BORNES ÉLECTRIQUES

Comme dans les autres formes d’art, la bande dessinée met rarement en scène des personnes âgées. On en croise souvent, mais ils occupent presque toujours un rôle secondaire. Quand certains auteurs décident de prendre des personnes du 3e âge comme héros, ceux-ci nous apparaissent comme étant déprimés, séniles ou aigris de la vie. Avec leur série « Les vieux fourneaux », Wilfrid Lupano (scénario) et Paul Cauuet (dessin) nous offrent une vision totalement à l’opposé des stéréotypes! Je viens de me régaler en lisant « Celui qui part », le troisième tome publié chez Dargaud.

Nous retrouvons, pour notre plus grand plaisir, Pierrot, Mimile et Antoine, les trois amis d’enfance septuagénaires qui font les 400 coups, depuis le premier opus. C’est autour de Mimile d’occuper la première place. Les retrouvailles avec l’un de ses amis de longue date sera l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la jeunesse du plus « tranquille » du groupe. 

Sophie, de son côté, tente d’en connaitre davantage sur la « sorcière » chez qui elle achète ses oeufs. Elle va finalement savoir pourquoi tout le village l’évite.    

Vieillir fait peur à beaucoup. À l’instar des deux premiers tomes, les auteurs abordent la vieillesse, dans Celui qui part, avec légèreté, humour et jovialité. Ce n’est pas parce qu’on a plus de 70 ans que la vie s’arrête et qu’on doit attendre la mort assis sur notre divan.

Comme s’ils avaient 20 ans, les protagonistes font des mauvais coups, rigolent et se disputent. Bien sûr, ils sont nostalgiques à l’occasion, mais se rappeler de ce qu’ils faisaient quand ils avaient 20 ans ne les déprime pas. Bien au contraire! Ils voient leur passé avec un oeil presque moqueur.

En même temps, cette bande de joyeux lurons n’est pas du tout démodée ou dépassée par leur époque. Par exemple, Pierrot est un activiste qui n’a pas peur de manifester et d’affronter l’escouade antiémeute… en étant habillé en abeille! 

L’humour dans Celui qui part est délicieux. Wilfrid Lupano se sert à l’occasion du caractère « âgé » de ses personnages sauf qu’en même temps, ça ne se transforme pas en satire. Son humour est plus raffiné que ça. Il tombe rarement, voire jamais, dans la facilité des « jokes de vieux ».  

Les décors campagnards créés par Paul Cauuet sont époustouflants. On se rapproche du documentaire. Par contre, malgré un niveau de détail très élevé, ils savent s’effacer devant nos héros. Ces derniers ont une apparence très sérieuse et réaliste, mais avec un petit soupçon de caricature qui les rend immédiatement attachants.

Verdict 

Ce troisième tome de Les vieux fourneaux est une réussite à tous les niveaux! Qui a dit que les histoires mettent en scène des personnes âgées étaient nécessairement ennuyantes?

 

Les vieux fourneaux, tome 3 - Celui qui part 

Wilfrid Lupano et Paul Cauuet  

64 pages

Dargaud 

 

Cote : 4,5 étoiles sur 5

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Prologue

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