BORNES ÉLECTRIQUES

C’est en 1972 que le personnage de Superdupont a vu le jour. Créé par Marcel Gotlib et Jacques Lob, le super-héros 100 % français a évolué dans plusieurs publications, dont « Pilote » et « Fluide Glacial », avant de prendre un repos bien mérité. Puis, en 2015, soit des années plus tard, Gotlib, assisté cette fois-ci de François Boucq et de Karim Belkrouf, a eu l’idée de donner une seconde vie à son mythique personnage dans un album inédit publié chez Dargaud : « Renaissance ».

Renaissance porte bien son nom. Bien sûr, nous assistons à le relance d’une série, mais également à la naissance d’un nouveau personnage déjà légendaire. L’album commence en effet par la naissance du fils de Superdupont. Tout de suite, on se rend compte qu’il n’est pas comme les autres. Il pulvérise le médecin contre le mur, vide littéralement les seins de sa mère et se met à voler dans les airs comme une fusée. Quand on dit que la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre…

Cependant, Superdupont junior devra apprendre à maitriser ses pouvoirs s’il ne veut pas provoquer l’apocalypse. Et qui de mieux placé que son père pour le lui montrer? Ainsi, pendant une bonne partie de l’album, on verra le super-héros enseigner à son enfant comment voler dans les airs, sauver la veuve et l’orphelin (il faut sauver toujours les deux selon le super-héros) ou encore terrasser les méchants.

L’ennemi légendaire de Superdupont, l’Anti-France, a laissé sa place à un vilain encore plus terrifiant : le pape des Ténèbres et ses onomatopées destructeurs. Le criminel souhaite kidnapper la progéniture de notre héros pour la retourner contre son paternel. Un plan pour le moins diabolique!

À l’heure où les super-héros sont redevenus populaires (surtout au cinéma), le retour de Superdupont était plus que le bienvenu! N’oublions pas quand même qu’à la base, cette série avait été créée pour parodier Superman et les autres héros en collants. 

Renaissance ne s’écarte pas de sa mission première. Il est peut-être plus « gentil » que dans d’autres opus, mais ne perd rien de son humour décapant. Le personnage principal en tant que tel est comique par son côté excessif. Son fils n’a rien à lui envier non plus. Par contre, c’est surtout les nombreuses situations loufoques et souvent absurdes dans lesquelles ils se retrouvent qui nous font rire. L’épisode du changement de couche à la vitesse de la lumière est savoureux!

L’intégration d’un « Robin » était à mon sens une très bonne idée, car elle nous permet d’aborder la série sous un autre angle. Après tout, c'est assez rare que des super-héros doivent s'occuper d'un bébé... 

Les auteurs ont par ailleurs confié que dans les prochains tomes, le bambin devrait prendre de plus en plus de place, tandis que son père agira en mentor. J’ai bien hâte de voir s’il va être aussi intense que son père!

Graphiquement, on ne s’éloigne pas trop des autres albums avec un style qui se rapproche de la caricature et qui ne se gêne pas pour rire des codes de la bande dessinée (onomatopées gigantesques, descriptions faussement interminables, etc.). 

Verdict

Gotlib et ses acolytes s’en sont donné à coeur joie dans Renaissance! Et ça parait! On se bidonne énormément! J’ai bien hâte de voir ce que ça va donner dans les prochains tomes, alors que le fils de Superdupont sera sûrement un peu plus vieux! 

 

Superdupont - Renaissance 

Marcel Gotlib, François Boucq et Karim Belkrouf

68 pages 

Dargaud 

 

Cote : 4 étoiles sur 5

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Prologue

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