Après une attente de six ans, Nicolas Mahler, un auteur de bandes dessinées qui vit actuellement en Autriche, fait son grand retour chez la Pastèque. Avec Bagatelles, le bédéiste, qui publie ses oeuvres un peu partout dans le monde, montre qu’il n’a pas perdu la main. Bien au contraire! Il signe une oeuvre, certes hétérogène, mais d’une grande puissance! 

Si vous ne connaissez pas ce fantastique auteur, Bagatelles vous offre un beau portrait de ce qu’il est capable de faire. En effet, à l'instar d'une anthologie, elle regroupe une douzaine d’oeuvres parues dans les dernières années un peu partout.  

Ce qui est génial avec le dessin, c’est que c’est un langage universel. Qu’on habite en Australie ou en Afrique, on sait qu’un bonhomme sourire représente quelqu’un de content. Mahler se sert de cette universalité pour produire un album qui va parler à tous. 

Il faut dire que son récit ne comporte aucune bulle avec du texte. Pour comprendre le scénario, il faut se fier uniquement au dessin. Ce dernier est d’une simplicité incroyable. Quelques lignes seulement représentent les personnages (on en voit rarement deux en même temps dans une case) et les environnements sont absents ou sinon très minimalistes.

L’action est également très lente. Par exemple, dans une case, on voit quelqu’un sonner à une porte. Dans l’autre, il attend, et encore, et encore… Puis, il sonne de nouveau, avant que quelqu’un vienne finalement lui répondre. 

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, cette « lenteur » permet justement de donner de la vitesse à l’oeuvre. Après quelques planches, notre oeil s’habitue au style particulier de Mahler et c’est presque comme si on regardait un dessin animé, avec les dialogues, les effets sonores et même la musique. 

En fait, c’est ça qui est la véritable force de Mahler : avec une économie de moyen surprenante, il arrive à nous montrer des choses que les bandes dessinées les plus élaborées sont incapables de faire. C’est stupéfiant! 

Mais de quoi parle-t-on au juste dans Bagatelle? De plein de choses, comme d’un roi qui veut tout brûler et qui demande à ses goûteurs de goûter systématiquement tous ses plats ou encore d’un homme qui essaie de séduire avec difficulté une femme dans un bar. 

Chacune de ces histoires se termine souvent par un punch. Mais attention! Plus haut j’ai dit que l’album était universel… C’est vrai dans un sens, mais je ne ferais pas lire certaines histoires à des enfants. L’auteur privilégie surtout, en effet, l’humour noir et le cynisme.

Sinon, pour être honnête avec vous, je me suis bien amusé en lisant Bagatelles! L’humour est parfois grossier, mais il ne dégoutte jamais. Il nous bouscule juste ce qu’il faut pour nous faire rigoler! 

Verdict

Tenter de faire rire avec seulement quelques traits de crayon n’est pas donner à tout le monde. En revanche, je pense que Nicolas Mahler a relevé ce défi haut la main, avec Bagatelle. Amateurs d’humour noir et de cynisme, vous vous régalerez! 

 

Bagatelles 

Nicolas Mahler

128 pages 

La Pastèque

 

Cote : 4 étoiles sur 5.

Source(s) image(s):
La Pastèque

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