La tuberculose finira par avoir le dessus sur elle et elle mourra le 16 avril 1879 à l’âge de 35 ans.

 

Le mystère du cadavre de Bernadette

L’Église catholique a bien entendu enquêté sur les apparitions de la grotte de Lourdes. L’eau de la grotte étant jugée miraculeuse, on procède au processus de béatification de la sœur. Cela nécessitera l’excavation du corps et, bien entendu, tous s’attendent à ce que le cadavre de Sainte Bernadette soit putréfié lorsqu’on le sortira de son tombeau. Or, les excavateurs auront droit à toute une surprise.

En effet, à la première excavation en 1909, les observateurs sont consternés de voir que le corps de la femme de 35 ans est demeuré intact. Il a certes noirci, les yeux ainsi que le nez sont endommagés, mais du reste, le corps est dans un état de conservation stupéfiant. On procédera à une seconde excavation en 1919 puis à une dernière en 1925 afin de compléter le processus de béatification. À chaque fois, on retrouvera le corps de Bernadette dans un état quasi-intact, sans signe majeur de détérioration.

Le 14 juin 1925, le pape Pie XI béatifie Bernadette. Puis, on prend la décision d’exposer le corps de la religieuse au public. Cependant, on demande à un artiste de concevoir un masque en cire afin que le visage noirci de la jeune femme ne soit pas repoussant pour le public. Ses mains subissent un traitement similaire. Le 3 août, enchâssé dans une cage de verre et de bronze, le corps de Bernadette est transféré dans la chapelle Saint-Gildard du couvent où elle a exercé. Il est encore aujourd’hui possible de voir le corps de la nonne au même endroit et dans le même état qu’à l’époque. Au fil des ans, le corps de Bernadette a attiré des centaines de milliers de touristes à la chapelle de Saint-Gildard.

À noter que Bernadette fut consacrée sainte le 8 décembre 1933, toujours sous Pie XI. Le pape d’alors a déclaré qu’il n’a pas canonisé la religieuse en raison des apparitions dont elle dit avoir été témoin, mais bien en raison « de sa foi et de sa vie dédiée à la religion catholique ».

 

Aucune explication scientifique

Que l’on croit ou non aux apparitions de Lourdes, le mystère subsiste quant au cadavre de Sainte Bernadette. Comment se fait-il qu’encore aujourd’hui, plus de 135 ans après sa mort, son corps n’affiche aucun signe d’altération ? Et comment, entre 1879 et 1909, le cadavre a-t-il bien pu se conserver ainsi alors que les moyens de conservation étaient loin d’être optimaux ?

C’est ce que la communauté scientifique ne peut s’expliquer. En fait, les scientifiques n’ont jamais pu trouver une explication satisfaisante à ce phénomène que l’on nomme « l’incorruptibilité ». Les chercheurs ne comprennent pas comment un corps peut aussi bien se conserver alors qu’il fut inhumé dans des conditions qui auraient dû entraîner la putréfaction.

Ceci dit, le cadavre de Sainte Bernadette n’est pas un cas unique. En effet, d’autres corps ont défié les ravages du temps, que l’on pense à ceux d’Albert le Grand, François Xavier ou Padre Pio.

Si on peut douter de l’aspect surnaturel des apparitions de Lourdes, pourrait-on conclure que l’état de conservation de ces cadavres est en soi un miracle ?

 

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