BORNES ÉLECTRIQUES

Gaston Lagaffe est l’un des personnages les plus aimés et connus du neuvième art. On ne se lasse jamais de voir le bonhomme au gros nez faire des gaffes. À preuve, Dupuis vient de publier le cinquième tome de «Gaston hors-série », près de 20 ans après le décès de son créateur, André Franquin. Cette compilation se penche sur le cas de M. de Mesmaeker, un homme d’affaires qui n’a qu’une idée en tête : faire signer ses contrats par la maison d’édition Dupuis. Le seul problème, c’est que Gaston Lagaffe, ici garçon de bureau, fait tout foirer, chaque fois.

Chaque gag, qui dure une planche ou moins, a la même structure. M. de Mesmaeker se présente au bureau de Dupuis pour rencontrer Fantasio ou Prunelle, dans le but de signer des contrats dont on ignore tous les détails. Puis, avant de les signer ou au moment de la signature, un événement « imprévisible » (une gaffe ou une invention farfelue créée par Gaston) empêche l’homme d’affaires de signer les contrats. Il quitte alors le bureau dans une colère épouvantable et parfois dans d'atroces douleurs. On ne sait pas trop s’il est masochiste, mais l’entrepreneur revient toujours dans l’espoir de signer ses fameux contrats, sauf qu'il est de plus en plus méfiant.  

Par exemple, dans un gag, Gaston voit un trou dans le plancher et décide de l’arroser pour chasser des prétendues souris… sauf qu’à l’étage d’en bas, M. de Mesmaeker est en train de signer des contrats. Résultat : il se fait complètement arroser! 

La première apparition de M. de Mesmaeker ne date pas d’hier. C’est le 17 mars 1960 que les lecteurs de Spirou ont pu voir sa binette pour la première fois. Même si le personnage a plus d’un demi-siècle, force est d’admettre que les gags regroupés dans ce hors-série n’ont pas pris une ride. 

C’est sûr que certains éléments nous font sourire comme les machines à écrire et les vieilles photocopieuses, mais pour l’essentiel, les gags ne sont pas du tout démodés. Ils sont, pour la plupart, toujours aussi savoureux! En fait, l’album nous offre même un portrait, voire une satire, de la vie de bureau des années 60.

Dupuis a eu la merveilleuse idée de demander à Frédéric Jannin de restaurer les couleurs des histoires présentées dans cet album. Le tout a été supervisé par la fille de l’auteur, Isabelle Franquin. Les couleurs ne changent rien au dessin indémodable de Franquin. Toutefois, ces « nouvelles » couleurs donnent l’impression que l’album a été conçu et réalisé tout récemment. Je crois qu’elles permettront à Gaston Lagaffe de conquérir un nouveau lectorat, plus jeune, qui n’a pas forcément grandi avec l’éternel gaffeur. 

Verdict

Ce cinquième hors série à tout pour plaire à un large public. Les nostalgiques se remémoreront de bons souvenirs, alors que les jeunes lecteurs découvriront l’humour simple et efficace de l’un des plus grands noms de la bande dessinée. 

 

Gaston Lagaffe hors-série 05 : Le contrat Lagaffe

André Franquin

62 pages

Dupuis

 

Cote : 4 étoiles sur 5.

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Prologue

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