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BORNES ÉLECTRIQUES

Depuis les dernières années, le métier de chef est vraiment revenu sur le devant de la scène. Il faut dire que la télévision a été bombardée d’émission de téléréalité mettant en vedette des chefs apprentis et expérimentée. Pourtant, le métier ne date pas d’hier. Cependant, on oublie trop souvent que sans les artisans derrière (les maraichers, les vignerons, les bouchers, les apiculteurs, etc.), les chefs ne sont rien. Ces travailleurs de l’ombre font un merveilleux travail et sans eux, la haute gastronomie n’existerait probablement pas.

Dans le diptyque Frères de terroirs, le chef français Yves Camdeborde spécialisé dans le bistro, est allé à la rencontre, avec son ami dessinateur Jacques Ferrandez, de tous ces artisans qui lui ont permis - et lui permettent toujours - de faire carrière dans la gastronomie. 

À la manière d’un documentaire, le chef va aller voir, un par un, des gens qui sont passionnés par leur métier. Ils travaillent souvent 12 à 14 heures par jour pour offrir un produit de qualité. Souvent adeptes du bio, ces paysans (comme ils se font souvent appeler) travaillent dans le plus grand respect de la Terre et de l’environnement. 

Je vous préviens! Ces deux tomes exciteront vos papilles et si elles sont endormies, ils les réveilleront! Frères de terroirs est un vrai délice, et ce, dans tous les sens du terme. Le homard de Chausey semble divin, les huitres de Cadoret nous donnent l’eau à la bouche, tandis que le vin de Pierre Overnoy nous fait saliver.

Dans les deux ouvrages, Yves Camdeborde a même eu la bonne idée d’inclure quelques recettes ayant comme base les fruits de mer, la viande ou les fines herbes produits par les gens qu’il a rencontrés. 

Étonnamment, même si elles ont été faites par un chef réputé, elles sont d’une grande simplicité. Il ne faut pas 2000 ingrédients compliqués. Bien sûr, il faut avoir, par exemple, les bonnes huitres, ce qui risque d’être un peu compliqué pour les Québécois, mais, sinon, il ne faut que quelques ingrédients. 

Rapidement, on se rend compte que l’auteur est humble. Quand ils rencontrent les producteurs, il ne les regarde pas de haut. Il écoute ce qu’ils ont à dire. Ces recettes le prouvent également. Ils préfèrent s’effacer devant le produit. Il déteste le « masquer » avec une tonne d’assaisonnements. Pour lui, un bon produit requiert peu de traitements, même si les émissions de cuisine nous montrent souvent l’inverse.

Au dessin, Jacques Ferrandez rend magnifiquement hommage à tous ces passionnés que nous rencontrons durant ces deux chapitres. Le style « pastel » montre sur son plus beau jour une France rurale et verdoyante. On en vient presque à sentir les différents aliments et plats que nous croisons dans cette aventure culinaire.

 

Verdict 

En somme, Frères de terroirs s'inscrit un peu comme un retour aux sources nécessaire dans une société où tout va vite, spécialement dans la préparation des repas. Après avoir savouré ces deux tomes, comme un bon vin rouge, j’en suis venu à la conclusion que je devrais peut-être prendre un peu plus de temps pour magasiner mes aliments et arrêter de me compliquer la vie lorsque j’enfile un tablier. Vous aurez probablement la même conclusion que moi après les avoir lus! Bref, voilà des albums à offrir à Noël à tout amoureux de cuisine et de bons plats. Vive la (bonne) bouffe!

 

Frères de terroirs, carnet de croqueurs - tome 1

Yves Camdeborde et Jacques Ferrandez

120 pages

Rue de Sèvres 

 

Cote : 4,25 étoiles sur 5

 

Frères de terroirs, carnet de croqueurs - tome 2

Yves Camdeborde et Jacques Ferrandez

120 pages

Rue de Sèvres 

 

Cote : 4,25 étoiles sur 5

Source(s) image(s):
Rue de Sèvres

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